<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?><oembed><version><![CDATA[1.0]]></version><provider_name><![CDATA[jcdurbant]]></provider_name><provider_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com]]></provider_url><author_name><![CDATA[jcdurbant]]></author_name><author_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com/author/jcdurbant/]]></author_url><title><![CDATA[Cinéma-vérité: Avec &laquo;&nbsp;Le 15h17 pour Paris&nbsp;&raquo;, Clint Eastwood reste à quai (Radical plainness tinged with Christian mystery which will resonate in the heartland: it&rsquo;s the artlessness, stupid&nbsp;!)]]></title><type><![CDATA[link]]></type><html><![CDATA[<h5 style="text-align:justify;"><em><a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2018/03/01/cinema-verite-avec-le-15h17-pour-paris-clint-eastwood-reste-a-quai-radical-plainness-tinged-with-mystery-which-will-resonate-in-the-heartland-its-the-artlessness-stupid/train/" rel="attachment wp-att-42208"><img loading="lazy" data-attachment-id="42208" data-permalink="https://jcdurbant.wordpress.com/2018/03/01/cinema-verite-avec-le-15h17-pour-paris-clint-eastwood-reste-a-quai-radical-plainness-tinged-with-mystery-which-will-resonate-in-the-heartland-its-the-artlessness-stupid/train/" data-orig-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg" data-orig-size="3354,1815" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Train" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=300" data-large-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=1024" class="wp-image-42208 alignleft" src="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=450&#038;h=243" alt="" width="450" height="243" srcset="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=450&amp;h=243 450w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=898&amp;h=486 898w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=150&amp;h=81 150w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=300&amp;h=162 300w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/03/train.jpg?w=768&amp;h=416 768w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5"></span></em><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5"></span></h5>
<p style="text-align:justify;"><img class="alignleft" src="https://i0.wp.com/www.slate.fr/sites/default/files/Capture d’écran 2018-02-08 à 10.20.12.png" width="450" height="187" /></p>
<p><span class="embed-youtube" style="text-align:center; display: block;"><iframe class="youtube-player" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/3QXsiSOoTP4?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation"></iframe></span></p>
<h5 class="verse chapter-2" style="text-align:justify;"><em><span id="fr-LSG-18713" class="text Isa-53-1">Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l&rsquo;Éternel? (&#8230;) mon serviteur (&#8230;)</span><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5"> <span id="fr-LSG-18724" class="text Isa-53-12">s&rsquo;est livré lui-même à la mort et (&#8230;) il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu&rsquo;il a porté les péchés de beaucoup d&rsquo;hommes et qu&rsquo;il a intercédé pour les coupables. </span></span></em><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5"><span id="fr-LSG-18724" class="text Isa-53-12"><a href="https://www.biblegateway.com/passage/?search=Isaiah+53&amp;version=LSG">Esaïe</a> (53: 1-12)</span></span><em><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5"><span id="fr-LSG-18724" class="text Isa-53-12"><br />
</span></span></em></h5>
<h5 class="verse chapter-2" style="text-align:justify;"><em><span id="fr-LSG-29397" class="text Phil-2-5">Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, </span><span id="fr-LSG-29398" class="text Phil-2-6">lequel, existant en forme de Dieu, n&rsquo;a point regardé comme une proie à arracher d&rsquo;être égal avec Dieu, </span><span id="fr-LSG-29399" class="text Phil-2-7">mais s&rsquo;est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, </span><span id="fr-LSG-29400" class="text Phil-2-8">il s&rsquo;est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu&rsquo;à la mort, même jusqu&rsquo;à la mort de la croix. </span></em><a href="https://www.biblegateway.com/passage/?search=Philippians+2&amp;version=LSG"><span id="fr-LSG-29400" class="text Phil-2-8">Paul</span></a><span id="fr-LSG-29400" class="text Phil-2-8"> (Lettre aux Philippiens 2: 5-8)</span><em><span id="fr-LSG-29400" class="text Phil-2-8"><br />
</span></em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix ; là où est la haine, que je mette l’amour ; là où est l’offense, que je mette le pardon ; là où est la discorde, que je mette l’union ; là où est l’erreur, que je mette la vérité ; là où est le doute, que je mette la foi ; là où est le désespoir, que je mette l’espérance ; là où sont les ténèbres, que je mette la lumière ; là où est la tristesse, que je mette la joie. O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.</em> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pri%C3%A8re_de_saint_Fran%C3%A7ois">Prière dite de Saint François</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>C&rsquo;est peut-être dans la Bible qu&rsquo;on trouverait des procédés littéraires nouveaux et l&rsquo;art de laisser les choses à leur place. </em><a href="https://books.google.fr/books?id=F9uj2gyIm5UC&amp;pg=PA117&amp;lpg=PA117&amp;dq=erich+auerbach+la+cicatrice+d%27ulysse&amp;source=bl&amp;ots=j8NHaiM_I8&amp;sig=Onv21sHcSpLhlu-VmQ8MmdGjMhg&amp;hl=en&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi0i4-61cHZAhVHLVAKHee4BvQ4ChDoAQhDMAM#v=onepage&amp;q=erich%20auerbach%20la%20cicatrice%20d'ulysse&amp;f=false">Marcel Schwob</a> (lettre à Jules Renard, 1891)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Il va de soi que ce mélange des styles ne dénote aucune intention esthétique. Au contraire, il caractérise dès l’origine les écrits judéo-chrétiens ; il fut encore souligné par l’incarnation de Dieu dans un homme du dernier rang, par son existence terrestre parmi les humbles, par sa Passion ignominieuse au jugement du monde, et, par suite de la vaste diffusion et du puissant effet de ces écrits à une époque postérieure, agit naturellement de façon décisive sur la représentation du tragique et du sublime. (&#8230;) tout se joue entre des gens communs issus du peuple; une telle action, pour les Anciens, aurait fait la matière d’une farce ou d’une comédie. Et pourquoi n’avons-nous rien de tel ici? Pourquoi ce texte éveille-t-il en nous une profonde et grave sympathie? Parce qu’il représente quelque chose que ni la poésie antique ni l’historiographie antique n’ont jamais représenté: la naissance d’un mouvement spirituel dans les profondeurs du peuple, au sein des circonstances quotidiennes de l’existence du temps. Un nouveau cœur et un nouvel esprit naissent sous nos yeux. Ce que nous disons ici ne s’applique pas seulement au reniement de Pierre, mais à tous les faits que nous rapportent les livres du Nouveau Testament; dans chacun d’entre eux il s’agit toujours de la même question, toujours du même conflit, auquel tout homme se trouve forcément confronté et qui par là est un conflit toujours inachevé et infini. Il met en mouvement le monde entier des hommes, tandis que les enchevêtrements de destin et de passion que connaît l’antiquité gréco-romaine ne concernent directement qu’un seul individu, celui qui s’y trouve impliqué; c’est seulement en vertu d’une relation très générale, parce que nous sommes aussi des hommes, c’est-à-dire soumis au destin et aux passions, que nous ressentons de la terreur et de la pitié. Pierre, en revanche, ainsi que les autres personnages du Nouveau Testament sont plongés dans un mouvement général qui surgit des profondeurs, qui ne concerne d’abord qu’eux-mêmes et qui ne passe que très progressivement (les Actes des Apôtres illustrent le commencement de ce processus) au premier plan de l’histoire, mais qui dès le début est un mouvement sans limite qui aspire à toucher directement chaque homme et absorbe en lui tous les conflits purement personnels. Ainsi apparaît un monde d’une part tout à fait réel, quotidien, reconnaissable sous le rapport du temps, du lieu et des circonstances, et d’autre part ébranlé dans ses fondations, qui se transforme et se renouvelle sous nos yeux. </em><a href="http://noelpecout.blog.lemonde.fr/2016/01/13/2-autour-dun-feu-de-planches-2/">Erich Auerbach</a> (1946)<em><br />
</em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Pour restituer à la crucifixion sa puissance de scandale, il suffit de la filmer telle quelle, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher. Mel Gibson a-t-il réalisé ce programme jusqu’au bout ? Pas complètement sans doute, mais il en a fait suffisamment pour épouvanter tous les conformismes.</em> <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2009/04/11/antichristianisme-cachez-cette-croix-que-je-ne-saurai-voir-i-like-their-symbol-because-it-doesnt-have-anybody-nailed-to-it/">René Girard</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Le cinéma ne peut-il pas être un des moyens de briser cette membrane qui nous isole les uns des autres, dans le métro ou dans la rue, dans l’escalier de l’immeuble ? La recherche du nouveau cinéma-vérité est du même coup celle d’un cinéma de la fraternité. Morin refuse donc un rapport lointain au spectateur et un regard vertical sur le sujet filmé. Qu’en est-il de la « vérité » dont il se réclame ? (&#8230;) Qu’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas seulement de donner à cette caméra cette légèreté du stylo qui permet au cinéaste de se mêler à la vie des hommes. […] Notre personnalité sociale est faite de rôles qui se sont incorporés à nous. Il est donc possible, à la manière du sociodrame, de permettre à chacun de jouer sa vie devant la caméra. Et comme dans un sociodrame, ce jeu a valeur de vérité psychanalytique.</em> <a href="https://books.google.fr/books?id=iJRZCgAAQBAJ&amp;pg=PT245&amp;lpg=PT245&amp;dq=Le+cin%C3%A9ma+ne+peut-il+pas+%C3%AAtre+un+des+moyens+de+briser+cette+membrane+qui+nous+isole+les+uns+des+autres,+dans+le+m%C3%A9tro+ou+dans+la+rue,+dans+l%E2%80%99escalier+de+l%E2%80%99immeuble+?+La+recherche+du+nouveau+cin%C3%A9ma-v%C3%A9rit%C3%A9+est+du+m%C3%AAme+coup+celle+d%E2%80%99un+cin%C3%A9ma+de+la+fraternit%C3%A9.+Morin+refuse+donc+un+rapport+lointain+au+spectateur+et+un+regard+vertical+sur+le+sujet+film%C3%A9.+Qu%E2%80%99en+est-il+de+la+%C2%AB+v%C3%A9rit%C3%A9+%C2%BB+dont+il+se+r%C3%A9clame+?+(...)+Qu%E2%80%99on+ne+s%E2%80%99y+trompe+pas.+Il+ne+s%E2%80%99agit+pas+seulement+de+donner+%C3%A0+cette+cam%C3%A9ra+cette+l%C3%A9g%C3%A8ret%C3%A9+du+stylo+qui+permet+au+cin%C3%A9aste+de+se+m%C3%AAler+%C3%A0+la+vie+des+hommes.+%5B%E2%80%A6%5D+Notre+personnalit%C3%A9+sociale+est+faite+de+r%C3%B4les+qui+se+sont+incorpor%C3%A9s+%C3%A0+nous.+Il+est+donc+possible,+%C3%A0+la+mani%C3%A8re+du+sociodrame,+de+permettre+%C3%A0+chacun+de+jouer+sa+vie+devant+la+cam%C3%A9ra.