<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?><oembed><version><![CDATA[1.0]]></version><provider_name><![CDATA[jcdurbant]]></provider_name><provider_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com]]></provider_url><author_name><![CDATA[jcdurbant]]></author_name><author_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com/author/jcdurbant/]]></author_url><title><![CDATA[Laurent Murawiec: La fin de la &laquo;&nbsp;doctrine  Eisenhower&nbsp;&raquo; (From Eisenhower to Bush&nbsp;doctrine)]]></title><type><![CDATA[link]]></type><html><![CDATA[<h5 style="text-align:justify;"><a href="http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/files/unfreex_2.gif"><img class="alignleft" style="margin-top:0;margin-bottom:5px;border:0 none;" src="https://i0.wp.com/jcdurbant.blog.lemonde.fr/files/unfreex_2.thumbnail.gif" alt="Unfreex_2" width="452" height="336" border="0" /></a><em>C’est un salaud, mais c’est notre salaud.</em> <a href="https://goo.gl/2k1mHL">Roosevelt</a></h5>
<p style="text-align:justify;">En ce dixième et tragique anniversaire de l&rsquo;attentat saoudien des <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Khobar_Towers_bombing">tours de Khobar</a>* qui a coûté la vie à 19 GI&rsquo;s (et blessé des centaines de civils!), on mesure à quel point les choses ont changé dans l&rsquo;approche géostratégique américaine.</p>
<p style="text-align:justify;">A la vieille politique de tolérance face aux despotes et tyrans du monde arabe pour raisons de guerre froide et de protection de la &laquo;&nbsp;station-service&nbsp;&raquo; du monde (la fameuse &laquo;&nbsp;doctrine Eisenhower&nbsp;&raquo;) a enfin fait place, 11/9 oblige, la &laquo;&nbsp;doctrine Bush&nbsp;&raquo;, à savoir, comme le montrait bien le spécialiste des relations internationales franco-américain Laurent Murawiec dans sa fameuse tribune du Figaro d&rsquo;avril 2003, la fin des impunités et des immunités.</p>
<p style="text-align:justify;">* la presse française préfère apparemment parler de &laquo;&nbsp;<a href="http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=cb2cf106f6ccc3931800e1a37ef15181dcf864847a6a9c7c">base aérienne de Khobar</a>&nbsp;&raquo; (où d&rsquo;ailleurs était stationnée une escadrille internationale &#8211; incluant même alors encore&#8230;des pilotes français ! &#8211; et chargée, par l&rsquo;ONU, de surveiller l&rsquo;Irak), ce qui n&rsquo;est bien sûr pas faux mais, faisant l&rsquo;impasse sur la présence de centaines de blessés CIVILS (on découvre d&rsquo;ailleurs dans l&rsquo;article qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de &laquo;&nbsp;quartiers d&rsquo;habitation&nbsp;&raquo; qui jouxtaient effectivement une base aérienne), montre bien la volonté systématique des medias français (en l&rsquo;occurence du Monde) de minimiser la dimension tout aussi systématiquement indiscriminée de ce type d&rsquo;attentats. De même, le fait que ce 10e anniversaire soit (apparemment) passé totalement inaperçu en France est aussi assez significatif &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/"><!--more--><strong>La fin de la &laquo;&nbsp;doctrine Eisenhower&nbsp;&raquo;</strong></a><br />
Laurent Murawiec *<br />
Le Figaro<br />
Le 9 avril 2003</p>
<p style="text-align:justify;">Toute guerre d&rsquo;envergure, Clausewitz l&rsquo;a montré, est porteuse d&rsquo;une dynamique propre. Quand, le 20 septembre 2001, le président Bush annonça une guerre de longue haleine s&rsquo;attaquant, au-delà de simples groupes terroristes, aux États qui promeuvent la terreur, il laissa entrevoir une guerre sur la durée, ressemblant plus à la guerre froide, avec ses fronts et ses épisodes multiples, qu&rsquo;à la Seconde Guerre mondiale, paroxysme concentré de violence militaire aux fronts nettement définis.</p>
<p style="text-align:justify;">La fin de la guerre froide a entraîné une révision parfois précipitée, parfois hésitante, de toutes les doctrines qui avaient structuré l&rsquo;affrontement bipolaire. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;Inde et les États-Unis se sont rapprochés, que les connivences sino-américaines ont volé en éclats, que l&rsquo;Otan a perdu de son rôle de pivot. Seul le monde arabe avait jusqu&rsquo;à présent échappé à la redistribution des cartes, lui qui avait plus que tout autre tiré parti de la guerre froide, soit en jouant le jeu du non-alignement, soit en exploitant le besoin occidental de sécuriser l&rsquo;approvisionnement pétrolier.</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;approche américaine du Moyen-Orient depuis 1945 a été tout entière guidée par l&rsquo;impératif géostratégique &#8211; parfaitement légitime en tant que tel, insistons-y &#8211; du pétrole : s&rsquo;assurer de la &laquo;&nbsp;station-service&nbsp;&raquo;, empêcher que d&rsquo;autres puissances n&rsquo;en privent les États-Unis ou s&rsquo;y servent elles-mêmes. À cette fin, amadouer le nationalisme arabe, propriétaire foncier local, le soutenir même dans ses extravagances, devenait impératif. N&rsquo;est-ce pas la CIA qui finança le coup d&rsquo;État qui, en 1952, porta au pouvoir les &laquo;&nbsp;officiers libres&nbsp;&raquo; égyptiens et le colonel Nasser ?</p>