+Et+comme+dans+un+sociodrame,+ce+jeu+a+valeur+de+v%C3%A9rit%C3%A9+psychanalytique.+Edgar+Morin&amp;source=bl&amp;ots=F8g-Z_mzAD&amp;sig=2kOf2h5q1xqibyrJXA-Ku4Mf0bw&amp;hl=en&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiRgJDI7MzZAhWJZlAKHRtsCEMQ6AEIMjAB#v=onepage&amp;q&amp;f=false">Edgar Morin</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Dans un article pour France-Observateur en janvier 1960 intitulé « Pour un nouveau ‹ cinéma-vérité › », Morin emprunte à Dziga Vertov sa fameuse expression « Kino-Pravda », traduite par Sadoul par « cinéma-vérité » ou « ciné-vérité ». Ce terme ne désigne alors dans l’article de Morin que des films ethnographiques et sociologiques présentés au Festival de Florence. Cependant, compte tenu du ton prescriptif de l’article et de sa proximité avec le début du tournage de Chronique d’un été (mai 1960), ce texte a valeur de manifeste. Morin y présente les grands axes théoriques de ce nouveau type de films (&#8230;) </em><em>Morin refuse donc un rapport lointain au spectateur et un regard vertical sur le sujet filmé. Qu’en est-il de la « vérité » dont il se réclame ? (&#8230;) Si les innovations techniques sont fascinantes, la nouveauté de ce cinéma repose donc avant tout sur un dispositif plus large, incluant l’implication du cinéaste et des protagonistes filmés qui, loin d’être passifs ou oublieux de la caméra, s’en servent pour laisser émerger leur « vérité profonde, […] la sève même de leur vie&nbsp;&raquo;.</em> <a href="http://journals.openedition.org/decadrages/215">Séverine Graff</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Why does all this matter? Because we are losing history. It is not the fault of Hollywood, as they used to call it, but Hollywood is a contributor to it. When people care enough about history to study and read it, it’s a small sin to lie and mislead in dramas. But when people get their history through entertainment, when they absorb the story of their times only through screens, then the tendency to fabricate is more damaging. Those who make movies and television dramas should start caring about this. It is wrong in an age of lies to add to their sum total. It’s not right. It will do harm. (&#8230;) President Nixon is portrayed as the villain of the story. And that is the opposite of the truth. Nixon did not start the Vietnam War, he ended it. His administration was not even mentioned in the Pentagon Papers, which were finished before he took office. When that dark, sad man tried to halt publication of the document, he was protecting not his own reputation but in effect those of others. Those others were his political adversaries—Lyndon Johnson and Ben Bradlee’s friend JFK—who the papers revealed had misled the public. If Nixon had been merely self-interested, he would have faked umbrage and done nothing to stop their publication. Even cleverer, he could have decried the leaking of government secrets while declaring and bowing to the public’s right to know. Instead, he did what he thought was the right thing—went to court to prevent the publication of secrets that might harm America’s diplomatic standing while it attempted to extricate itself from a war….His attempt to stop publication was wrong—the public did have a right to know. But he did what he thought was the responsible thing, and of course pays for it to this day. Were the makers of “The Post” ignorant of all this? You might think so if it weren’t for the little coda they tag on to the end. Suddenly a movie about the Pentagon Papers is depicting the Watergate break-in, which would take place a year later. As if to say: OK, Nixon isn’t really the villain of our story, but he became a villain soon enough. It struck me not as a failed attempt at resolving a drama but an admission of a perpetrated injustice. </em><a href="https://www.wsj.com/articles/the-lies-of-the-crown-and-the-post-1514505833">Peggy Noonan</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Mumblecore est une mouvance du cinéma indépendant américain née au tournant du XXIe siècle1,2. Ces films sont caractérisés principalement par une production « fauchée » (souvent tournés en numérique), des sujets tournant autour des relations entre personnes de vingt à trente ans, des dialogues en partie improvisés et des acteurs non professionnels. Lynn Shelton, Andrew Bujalski, Mark Duplass, Jay Duplass, Aaron Katz, Joe Swanberg ou Barry Jenkins en sont les principales figures. Le mot mumblecore a été forgé en 2005 lors du festival du film de South by Southwest par Eric Masunaga, un ingénieur du son travaillant avec Bujalski (Mumble signifie marmonner en anglais). Ce fut Bujalski qui employa le premier le terme lors d&rsquo;une interview avec indieWIRE2. Les metteurs en scène de ce genre de films sont aussi parfois regroupés sous le terme « mumblecorps, » à l&rsquo;instar de press corps concernant les journalistes. Les critiques ont aussi employé les termes « bedhead cinema » (cinéma de tête de lit) et « Slackavetes », un mot-valise venant de Slacker, film des années 90, bavard et au son sale, et du nom du metteur en scène John Cassavetes.</em> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mumblecore">Wikipedia</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;">“My sound mixer named the movement ‘mumblecore,&rsquo;” Bujalski said, “which is pretty catchy.” (&#8230;) The interweaving of filmmakers committed to ambling narratives about young Americans who babble about their interpersonal problems more than they do anything constructive with their lives stood out more than ever.  That summer, roughly two years after Bujalski first casually dropped the term, mumblecore was everywhere. New York’s IFC Center showcased films by Bujalski, Swanberg and fellow chronicler of young adult anxieties Aaron Katz with a series entitled “The New Talkies,” which prompted The New York Times to run a feature headlined, “A Generation Finds Its Mumble.” But did it? While far from a premeditated movement, the perceptions associated with mumblecore stemmed from a real place: Several filmmakers less intrigued by the prospects of big budget studio filmmaking than naturalistic portraits of worlds they knew far better focused on similar topics; many of them worked within the confines of a tight-knit community, sharing resources and inspiration. The chatty, neurotic loners found in Bujalski’s first two movies wouldn’t seem out of place in Swanberg’s emerging universe of romantically confused twentysomethings, which could easily encompass the stars of the Duplass brothers’ “The Puffy Chair” or Katz’s “Quiet City.” Intentionally or not, mumblecore was an apt umbrella term that nailed these filmmakers’ predilection for lo-fi portraits of perpetual mumblers; the mumbling didn’t just take the place of the plot — it was the plot.  Yet the organic roots of this tendency, aided by the advance of loose production methods associated with cheaper, digitally-enhanced filmmaking methods, meant that it resisted storytelling conventions in favor of unvarnished realism. The very possibility that any of these movies reflected a generic formula was paradoxical. How could anyone turn ordinary people living ordinary lives into cookie-cutter fodder for a newfangled genre? Fortunately, pushback to the notion of mumblecore held back its potential to overwhelm any of its filmmakers’ careers, and they’ve continued to diversify. Indiewire</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Back in 2002, Andrew Bujalski became known for pioneering the “mumblecore” movement with his debut film “Funny Ha Ha.” The term usually refers to indie films made on small budgets, featuring natural dialogue and starring amateur actors. (&#8230;) I feel like the military metaphor is always apt for filmmaking: what I’m used to, in a sense, is this guerrilla style, where it’s all hands on deck. Everybody is running and contributing and putting their hands on everything, and doing whatever it takes to survive in the jungle. Whereas, once you do have dozens of people on set, the structure becomes more hierarchical, and more about chain of command. It took some adjusting to; my job becomes like a general sitting behind a desk somewhere, while everyone else does all the work. The professional actors are very used to that; they live and breath in that zone. I’d say the biggest difference working with pros v. non-pros is all of their training, like they’re so used to getting dropped into unusual situations and adverse conditions and having to deliver something really strong without getting to take a breath. What’s nice about that is, they show up super-prepared and basically bulletproof. The drawback, of course, is that I was often looking to breath some vulnerability back in. With non-professionals, you’ve got plenty of vulnerability, and it’s all about working with them to get to a certain confidence and structure. And with professionals, that structure is all there, and if anything, we’re chipping away at that. (..) I never thought it [“mumblecore”] was a good descriptor. The word is 10 years-old now, I guess. So it’s been around long enough that it’s taken on its own life, and I don’t bristle so much at it as I used to. It felt so specifically affixed… it was just this thing I couldn’t get off of me, that was going to be on my gravestone. You spend years and years on something, you put your life into a movie, your blood, sweat, and tears, and then people say, “Hey, there’s this new mumblecore trend.” And that’s what people want to talk about. There’s a frustration there, mostly that springs from a fear that people are not going to see the movie. The word has enough cache now… and I don’t know that people care so much as they used to. I think the faddishness has come and gone, which is great. (&#8230;) I got a mortgage and I got two kids, so it would be cool if I could make movies and get paid for it. That seems to involve professional actors these days. My dreams and enthusiasm are kind of all over the place. I have dreams for things that might make sense as great big expensive movies, and I still have plenty of dreams for things that I should be doing in my backyard. It’s always a matter of what you think you can get away with at any moment. I think filmmakers, by their nature, are always sort of scam artists, looking for the angle, looking for where you can sneak in. Very rarely in the 21st century, almost never, is the path clear and easy. It’s always some trick you have to pull off.</em>  Indiewire<em><br />
</em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Recent rumblings — perhaps one should say mumblings — indicate an emerging movement in American independent film. Specimens of the genre share a low-key naturalism, low-fi production values and a stream of low-volume chatter often perceived as ineloquence. Hence the name: mumblecore. </em><em>More a loose collective or even a state of mind than an actual aesthetic movement, mumblecore concerns itself with the mundane vacillations of postcollegiate existence. It can seem like these movies, which star nonprofessional actors and feature quasi-improvised dialogue, seldom deal with matters more pressing than whether to return a phone call. (&#8230;) </em><em>But what these films understand all too well is that the tentative drift of the in-between years masks quietly seismic shifts that are apparent only in hindsight. Mumblecore narratives hinge less on plot points than on the tipping points in interpersonal relationships. A favorite setting is the party that goes subtly but disastrously astray. Events are often set in motion by an impulsive, ill-judged act of intimacy. </em><em>Artists who mine life’s minutiae are by no means new, but mumblecore bespeaks a true 21st-century sensibility, reflective of MySpace-like social networks and the voyeurism and intimacy of YouTube. It also signals a paradigm shift in how movies are made and how they find an audience. (&#8230;) </em><em>Boosted in the last two years by enthusiastic word of mouth at film festivals and on blogs, movies like Mr. Katz’s have gained a following in the hipster enclaves where they are often set. (&#8230;) </em><em>But for the most part mumblecore has stayed small precisely because it can. The need for traditional distribution deals is diminished when production costs are often as low as a few thousand dollars. (&#8230;) </em><em>Mumblecore’s origin myth locates the watershed at the 2005 South by Southwest Film Festival in Austin, Tex., which screened a cluster of small, superficially similar films  (&#8230;) At a bar one night Mr. Bujalski’s sound mixer, Eric Masunaga, coined the word “mumblecore.” (&#8230;) </em><em>It’s only fitting that the etymology should be a point of contention, since the films in question often deal with the fraught process of identity formation. Journalists and bloggers have floated other tags, including the self-explanatory “bedhead cinema” and “Slackavettes,” in homage to the patron saint of American indie auteurs, John Cassavetes. The IFC Center series, despite using “mumblecore” in its publicity materials, is officially called “The New Talkies: Generation D.I.Y.&nbsp;&raquo; (&#8230;) </em><em>Despite the anti-Sundance image, mumblecore has ancestors in American indie cinema. Given that the films are often anthropological studies of 20-something mating rituals, attuned to the halting rhythms and circular digressions of actual speech, Richard Linklater is perhaps the most obvious forefather. (“Quiet City” is a scruffy cover version of Mr. Linklater’s meet-cute romance “Before Sunrise,” substituting the F train for the Eurostar.) Some critics have suggested loftier reference points like the French masters of talk Eric Rohmer and Jean Eustache. </em><em>For potential haters, mumblecore offers plenty of ammunition. The films are modest in scope, but their concentration on daily banalities can register as narcissism. Despite the movement’s communitarian ethos, from the outside it can seem incestuous and insular. Hardly models of diversity, the films are set in mostly white, straight, middle-class worlds, and while female characters are often well drawn, the directors are overwhelmingly male. </em><em>To their credit, most of these films offset their navel-gazing tendencies with a dose of skepticism. The filmmakers view their characters with empathy but don’t let them off the hook; Mr. Swanberg and Mr. Bujalski often assign themselves the least flattering roles available. “A lot of that is actual self-critique,” said Mr. Swanberg, whose “LOL” is a withering portrayal of masculine self-absorption in an age of high-tech addictions. </em><em>Mumblecore’s inherent emphasis on the transitional periods of life should in theory save it from an ignominious middle age. </em><a href="http://www.nytimes.com/2007/08/19/movies/19lim.html">Dennis Lim</a> (NYT)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Mon Dieu est plus grand que vos statistiques !</em> <a href="https://books.google.fr/books?id=Ot5VDgAAQBAJ&amp;pg=PT29&amp;lpg=PT29&amp;dq=My+God+is+bigger+than+your+statistics+!&amp;source=bl&amp;ots=c98NcKypkq&amp;sig=3sxZFZPnTxhormuy9xIKYOPCzbg&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiLl8fZusvZAhVCPVAKHfsZCsoQ6AEIZzAM#v=onepage&amp;q=My%20God%20is%20bigger%20than%20your%20statistics%20!&amp;f=false">Mère de Spencer Stone</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>D’une naïveté et d’une bonne conscience qu’on trouvera au choix admirables, ridicules ou abjectes, le film de Clint Eastwood recèle aussi d’étranges phénomènes. (&#8230;) Une grande partie du film est dédiée à l’enfance des trois garçons, élèves indisciplinés d’un collège religieux de l’Amérique profonde. On suit ensuite les tentatives finalement couronnées de succès du bouillant mais pieux Spencer pour intégrer l’armée de l’air. Promu personnage central, il sera le principal auteur de la mise hors de nuire du terroriste. Alek aussi intègre l’armée et est envoyé en Afghanistan, tandis que le troisième, Anthony, reste au pays sans qu’on en sache plus. Les trois se retrouvent en Europe, où ils font du tourisme et des selfies pour Instagram, draguent des filles, et fréquentent des boîtes de nuit survoltées, avant de monter dans le train Amsterdam-Paris. C’est d’un inintérêt qui frôle l’abstraction, ou le septième degré. Après, à bord du Thalys, c’est plié en trois coups les gros bras. Et puis c’est déplié, starring François Hollande. Le film se termine en effet par les images authentiques de la remise de la Légion d’honneur aux trois types, cérémonie qui eut effectivement lieu à l’Élysée le 24 août. C’est la meilleure scène du film. Pas parce qu’elle authentifie rétrospectivement l’action (dont il faut se réjouir sans réserve qu’elle ait eu lieu, évidemment, là n’est pas la question, la question est celle du film), mais parce qu’elle révèle un étrange phénomène. François Hollande a l’air si faux que c’en est effrayant. Il est un assez mauvais acteur (on le savait), mais il est surtout un acteur absolument décalé par rapport aux trois garçons –et au reste du film. Pourquoi décalé? Parce que loin d’avoir gagné quelque «effet de réel» que ce soit avec son choix audacieux de casting, le film a utilisé les trois jeunes gens exactement comme des personnages de film d’action, il les a hollywoodisés jusqu’à la moelle. Tout, absolument tout dans le film (la diction, la gestuelle, les éclairages, l’utilisation des décors, des personnages secondaires, des accessoires) est reformaté par ce qui caractérise l’esthétique hollywoodienne comme négation de la réalité. Et la présence de François Hollande agit là comme un révélateur. L’ex-président français aurait été assez médiocre interprète de, disons, Plus belle la vie –cela a sans doute largement contribué à l’infinie désaffection que lui auront voué ses concitoyens. Mais dans un film d’action américain, il est carrément à des années-lumière, pas sur la même planète, même pas dans la même galaxie. (&#8230;) Et il y a toute raison de supposer que les trois interprètes ont, eux, adoré avoir à jouer comme s’ils étaient Matt Damon ou Will Smith. C’est-à-dire endosser la persona de ces clichés d’une Amérique fière d’elle-même, de ses valeurs, de sa certitude d’être du côté du Bien, y compris vautrés devant un match de baseball avec une Budweiser, ou en offrant aux enfants des armes à feu, fausses ou vraies. C’est le véritable enjeu de ce qui apparaît comme un film de propagande où «l’événement Thalys» fait bizarrement figure d’incident presque surnuméraire, fortuit, mais venu rappeler à la planète esbaubie combien le mode de vie états-unien est admirable, puisque susceptible de fabriquer des héros au détour du couloir de n’importe quel transport en commun, même après une fiesta d’enfer dans un bar de pole dance. Et de manière vraiment bizarre, l’artifice nunuche du message est rendu plus criant encore par l’utilisation manipulatrice des «vrais» personnages, transformés en leur propre marionnette du showbiz. Le –triste– sens qu’on trouve à tout cela, le seul, est que ces gens-là (Clint Eastwood, les acteurs, le public auquel ils s’adressent) croient vraiment que le monde ressemble à cela – des cartes postales, un moralisme misérable lesté d’idéologie de l’action, and «God on our Side», of course. Face à la surenchère paradoxale de l’utilisation des faits réels et des vrais acteurs au service de ce tissu de simulacres stéréotypés, on s’abstiendra de ressasser que désormais le vrai est un moment du faux. En mémoire des nombreux grands films réalisés par Eastwood, on se contentera d’un sourire navré.</em> <a href="http://www.slate.fr/story/157402/cinema-15h17-pour-paris-eastwood-critique">Slate</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Le Monde ne saisit pas pourquoi Clint Eastwood ne cherche pas à comprendre les motivations du tueur, ce qui fait qu’un musulman devient un terroriste islamiste, mais plutôt pourquoi de jeunes américains assez banals deviennent des héros, face justement à la violence du marocain en question. Cette incapacité à comprendre le fait que les héros soient ces héros-là, symbolise peut-être tout ce qui sépare la France de Paris et la France périphérique. La particularité fort intéressante du film, que des personnages soient joués par les personnes elles-mêmes, est réduite à la maladresse d’acteurs « non professionnels » dans tous les journaux, à croire qu’une fiche a circulé. Un film « impossible à sauver », Télérama, qui « assomme », Le Parisien, « Voyage au bout de l’ennui », pour La Croix qui, ainsi, ne masque pas son interprétation politique du film… Au fond, ce qui ne plaît pas dans les salles de rédaction parisiennes ? Les héros sont de jeunes américains, deux blancs et un métis, banals, croyants, évangélistes en appelant à Dieu, priant, venant de l’Amérique moyenne ou pauvre, militaires, patriotes… Tout ce que les médias libéraux libertaires français détestent. Des individus qui devraient plutôt être des suprématistes blancs adeptes du KKK, du moins pour deux d’entre eux, dans le logiciel de la presse dominante française. Le magazine RollingStone va plus loin encore que Le Monde dans la caricature du média libéral libertaire en écrivant que le « plus frustrant » est la présentation du terroriste comme « l’étranger tellement plus facile à rejeter ». On suppose que l’auteur de l’article ne se trouvait pas dans ce train. Devant ce film, les réactions des médias, en ne disant rien du film en tant qu’œuvre cinématographique, disent de fait beaucoup de l’état de l’esprit des milieux auxquels ils appartiennent. </em><a href="https://www.ojim.fr/monde-croix-rolling-stone-naiment-clint-eastwood/?utm_source=newsletter&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&amp;utm_term=2018-03-01">OJIM</a><em><br />