<p style="text-align:justify;">Despotes et dictateurs arabes devinrent les piliers de la stratégie américaine dans la région, avec en sus un despote persan et les Turcs occidentalisés, membres de l&rsquo;Otan. Ce n&rsquo;est pas avant 1967 que le soutien américain à Israël devint important. Témoignage de son importance, cette stratégie acquit même un nom en 1956 : la &laquo;&nbsp;doctrine Eisenhower&nbsp;&raquo;, quand le président et son secrétaire d&rsquo;État John Foster Dulles intervinrent brutalement pour intimer à la France et à la Grande-Bretagne l&rsquo;ordre de cesser leur attaque contre le démagogue Gamal Abdel Nasser, qui venait de nationaliser illégalement le canal de Suez, premier pas d&rsquo;une interminable liste d&rsquo;outrageantes actions menées contre les Occidentaux par les potentats prédateurs qui dominent la région.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette formidable erreur stratégique des Américains, commise au nom d&rsquo;un &laquo;&nbsp;anticolonialisme&nbsp;&raquo; intéressé, ne fut pas payée en retour par des bénéficiaires vraiment ingrats : sitôt sauvé du naufrage militaire par l&rsquo;intervention américaine, Nasser, politiquement ressuscité, se tourna vers l&rsquo;URSS, au nom du socialisme arabe. Quant aux &laquo;&nbsp;pro-américains&nbsp;&raquo;, ils exprimèrent tout leur amour pour Washington un peu plus tard. En 1973, le partenaire saoudien joua un rôle essentiel dans la grande razzia lancée contre l&rsquo;économie mondiale au moyen du quadruplement des prix du pétrole. Puis il appuya de toute la puissance de sa nouvelle richesse usurpée l&rsquo;essor de l&rsquo;armée du djihad.</p>
<p style="text-align:justify;">Le terrorisme international des trente dernières années, l&rsquo;évidence est criante, est principalement arabo-musulman, il émane du Moyen-Orient, d&rsquo;où sont venus les pirates de l&rsquo;air du 11 septembre. Mais le sacro-saint principe de l&rsquo;alliance à tout prix avec les despotes et les dictateurs conduisit à octroyer d&rsquo;étranges immunités. Le massacre des deux cent quarante et un marines dans leur caserne de Beyrouth, en 1983, avait été organisé par l&rsquo;Iran et la Syrie, et partiellement sous-traité au Hezbollah et à l&rsquo;OLP. Qu&rsquo;à cela ne tienne ! L&rsquo;impunité resta complète. Les États-Unis se ruèrent vers la porte de sortie, au prix de leur crédibilité dans la région.</p>
<p style="text-align:justify;">Les États-Unis avaient hérité de la pax britannica au Moyen-Orient, mais ne l&rsquo;avaient ni altérée ni remodelée : ils se contentèrent de gérer le statu quo. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est un salaud, mais c&rsquo;est notre salaud&nbsp;&raquo; : la formule prêtée à Dulles l&rsquo;exprimait parfaitement. Tant que la guerre froide battait son plein, cette politique possédait encore l&rsquo;ombre d&rsquo;une justification. Après la chute de l&rsquo;URSS, il n&rsquo;y en eut plus aucune.</p>
<p style="text-align:justify;">En apparence, le monde arabe était comme dans un état intemporel, exonéré de l&rsquo;histoire. Mais, comme l&rsquo;a montré l&rsquo;équipe d&rsquo;intellectuels arabes qui a élaboré et publié l&rsquo;été dernier, pour le compte du Programme des Nations unies pour le développement, l&rsquo;accablant rapport &laquo;&nbsp;L&rsquo;état du développement humain dans le monde arabe&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est une crise historique qui en est résultée.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui nous amène à l&rsquo;épisode irakien de la grande guerre dans laquelle nous nous trouvons aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;impunité et l&rsquo;immunité ont pris fin à la date du 11 septembre 2001. Les talibans s&rsquo;en aperçurent peu après. Et l&rsquo;assaut contre Bagdad inaugure un retournement complet de la stratégie américaine au Moyen-Orient. Afin de mener la guerre contre le terrorisme, le président Bush a répudié et abrogé la &laquo;&nbsp;doctrine Eisenhower&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est pourquoi la dictature syrienne, l&rsquo;égale de l&rsquo;irakienne, tremble si fort, et les ayatollahs honnis de leur propre population, et les perfides Saoudo-Wahhabites. C&rsquo;est pourquoi on recommence à parler d&rsquo;un Liban libre, au lieu de prétendre que tous les problèmes du Moyen-Orient viennent de la &laquo;&nbsp;question palestinienne&nbsp;&raquo;, antienne des dictateurs qui permettait de masquer la malgouvernance et la tyrannie. L&rsquo;effondrement du château de cartes saddamien montre à quel point les despotismes moyen-orientaux sont des tigres de papier.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans l&rsquo;affirmation de ce nouveau cours stratégique, il y aura des hauts et des bas, pour cette simple raison que nul ne change le statu quo sans perturber les vieilles habitudes. De mémoire d&rsquo;homme, tous les acteurs du drame moyen-oriental vivaient dans le cadre de la doctrine qui vient d&rsquo;être abandonnée : ils n&rsquo;ont pour la plupart pas encore saisi qu&rsquo;ils vivent dans un nouvel univers. Mais c&rsquo;est de cela, c&rsquo;est avant tout de cela qu&rsquo;il est désormais question.</p>
<p style="text-align:justify;">* Senior Fellow à l&rsquo;Institut Hudson, Washington. Auteur de La Guerre au XXIesiècle (Ed. Odile Jacob, 2000).</p>
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