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<h5 style="text-align:justify;"><em>Eastwood’s use of the actual citizen-heroes highlights the complexities of our national distrust and self-doubt. This development is part of the story he wants to tell, and thoughtful viewers have to deal with it. Since WWII hero Audie Murphy’s Hollywood sojourn from decorated amateur to marquee professional, the film industry’s official presentation of citizen-heroes has only become more conflicted (it took nearly a decade before Murphy eventually acted his own story in 1955’s To Hell and Back). This ambivalence intensified during the Vietnam years, when Hollywood was reluctant to lionize military veterans; instead it constantly disparaged the idea of service. The abolition of the draft gave way to civilian snark and snideness, which is different from draft-resister “principle.” New generations of performers — particularly comic actors — created a vogue that corroded the idea of military heroism and instead celebrated sarcasm and rebellion. By using comic actors as background, Eastwood intentionally flips the snideness so that we’re forced to look at American characters differently. Flashbacks set in the three heroes’ Sacramento, Calif., hometown must take place on the other side of the tracks from the scenes in Lady Bird: Two of the boys have single mothers, and they all attend a Christian school. Cagey Eastwood and screenwriter Dorothy Blyskal present school authorities as self-centered egotists, which implicitly satirizes the liberal pop psychology commonly associated with big-city, union-activist teachers. It’s odd, yet the comic actors (Judy Greer, Jenna Fischer, Thomas Lennon, Tony Hale, and Jaleel White) are enough to establish the film’s cunning. Eastwood’s essential project takes up the other, forgotten America, not the diversity vagrants who are everywhere in the media. Those multitudinous stereotypes of proto-Communist proles, all desperately in need of government assistance, seem spawned by the sentiments in socialist Michael Harrington’s 1962 book The Other America, which eventuated in last year’s insolent, bleeding-heart movie The Florida Project. Eastwood explores the beefy boys and articulate, domestic moms that mainstream media usually avoids — except for rare TV shows such as This Is Us or Roseanne. The 15:17 to Paris is iconoclastic; it wins back the humanity of conservative Americans — people who are usually caricatured by our hippest comics and media-makers. This means that The 15:17 to Paris’s essence is iconoclastic; it wins back the humanity of conservative Americans — people who are usually caricatured by our hippest comics and media-makers. When a teacher suggests medicating Spencer for his learning difficulties, his mom’s response — “My God is bigger than your statistics, so I don’t care about anything you have to say anymore!” — caused prominent liberals in the screening room to grumble their disagreement. (They were also unmoved during Spencer’s “Lord, make me an instrument of your peace” prayer.) Eastwood takes a tricky position — between acknowledgement of faith and a choice to not proselytize — but he needs a meticulous hybrid of documentary and drama, not the shameful mawkishness of United 93, to make this advance. It also needs to be a humanistic defense. Stone, Skarlatos, and Sadler are not movie-star types, yet they’re un-self-conscious before the camera. They smile winningly, and their untrained voices have a pleasingly familiar informal cadence and light sonority (not the Noo Yawkese most filmmakers associate with the working class). The film’s narrative structure (always shifting back to the train incident) avoids suspense and artfully draws us into the guys’ daily life and their fate. It’s a matter of normalizing the moral and social values that the liberal Hollywood filmmakers have rabidly abandoned. We see teenage Stone and Skarlatos wear camo T-shirts (which slim, stylish Sadler mocks), and they all like to play war. In a scene sure to unnerve Second Amendment haters, Stone brings out an arsenal of toy guns, casually adding a hunting rifle to the stash. It’s how the Other America gets acculturated — the opposite of radicalization — when pop trash is not dominant. The boys’ military fascination prepares them for their roles in the world. To match these uncomplicated characterizations, Eastwood profiles the train attacker Ayoub El Khazzani (Ray Corasani) without religious or ideological specifics but through synecdoche: black sneakers, white paratrooper-style running pants, curly dark hair, tan yet pale and hirsute arms. Big Spencer, quiet Alek, and wily Anthony are our guys, but the film is as simple as that. Eastwood treats their feats matter-of-factly and without rousing or piety. At the end, it all blends into seeing these men, ironically, with the depth perception that military medics tell Stone he lacks; it’s an almost native double vision: The characters they portrayed suddenly appear in documentary news footage, standing humbly, at the actual Légion d’Honneur ceremony with French president François Hollande. Most recent bio-pics switch to reality epigraphs as a cliché but while Eastwood’s climax gives the men their due, it also causes a profound reassessment of how we regard contemporary history and those who make it. </em><a href="https://www.nationalreview.com/2018/02/1517-paris-clint-eastwoods-everyday-heroes-other-america/">The National Review</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Eastwood– as he did in “American Sniper” and “Sully”– lays out their stories and backgrounds objectively. I’m already seeing in some reviews some idea that Eastwood is pushing a religious agenda or whatever. Nonsense. He’s accurately depicting these people. The mothers of the guys are religious– this is what they believe, it’s their right. No one is mocking them or judging them. This is who they are. (&#8230;) If there’s a problem with “15:17” it’s that it’s almost filmed like cinema verite, certainly as the story unfolds. There’s a lot of exposition and it seems slow. Again, a little patience wouldn’t hurt anyone. Because when the kids’ backstories switch to the main guys, Eastwood finds a groove. Forgive him if the entry seems clunky. (&#8230;) Eastwood once told me he likes “get up and go” type actors, ones who can snap to and do what he needs. In “15:17” he has amateurs and pros all doing that. He really pulled it off. I don’t know if “15:17” will one day be considered great art– I consider “Unforgiven” and “Gran Torino” great art– or an interesting experiment. But it’s well worth paying attention to. Eastwood obviously saw a lot in these guys– two of them as children are thought to have ADD, they’re screw ups, etc. And in the end, maybe with prayer, with military training and maturity, they reacted in a moment and made America proud, and themselves proud. And as for Clint– he’s eighty seven years old. This list of films in his ninth decade is utterly remarkable. This is the sixth movie he’s directed in eight years. Hello? Not all perfect– “Invictus” didn’t thrill me. But overall, there’s an extreme brilliance to his lean, mean execution of stories he knows will resonate in the heartland. Very, very cool. </em><a href="http://www.showbiz411.com/2018/02/07/clint-eastwoods-1517-to-paris-is-an-eclectic-mix-of-patriotic-christian-and-cutting-edge">Roger Friedman</a><em><br />
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<h5 style="text-align:justify;"><em>The practice of casting nonprofessionals in stories that closely mirror their own experiences has a long history — it’s a staple of Italian neorealism, the films of Robert Bresson and the Iranian cinema of the 1990s — but it remains a rarity in Hollywood. Usually the most we can expect is a poignant end-credits glimpse of the real people our favorite movie stars have pretended to be for the previous two hours. After all, part of the appeal of movies “inspired by true events” is the chance to admire the artistry of actors (like Tom Hanks’s, say, in Mr. Eastwood’s “Sully”) as they communicate the grit and gumption of ordinary Americans in tough circumstances. But the thing to admire about “The 15:17 to Paris” is precisely its artlessness. Mr. Eastwood, who has long favored a lean, functional directing style, practices an economy here that makes some of his earlier movies look positively baroque. He almost seems to be testing the limits of minimalism, seeing how much artifice he can strip away and still achieve some kind of dramatic impact. There is not a lot of suspense, and not much psychological exploration, either. A certain blunt power is guaranteed by the facts of the story, and Mr. Eastwood doesn’t obviously try for anything more than that. But his workmanlike absorption in the task at hand is precisely what makes this movie fascinating as well as moving. Its radical plainness is tinged with mystery. (&#8230;) To call what happens before the confrontation with the gunman a plot, in the conventional sense, does not seem quite accurate. Nor do Spencer, Anthony and Alek seem quite like movie characters. But they aren’t documentary subjects, either. Mr. Eastwood, famous for avoiding extensive rehearsals and retakes, doesn’t demand too much acting. Throughout the film, the principal performers behave with the mix of affability and reserve they might display when meeting a group of people for the first time. They are polite, direct and unfailingly good-natured, even when a given scene might call for more emotional intensity. In a normal movie, they would be extras. And on a normal day, they would have been — part of the mass of tourists, commuters and other travelers taking a quick ride from one European capital to another. At times, Spencer, the most restless of the three and the one whose life choices receive the most attention, talks about the feeling of being “catapulted” toward some obscure destiny. But “The 15:17 to Paris” isn’t a meditation on fate any more than it is an exploration of the politics of global terrorism. Rather, it is concerned with locating the precise boundary between the banal and the extraordinary, between routine and violence, between complacency and courage. The personalities of the main characters remain opaque, their inner lives the subject of speculation. You can wonder about the sorrow in Alek’s eyes, about the hint of a temper underneath Spencer’s jovial energy, about Anthony’s skeptical detachment. But at the end of the movie, you don’t really know them all that well. (You barely know Chris, a British passenger who helped subdue Mr. Khazzani, at all. He is seen but not named.) Producing the illusion of intimacy is not among Mr. Eastwood’s priorities. He has always been a natural existentialist, devoted to the idea that meaning and character emerge through action. At the end of “The 15:17 to Paris,” a speech by former President François Hollande of France provides a touch of eloquence and a welcome flood of feeling. But the mood of the film is better captured by Mr. Skarlatos’s account of it, published in news reports after the attack: “We chose to fight and got lucky and didn’t die.” </em><a href="https://www.nytimes.com/2018/02/07/movies/the-1517-to-paris-review-clint-eastwood.html">A.O. Scott</a> (NYT)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Le subterfuge du cauchemar, qui pollue nombre de thrillers médiocres, semble indigne de Clint Eastwood, cinéaste réputé pour son son laconisme et ses litotes. En fait, il marque un niveau supérieur d’accomplissement artistique. D’un exploit aéronautique, d’un fait divers tant répercuté par les médias qu’on a l’impression qu’il est vidé de tout sens, le réalisateur tire un récit post-traumatique aux vertus réparatrices doublé d’une fable politique amère, hantée, qui s’élève à la dimension parabolique. (&#8230;) le commandant Chesley «Sully» Sullenberger (&#8230;) sauve la vie des 155 passagers. L’opinion publique salue cet exploit unique dans l’histoire de l’aviation, fin de l’épisode. Outrepassant la canonisation médiatique, Clint Eastwood revient sur le drame pour interroger la figure héroïque du commandant de bord. «Je n’ai pas l’impression d’être un héros», dit Sully. Il a simplement fait son devoir – de pilote, de citoyen. Il reste un homme, doutant de sa propre réalité dans le miroir embué de la salle de bains. Il entretient avec sa femme une relation adulte. Elle ne minaude pas des «I love you» au téléphone, elle s’inquiète de l’hypothèque sur la maison… Une enquête administrative est ouverte: Sully n’aurait-il pas pu rallier un aéroport plutôt que de tenter cet exploit insensé? Quarante années d’aviation vont être jugées sur 208 secondes… Si sa responsabilité est établie, le pilote risque d’être mis à pied et de perdre sa pension. Ce procès est à haute valeur métaphorique. Sully jugé par les instances de l’aviation civile, c’est l’héroïsme jugé par la bureaucratie, le courage par le règlement, l’empirisme par le dogmatisme. Dans la salle d’audience se rejouent des conflits immémoriaux, celui de la classe ouvrière contre le patronat, du cow-boy contre le propriétaire terrien cadastrant la prairie, de l’homme contre la machine, du peuple contre les élites… Sully adopte une remarquable structure en flash-back. Le cauchemar initial est réitéré, l’amerrissage, extraordinairement impressionnant, montré deux fois, dont la seconde pendant les audiences, comme une illustration du contenu de la boîte noire. A cette manœuvre risquée, les ordinateurs opposent des trajets alternatifs plus orthodoxes vers les aéroports de la région. Dans leurs simulateurs de vol, des pilotes chevronnés démontrent qu’il aurait été possible de se poser à LaGuardia ou à Teterboro. L’affaire semble pliée, la faute démontrée, lorsque Sully tranche soudain: «Et si nous parlions sérieusement, maintenant?» Les logiciels de pilotage ont intégré tous les paramètres (altitude, vitesse du vent, poussée des réacteurs…) sauf un: le facteur humain. Les vols simulés virent vers les aéroports régionaux juste après la collision alors que Sully a eu besoin de 35 secondes pour comprendre ce qui se passait, évaluer les dégâts, en référer aux contrôleurs aériens et prendre sa folle décision… (&#8230;) Tom Hanks, grave, taiseux (&#8230;) incarne une nouvelle fois l’Américain moyen voué à l’héroïsme modeste. Républicain pur jus, Clint Eastwood fait montre d’une grande intelligence en choisissant Tom Hanks, démocrate inébranlable. L’année passée, dans American Sniper, énorme succès public, le cinéaste retraçait le destin de Chris Kyle, le plus talentueux des tireurs d’élite de l’armée américaine, en prenant garde de ne pas prendre position. Le surdoué de la gâchette était-il un défenseur de la démocratie ou un tueur stipendié par l’Etat? Ce film indéchiffrable a enthousiasmé l’Amérique conservatrice. Nouveau succès au box-office, Sully est apte à réconcilier les deux camps. Contrairement à Vol 93, de Paul Greengrass (&#8230;) Clint Eastwood s’abstient de trop personnaliser les passagers. Il les considère sous l’angle collectif. Tous unis avec les hôtesses de l’air, ils endossent leur responsabilité tandis que Sully tente l’impossible. «Tout le monde a fait son job», dira-t-il. Revu par Clint Eastwood, le vol 1549 se pose en métaphore d’une Amérique idéale dans laquelle chacun assume sa part de responsabilité derrière un pilote aux compétences supérieures. Curieusement, le pilote Trump auquel le cinéaste a apporté son soutien n’a pas la maîtrise de Sully.</em> <a href="https://www.letemps.ch/culture/sully-un-portrait-vrai-heros-americain-clint-eastwood">Le Temps</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Avec Le 15h17 pour Paris, Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec American Sniper (2014) puis poursuivie avec Sully (2016). Après avoir raconté l’histoire du plus redoutable tireur d’élite de l’histoire militaire américaine, puis celle du pilote ayant réussi à poser un avion en détresse sur le fleuve Hudson, il s’attaque cette fois à l’acte de bravoure de trois amis ayant réussi à empêcher, en été 2015, un attentat meurtrier. S’ils n’étaient pas parvenus à maîtriser un terroriste monté à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris, c’est probablement à un carnage qu’on aurait assisté. Le réalisateur explique avoir eu envie d’adapter le livre publié par les trois protagonistes sans penser à de possibles connexions avec ses deux précédents longs-métrages. Il estimait simplement qu’il s’agissait là d’une bonne histoire. Certes, mais elle est tellement ténue – l’action héroïque qui en constitue le cœur étant brève – qu’elle ne suffisait pas à remplir un film entier. C’était déjà le cas dans Sully, mais Eastwood parvenait alors à admirablement contourner cet obstacle grâce à la force de son personnage, subtilement incarné par Tom Hanks, devenu héros avant de devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision. Rien de cela ici: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos ont sauvé les passagers d’un train, et c’est tout. Mais comme il fallait tenir les 90 minutes syndicales, Eastwood survole d’abord leur enfance, où l’on note qu’ils auraient pu mal tourner, puis reconstitue le voyage européen qui les a menés à monter, ce 21 août 2015, dans le Thalys 9364. Rome, Venise, Berlin puis Amsterdam: on a ainsi droit à une succession de vignettes sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique. Pire, elles sont filmées à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur du définitif Impitoyable (1992), un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur. Mais où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films? A l’image d’American Sniper, autrement plus subtil que la simpliste apologie du bon soldat US que certains avaient voulu y voir. Venons enfin à l’idée qui aurait pu amener ce fameux trouble «eastwoodien»: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos sont personnages, mais aussi acteurs. Ils jouent leur propre rôle, comme pour mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires. Reste que si souvent des non-professionnels ont pu s’avérer d’une rare intensité, ces trois-là manquent sérieusement du charisme nécessaire lorsqu’il s’agit de dépasser le cadre d’un récit de type docu-fiction et de faire œuvre de cinéma. Plus embarrassant encore, ce sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros. Le film se clôt alors comme s’est terminée la vraie histoire: sur la Légion d’honneur remise aux trois amis par François Hollande. Séquence qui permet à Eastwood de prendre une autre décision incompréhensible: voilà que dans un montage grossier, il entremêle les vraies images de la cérémonie – pour disposer de gros plans – et celles d’une reconstitution avec un faux Hollande. D’où des raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles. Ne reste plus à espérer que ce ratage ne soit pas le testament filmique du grand Clint, qui fêtera fin mai son 88e anniversaire.</em> <a href="https://www.letemps.ch/culture/15h17-paris-clint-eastwood-reste-quai">Le Temps</a></h5>
<p style="text-align:justify;"><strong>Et si ce génial ratage était justement le testament filmique du grand Clint qui fêtera fin mai son 88e anniversaire ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">&laquo;&nbsp;Reconstitution patraque mais fascinante&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo; échoue à en faire un grand film&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo; pale restitution cinématographique&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo; laid, déficient narrativement et idéologiquement absurde&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;plus mauvais film&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo; laborieux&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;voyage au bout de l’ennui, &laquo;&nbsp;nous assomme en s’éternisant sur la jeunesse de ses héros&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ritournelle biographique laborieuse&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;longue séquence de springbreak européen&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mauvais soap juvénile des années 80&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pub pour de la Budweiser&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;apologie de la crétinerie&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;naufrage&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;étrange idée de épart&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;fiasco&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;gadget&nbsp;&raquo;, bondieuseries ridicules&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;extrême vacuité&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;vignettes insipides&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;démunis face au grand vide de l&rsquo;exitence&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Mal livré sans autre perspective historique que la seule glorification des bons contre les méchants&nbsp;&raquo;,&nbsp;&raquo;son plus mauvais film de cinéaste&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;film impossible à sauver&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;scénario de débutante&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;naïveté&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;bonne conscience&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Amérique profonde&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;inintérêt qui frôle l’abstraction ou le septième degré&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;jeunes gens  hollywoodisés jusqu’à la moelle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;négation de la réalité&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;clichés&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;certitude d’être du côté du Bien&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;vautrés devant un match de baseball avec une Budweiser&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;offrant aux enfants des armes à feu, fausses ou vraies&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;film de propagande&nbsp;&raquo;, &lsquo;nunuche&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;manipulateur&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;marionnettes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;cartes postales&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;moralisme misérable lesté d’idéologie de l’action&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;God on our Side&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;tissu de simulacres stéréotypés&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A l&rsquo;heure où au lendemain d&rsquo;un énième massacre de 17 lycéens &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Présenté presque à l&rsquo;unanimité comme <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2018/02/17/fusillade-de-floride-vous-avez-dit-fake-news-18-and-counting-guess-who-suffers-in-the-end-when-gun-control-activists-and-the-media-inflate-their-school-shootings-statistics-by-including-suici/">18e de l&rsquo;année</a> par une presse aussi moutonnière que mensongère &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Le président Trump se voit dénoncé pour avoir osé évoquer sa colère qu&rsquo;ils aient pu être abandonnés à leur sort par les garde et premiers policiers censés les défendre et <a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/02/26/97001-20180226FILWWW00249-fusillade-en-floride-je-serais-rentre-dans-l-ecole-meme-sans-arme-trump.php">surestimé le courage de ses critiques</a> (&laquo;&nbsp;<span class="st">et je pense que la plupart des gens ici aurait fait pareil</span>&laquo;&nbsp;)&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et que la même critique qui encense des films qui frisent la désinformation (un &laquo;&nbsp;Post&nbsp;&raquo; &#8211; &laquo;&nbsp;Pentagon papers&nbsp;&raquo; en vf &#8211; qui, au-delà d&rsquo;un contexte de guere froide où il était question d&rsquo;abandonner un nouveau peuple aux griffes et au goulag du communisme, s&rsquo;acharne sur l&rsquo;ambulance d&rsquo;un Nixon pour des actes datant en fait de ses deux prédécesseurs démocrates Kennedy et Johnson) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Ou qui,  derrière la vaine grandiloquence, le kitsch et le manichéisme, n&rsquo;ont pour eux que la couleur de leurs héros (&laquo;&nbsp;Black panther&nbsp;&raquo;) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">N&rsquo;a sauf <a href="https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/Le-15-17-Paris-A-jamais-enfants-2018-02-22-1200915786">exceptions</a> que <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm-255721/critiques/presse/#pressreview40055816">mépris</a> pour le dernier film du réalisateur américain Clint Eastwood sur le meurtre de masse déjoué du Thalys d&rsquo;il y a à peine trois ans &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Comment ne pas se désoler dans un premier temps &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Devant <a href="https://www.causeur.fr/15h17-pour-paris-eastwood-daech-149599">tant de déni et d&rsquo;amnésie</a> d&rsquo;une presse française mais aussi américaine &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais aussi, rétrospectivement, de naïveté et d&rsquo;insouciance face d&rsquo;abord au véritable carnage qui a ainsi été évité dans un train qui transportait plus de 500 passagers dont bien sûr nombre d&rsquo;enfants &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Par un terroriste entré en Europe avec certains des futurs auteurs des attentats du Bataclan et du Stade de France en se dissimulant dans un groupe de migrants et armé littéralement jusqu&rsquo;aux dents (près de 300 munitions, kalachnikov, pistolet automatique, cutter, demi-litre d’essence) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais comment aussi ne pas être épaté &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Par la rare perspicacité de la critique du journal genevois <a href="https://www.letemps.ch/culture/15h17-paris-clint-eastwood-reste-quai">Le Temps</a> (qui en plus vous offre 9 articles gratuits !) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Qui, quasiment seule avec celle du <a href="https://www.nytimes.com/2018/02/07/movies/the-1517-to-paris-review-clint-eastwood.html">New York Times</a>, met le doigt sur le véritable ovni que constitue ce dernier film du monument qu&rsquo;est devenu Clit Eastwood (une soixantaine de films, 4 Oscars, 5 Golden Globes, 3 Césars, une  Palme d’honneur) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A savoir derrière le jeu de mots facile &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Qu&rsquo;après son gros mais douteux succès d'&nbsp;&raquo;American sniper&nbsp;&raquo; (coupable d&rsquo;avoir enthousiasmé l’Amérique conservatrice simpliste par son apparente &laquo;&nbsp;apologie du bon soldat US&nbsp;&raquo;)  &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et son autre succès impeccablement rassembleur d&rsquo;un pilote ayant sauvé 155 vies (Sully) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Que dans cet apparent troisième volet (bonne pioche encore pour le critique du Temps !) d&rsquo;une éventuelle trilogie &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Le réalisateur continue son exploration du héros ordinaire &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais cette fois, d&rsquo;où l&rsquo;énorme déception et très vite le dépit et le mépris, &laquo;&nbsp;reste à quai&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Comme le repère admirablement, derrière le jeu de mots facile de son titre, le critique &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Qui hélas n&rsquo;allant pas jusqu&rsquo;au bout de sa géniale découverte &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Ne voit pas, comme l&rsquo;avait bien vu son collègue pour le cauchemar qui ouvre <a href="https://www.letemps.ch/culture/sully-un-portrait-vrai-heros-americain-clint-eastwood">&laquo;&nbsp;Sully&nbsp;&raquo;</a>, que le subterfuge des héros jouant leurs propres rôles qui semble si &laquo;&nbsp;indigne&nbsp;&raquo; d&rsquo;un réalisateur à l’imposante filmographie  qui n&rsquo;a plus rien à prouver marque peut-être un &laquo;&nbsp;niveau supérieur d’accomplissement artistique&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Qui alors éclaire tout le reste &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Les non-professionnels sans &laquo;&nbsp;charisme&nbsp;&raquo; qui jouent leur propre rôle (pas moins de six entre les deux militaires américains et leur ami d&rsquo;enfance, un universitaire américain, son épouse française et un passager britannique, sans compter les images d&rsquo;archives du président français et, post-générique, la foule de leur ville natale de Sacramento et, dit-on, si les juges ne l&rsquo;avaient empêché, le terroriste lui-même), mais pour justement &laquo;&nbsp;mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">L’action héroïque de départ tellement ténue (10 minutes à peine, plans prémonitoires compris, pour le morceau de bravoure violent qui avait jusque là fait sa réputation !) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;enfance de &laquo;&nbsp;soap opera traditionnel&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;survolée&nbsp;&raquo; (le &laquo;&nbsp;lourd lestage de réél&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;risque de l’ennui&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;assumé ici avec une ferveur ascétique&nbsp;&raquo; dont parle le Monde, ces &laquo;&nbsp;bondieuseries&nbsp;&raquo;, références devenues taboues et presque pornographiques à la religion, cette foi enfantine en son destin et cette conviction d’être poussé par une force mystérieuse vers &laquo;&nbsp;quelque chose de plus grand que lui&nbsp;&raquo;) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">La &laquo;&nbsp;succession de vignettes&nbsp;&raquo; de touristes en goguette &laquo;&nbsp;sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique&nbsp;&raquo; (avec leur selfies et leurs platitudes) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">La réalisation &nbsp;&raquo; à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur d&rsquo;un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Ce  &laquo;&nbsp;plus embarrassant encore&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros&nbsp;&raquo;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Cet &laquo;&nbsp;incompréhensible&nbsp;&raquo; choix final d&rsquo;un &laquo;&nbsp;montage grossier&nbsp;&raquo; d&rsquo;images d&rsquo;archives de la cérémonie de remise de la légion d&rsquo;honneur et celles d’une &laquo;&nbsp;reconstitution avec un faux Hollande&nbsp;&raquo; avec &laquo;&nbsp;raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles&nbsp;&raquo; (mais peut-il en être autrement rétrospectivement devant le ton presque badin d&rsquo;un président décorant ces grands enfants, entre gentils boy scouts et touristes en goguette, d&rsquo;Américains ?) &#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et même, à l&rsquo;image de Sully, le réalisateur lui-même sommé de &laquo;&nbsp;devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision&nbsp;&raquo; (devant aussi bien la commision qui voulait condamner son film au <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/clint-eastwood-gets-r-rating-1517-paris-overturned-1067783">classement R</a> &#8211; interdit aux moins de 13 ans &#8211; que la justice elle-même avec la demande de censure et de saisie de l&rsquo;avocate du terroriste au motif que le film porterait atteinte à la présomption d’innocence de son client &#8211; comment ne pas repenser à un autre &laquo;&nbsp;procès&nbsp;&raquo; qui avait visé aussi en son temps pour le péché similaire d&rsquo;excès de réalisme, l&rsquo;auteur, lui aussi américain, de <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2009/04/11/antichristianisme-cachez-cette-croix-que-je-ne-saurai-voir-i-like-their-symbol-because-it-doesnt-have-anybody-nailed-to-it/">&laquo;&nbsp;Passion&nbsp;&raquo;</a>) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">D&rsquo;expliquer &laquo;&nbsp;où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et ce ratage tellement énorme qu&rsquo;il pourrait justement bien être &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Comme le regrette explicitement notre critique qui n&rsquo;a pas osé aller jusqu&rsquo;au bout de sa géniale intuition &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Le &laquo;&nbsp;testament filmique du grand Clint qui fêtera fin mai son 88e anniversaire&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">On aurait alors affaire à l&rsquo;insu de nos critiques pourtant si avides de nouveauté &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A l&rsquo;aussi improbable qu&rsquo;extraordinaire résurgence pour ne pas dire résurrection d&rsquo;un genre qui au début des années 60 n&rsquo;avait eu droit qu&rsquo;à trois courte années de gloire &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mis à part sa redécouverte, via sa version<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mumblecore"> &laquo;&nbsp;mumblecore&nbsp;&raquo;</a> par une nouvelle génération, dont un récent <a href="http://www.indiewire.com/2017/12/lady-bird-rotten-tomatoes-record-broken-bad-review-cole-smithey-1201906394/">petit joyau</a> de cinéma-vérité lui aussi basé à Sacramento &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A savoir le fameux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_direct">cinéma-vérité</a> théorisé par le sociologue Edgar Morin &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Selon lequel il s&rsquo;agissait rien de moins que de &laquo;&nbsp;permettre à chacun de jouer sa vie devant la caméra&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais aussi de la part de l&rsquo;acteur devenu cinéaste &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A l&rsquo;instar du sacrifice ultime de sa vie qu&rsquo;il imposait à ce vétéran de la guerre de Corée raciste qui se sachant condamné par la médecine et après avoir confessé ses crimes de guerre (et dument légué sa maison et ses biens à l&rsquo;église ainsi que sa chère <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2014/11/02/societe-les-limites-de-lamitie-the-limits-of-friendship-will-online-social-networks-replace-offline-friendships-and-turn-us-into-basement-dwelling-zombies/">Gran Torino</a> à son jeune ami vietnamien Thao) se rachète en une sorte de sacrifice christique (en prononçant un dernier &laquo;&nbsp;Je vous salue, Marie&nbsp;&raquo;) à la fin en donnant sa vie pour sauver celle de son jeune voisin en perdition &#8230; .</p>
<p style="text-align:justify;">A une sorte d&rsquo;ultime dépouillement de soi (les théologiens parlent de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C3%A9nose">&laquo;&nbsp;kénose&nbsp;&raquo;</a>), de renoncement à soi mais qui est aussi un dépassement &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Le presque demi-siècle de carrière de l&rsquo;acteur-cinéaste apparaissant alors comme un long détachement (dont son fameux laconisme et son amour immodéré des litotes et des paraboles) de son personnage de violent redresseur de torts &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Passant de rôles de hors la loi à celui de justicier puis de sauveteur (le héros d&rsquo; &laquo;&nbsp;<a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2015/01/28/american-sniper-attention-un-tueur-peut-en-cacher-un-autre-if-killing-160-with-a-sniper-rifle-is-murder-what-do-you-call-killing-more-people-with-drones-than-died-on-911/">American Sniper</a>&nbsp;&raquo; utilise encore les armes à feu mais évoque l&rsquo;image du chien de berger, par sa simple présence d&rsquo;esprit et maitrise technique de pilote, Sully sauve 155 vies, Spencer Stone &#8211; qui serait probablement mort sans le miracle de la kalachnikov enrayée &#8211; et ses deux amis se contentent de maitriser à mains nues le terroriste, le tout sur fond du rappel de la fameuse prière attribuée à Saint François qui avait bercé son enfance: &laquo;&nbsp;c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie&nbsp;&raquo;) &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">A l&rsquo;image de ce Dieu chrétien qui comme l&rsquo;avait magistralement repéré le <a href="https://www.lrb.co.uk/v37/n05/michael-wood/what-is-concrete">philologue</a> juif-allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_Auerbach">Erich Auerbach</a> fuyant lui-même à <a href="https://www.newyorker.com/magazine/2013/12/09/the-book-of-books">Istanbul</a> la <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2012/01/02/antisemitisme-nous-sommes-fautifs-de-ne-pas-les-tuer-from-luther-to-hitler-will-europe-ever-grow-out-of-its-antisemitism/">déjudaïsation</a> même des textes fondateurs de la littérature occidentale par les nazis et leurs affidés luthériens &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Pousse l&rsquo;abnégation de soi jusqu&rsquo;à &laquo;&nbsp;l&rsquo;incarnation dans un homme du dernier rang, par son existence terrestre parmi les humbles, par sa Passion ignominieuse au jugement du monde&nbsp;&raquo; pour représenter &nbsp;&raquo; quelque chose que ni la poésie antique ni l’historiographie antique n’ont jamais représenté: la naissance d’un mouvement spirituel dans les profondeurs du peuple, au sein des circonstances quotidiennes de l’existence du temps&nbsp;&raquo; &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et ce faisant, via le style légendairement abrupt et aride du texte biblique et évangélique, fait accéder au sérieux et au sublime que l&rsquo;Antiquité réservait au seul genre tragique le réalisme à la fois quotidien et universel &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Redonnant sa dignité, jusqu&rsquo;à l&rsquo;échec, la faute et la médiocrité, au plus intime et au plus trivial de l’expérience humaine &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Mais aussi derrière la formation un temps méprisée de secouriste de guerre ou de jiujitsu mais aussi inaboutie de soldat d&rsquo;élite, la vocation jusque là refusée de toute une vie consistant à &laquo;&nbsp;sauver des vies&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">En réintégrant au passage dans la grandeur d&rsquo;une nation, loin de la tyrannie dévoyée du politiquement correct et de l&rsquo;hommage obligé à la sacro-sainte diversité à l&rsquo;instar de l&rsquo;élection-surprise du milliardaire honni Donald Trump, ces &laquo;&nbsp;pitoyables&nbsp;&raquo; et ces &laquo;&nbsp;accros aux armes à feu et à la religion&nbsp;&raquo; qu&rsquo;avait rejetés dans le mépris le <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2016/09/18/heritage-obama-attention-une-tribalisation-peut-en-cacher-une-autre-revenge-of-the-deplorables-its-hope-and-change-which-begat-make-america-great-again-stu/">pouvoir précédent</a> &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Et finissant en somme par retrouver cette véritable source et inspiration du réalisme occidental &#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Que triste ironie et bégaiement de l&rsquo;histoire, nos nouveaux maitres tentent à leur tour de faire taire ?</p>
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.letemps.ch/culture/15h17-paris-clint-eastwood-reste-quai"><strong>Avec «Le 15h17 pour Paris», Clint Eastwood reste à quai</strong></a><br />
Le cinéaste américain raconte dans «Le 15h17 pour Paris» l’héroïsme de trois compatriotes ayant neutralisé le terroriste entré en août 2015 à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris. Embarrassant<br />
Stéphane Gobbo<br />
Le Temps<br />
7 février 2018</p>
<p style="text-align:justify;">Fait a priori unique au sein de l’imposante filmographie de Clint Eastwood, Le 15h17 pour Paris, en salle depuis ce mercredi, n’a pas été montré à la presse avant sa sortie. Une décision pas vraiment rassurante quant à la qualité du film… Et en effet, malgré toute la bonne volonté qu’on peut y mettre, difficile de sauver ce 37e long-métrage d’un cinéaste qui a signé en près de cinquante ans de carrière derrière la caméra un nombre assez impressionnant d’œuvres majeures.</p>
<p style="text-align:justify;">Avec Le 15h17 pour Paris, Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec American Sniper (2014) puis poursuivie avec Sully (2016). Après avoir raconté l’histoire du plus redoutable tireur d’élite de l’histoire militaire américaine, puis celle du pilote ayant réussi à poser un avion en détresse sur le fleuve Hudson, il s’attaque cette fois à l’acte de bravoure de trois amis ayant réussi à empêcher, en été 2015, un attentat meurtrier. S’ils n’étaient pas parvenus à maîtriser un terroriste monté à bord d’un train à grande vitesse reliant Amsterdam à Paris, c’est probablement à un carnage qu’on aurait assisté.</p>
<p style="text-align:justify;">Vignettes sans intérêt</p>
<p style="text-align:justify;">Le réalisateur explique avoir eu envie d’adapter le livre publié par les trois protagonistes sans penser à de possibles connexions avec ses deux précédents longs-métrages. Il estimait simplement qu’il s’agissait là d’une bonne histoire. Certes, mais elle est tellement ténue – l’action héroïque qui en constitue le cœur étant brève – qu’elle ne suffisait pas à remplir un film entier. C’était déjà le cas dans Sully, mais Eastwood parvenait alors à admirablement contourner cet obstacle grâce à la force de son personnage, subtilement incarné par Tom Hanks, devenu héros avant de devoir se justifier lors d’un procès où il devenait soudain coupable de n’avoir peut-être pas pris la meilleure décision.</p>
<p style="text-align:justify;">Rien de cela ici: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos ont sauvé les passagers d’un train, et c’est tout. Mais comme il fallait tenir les 90 minutes syndicales, Eastwood survole d’abord leur enfance, où l’on note qu’ils auraient pu mal tourner, puis reconstitue le voyage européen qui les a menés à monter, ce 21 août 2015, dans le Thalys 9364. Rome, Venise, Berlin puis Amsterdam: on a ainsi droit à une succession de vignettes sans intérêt aucun puisqu’elles ne servent qu’à amener au moment fatidique.</p>
<p style="text-align:justify;">Pire, elles sont filmées à la va comme je te pousse, comme si le réalisateur du définitif Impitoyable (1992), un des plus grands westerns de l’histoire, avait laissé les clés de la maison à un vidéaste amateur. Mais où est passée la maestria d’un des derniers grands tenants du classicisme américain, d’habitude capable en quelques plans savamment imbriqués de susciter le trouble, de laisser toujours planer le doute quant à l’interprétation que l’on peut faire de ses films? A l’image d’American Sniper, autrement plus subtil que la simpliste apologie du bon soldat US que certains avaient voulu y voir.</p>
<p style="text-align:justify;">Personnages et acteurs</p>
<p style="text-align:justify;">Venons enfin à l’idée qui aurait pu amener ce fameux trouble «eastwoodien»: Spencer Stone, Anthony Sadler et Alek Skarlatos sont personnages, mais aussi acteurs. Ils jouent leur propre rôle, comme pour mieux souligner l’idée que des hommes ordinaires peuvent un jour être amenés à faire des choses extraordinaires. Reste que si souvent des non-professionnels ont pu s’avérer d’une rare intensité, ces trois-là manquent sérieusement du charisme nécessaire lorsqu’il s’agit de dépasser le cadre d’un récit de type docu-fiction et de faire œuvre de cinéma. Plus embarrassant encore, ce sous-texte déplaisant qui semble dire que si l’on se passionne depuis l’enfance pour la guerre et qu’on a la foi, on sera peut-être plus enclin que les autres à se comporter en héros.</p>
<p style="text-align:justify;">Le film se clôt alors comme s’est terminée la vraie histoire: sur la Légion d’honneur remise aux trois amis par François Hollande. Séquence qui permet à Eastwood de prendre une autre décision incompréhensible: voilà que dans un montage grossier, il entremêle les vraies images de la cérémonie – pour disposer de gros plans – et celles d’une reconstitution avec un faux Hollande. D’où des raccords hasardeux qui, alors que le moment est solennel et devrait être source d’émotion, s’avèrent risibles. Ne reste plus à espérer que ce ratage ne soit pas le testament filmique du grand Clint, qui fêtera fin mai son 88e anniversaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 15h17 pour Paris (The 15:17 to Paris), de Clint Eastwood (Etats-Unis, 2018), avec Spencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos, 1h34.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.letemps.ch/culture/sully-un-portrait-vrai-heros-americain-clint-eastwood"><strong>«Sully», un portrait du vrai héros américain par Clint Eastwood</strong></a><br />
«Sully», un portrait du vrai héros américain par Clint Eastwood<br />
A New York, en janvier 2009, un pilote posait son appareil sur l’Hudson River. De ce fait divers, Clint Eastwood tire un grand film politique avec Tom Hanks en vedette<br />
Antoine Duplan<br />
Le Temps<br />
29 novembre 2016</p>
<p style="text-align:justify;">Mayday! Mayday! Le film démarre dans le vif de l’action: un avion se crashe au cœur de Manhattan… Pas de panique! Cette réminiscence fracassante du 11-Septembre appartient à une réalité alternative sécrétée par un subconscient ébranlé. Le dormeur est arraché du sommeil, paniqué. Le subterfuge du cauchemar, qui pollue nombre de thrillers médiocres, semble indigne de Clint Eastwood, cinéaste réputé pour son son laconisme et ses litotes. En fait, il marque un niveau supérieur d’accomplissement artistique.</p>
<p style="text-align:justify;">D’un exploit aéronautique, d’un fait divers tant répercuté par les médias qu’on a l’impression qu’il est vidé de tout sens, le réalisateur tire un récit post-traumatique aux vertus réparatrices doublé d’une fable politique amère, hantée, qui s’élève à la dimension parabolique.</p>
<p style="text-align:justify;">Lire aussi notre portrait politique: Clint Eastwood, la victoire républicaine</p>
<p style="text-align:justify;">L’événement, en janvier 2009<br />
Le 15 janvier 2009, le commandant Chesley «Sully» Sullenberger réussit à poser sur les eaux glacées du fleuve Hudson son appareil qui, impacté au décollage par un vol d’oiseaux, a perdu ses deux réacteurs. Il sauve la vie des 155 passagers. L’opinion publique salue cet exploit unique dans l’histoire de l’aviation, fin de l’épisode.</p>
<p style="text-align:justify;">Outrepassant la canonisation médiatique, Clint Eastwood revient sur le drame pour interroger la figure héroïque du commandant de bord. «Je n’ai pas l’impression d’être un héros», dit Sully. Il a simplement fait son devoir – de pilote, de citoyen. Il reste un homme, doutant de sa propre réalité dans le miroir embué de la salle de bains. Il entretient avec sa femme une relation adulte. Elle ne minaude pas des «I love you» au téléphone, elle s’inquiète de l’hypothèque sur la maison…</p>
<p style="text-align:justify;">Le facteur humain</p>
<p style="text-align:justify;">Une enquête administrative est ouverte: Sully n’aurait-il pas pu rallier un aéroport plutôt que de tenter cet exploit insensé? Quarante années d’aviation vont être jugées sur 208 secondes… Si sa responsabilité est établie, le pilote risque d’être mis à pied et de perdre sa pension. Ce procès est à haute valeur métaphorique. Sully jugé par les instances de l’aviation civile, c’est l’héroïsme jugé par la bureaucratie, le courage par le règlement, l’empirisme par le dogmatisme. Dans la salle d’audience se rejouent des conflits immémoriaux, celui de la classe ouvrière contre le patronat, du cow-boy contre le propriétaire terrien cadastrant la prairie, de l’homme contre la machine, du peuple contre les élites…</p>
<p style="text-align:justify;">Sully adopte une remarquable structure en flash-back. Le cauchemar initial est réitéré, l’amerrissage, extraordinairement impressionnant, montré deux fois, dont la seconde pendant les audiences, comme une illustration du contenu de la boîte noire. A cette manœuvre risquée, les ordinateurs opposent des trajets alternatifs plus orthodoxes vers les aéroports de la région. Dans leurs simulateurs de vol, des pilotes chevronnés démontrent qu’il aurait été possible de se poser à LaGuardia ou à Teterboro.</p>
<p style="text-align:justify;">L’affaire semble pliée, la faute démontrée, lorsque Sully tranche soudain: «Et si nous parlions sérieusement, maintenant?» Les logiciels de pilotage ont intégré tous les paramètres (altitude, vitesse du vent, poussée des réacteurs…) sauf un: le facteur humain. Les vols simulés virent vers les aéroports régionaux juste après la collision alors que Sully a eu besoin de 35 secondes pour comprendre ce qui se passait, évaluer les dégâts, en référer aux contrôleurs aériens et prendre sa folle décision…</p>
<p style="text-align:justify;">Voué à l’héroïsme</p>
<p style="text-align:justify;">Flanqué de l’excellent Aaron Eckhart en copilote truculent (le mot de la fin, fort drôle, lui revient, histoire de rappeler que le true american hero est aussi cool), Tom Hanks, grave, taiseux, tient le rôle-titre. Depuis trente ans, le comédien personnifie avec naturel les vertus de l’Amérique, qu’il soit un rédempteur au QI de crevette (Forrest Gump), un cador du Débarquement (Il faut sauver le soldat Ryan), un cosmonaute impavide (Apollo 13), un capitaine de marine marchande attaqué par des pirates (Capitaine Phillips), un gardien de prison à visage humain (La Ligne verte), un avocat défendant un espion russe pour démontrer la supériorité de l’Etat de droit sur le totalitarisme soviétique (Le Pont des espions), voire Walt Disney en personne (Dans l’ombre de Mary)… Dans Sully, il incarne une nouvelle fois l’Américain moyen voué à l’héroïsme modeste.</p>
<p style="text-align:justify;">Eastwood le républicain avec Hanks le démocrate<br />
Républicain pur jus, Clint Eastwood fait montre d’une grande intelligence en choisissant Tom Hanks, démocrate inébranlable. L’année passée, dans American Sniper, énorme succès public, le cinéaste retraçait le destin de Chris Kyle, le plus talentueux des tireurs d’élite de l’armée américaine, en prenant garde de ne pas prendre position. Le surdoué de la gâchette était-il un défenseur de la démocratie ou un tueur stipendié par l’Etat? Ce film indéchiffrable a enthousiasmé l’Amérique conservatrice. Nouveau succès au box-office, Sully est apte à réconcilier les deux camps.</p>
<p style="text-align:justify;">Contrairement à Vol 93, de Paul Greengrass, qui, à travers des anecdotes feuilletonesques, imagine vainement ce qui s’est passé dans l’avion détourné et crashé en Pennsylvanie le 11 septembre 2001, Clint Eastwood s’abstient de trop personnaliser les passagers. Il les considère sous l’angle collectif. Tous unis avec les hôtesses de l’air, ils endossent leur responsabilité tandis que Sully tente l’impossible. «Tout le monde a fait son job», dira-t-il. Revu par Clint Eastwood, le vol 1549 se pose en métaphore d’une Amérique idéale dans laquelle chacun assume sa part de responsabilité derrière un pilote aux compétences supérieures. Curieusement, le pilote Trump auquel le cinéaste a apporté son soutien n’a pas la maîtrise de Sully.</p>
<p style="text-align:justify;">Sully, de Clint Eastwood (Etats-Unis, 2016), avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney, 1h36.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir également:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.nytimes.com/2018/02/07/movies/the-1517-to-paris-review-clint-eastwood.html"><strong>Review: In ‘The 15:17 to Paris,’ Real Heroes Portray Their Heroism</strong></a></p>
<p style="text-align:justify;">The 15:17 to Paris<br />
Directed by Clint Eastwood</p>
<p style="text-align:justify;">Drama/ History/ Thriller<br />
PG-13<br />
1h 34m<br />
A.O. Scott</p>
<p style="text-align:justify;">The NYT<br />
Feb. 7, 2018</p>
<p style="text-align:justify;">On Aug. 21, 2015, Ayoub El Khazzani boarded a high-speed train en route to Paris, armed with a knife, a pistol, an assault rifle and nearly 300 rounds of ammunition. His attack, apparently inspired by ISIS, was thwarted by the bravery and quick thinking of several passengers, notably three young American tourists: Alek Skarlatos, Anthony Sadler and Spencer Stone.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">Their heroism is at the center of Clint Eastwood’s new movie, “The 15:17 to Paris,” a dramatic reconstruction as unassuming and effective as the action it depicts. Based on a book written (along with Jeffrey E. Stern) by Mr. Sadler, Mr. Skarlatos and Mr. Stone, <a href="https://www.nytimes.com/2018/02/07/arts/1517-to-paris-clint-eastwood-heroes-train-attack.html">the film stars them, too</a>.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">The practice of <a href="https://www.theguardian.com/film/filmblog/2013/aug/12/why-i-love-non-professional-actors">casting nonprofessionals</a> in stories that closely mirror their own experiences has a long history — it’s a staple of Italian neorealism, the films of Robert Bresson and the Iranian cinema of the 1990s — but it remains a rarity in Hollywood. Usually the most we can expect is a poignant end-credits glimpse of the real people our favorite movie stars have pretended to be for the previous two hours. After all, part of the appeal of movies “inspired by true events” is the chance to admire the artistry of actors (like Tom Hanks’s, say, in <a href="https://www.nytimes.com/2016/09/09/movies/sully-review.html">Mr. Eastwood’s “Sully”</a>) as they communicate the grit and gumption of ordinary Americans in tough circumstances.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">But the thing to admire about “The 15:17 to Paris” is precisely its artlessness. Mr. Eastwood, who has long favored a lean, functional directing style, practices an economy here that makes some of his earlier movies look positively baroque. He almost seems to be testing the limits of minimalism, seeing how much artifice he can strip away and still achieve some kind of dramatic impact. There is not a lot of suspense, and not much psychological exploration, either. A certain blunt power is guaranteed by the facts of the story, and Mr. Eastwood doesn’t obviously try for anything more than that. But his workmanlike absorption in the task at hand is precisely what makes this movie fascinating as well as moving. Its radical plainness is tinged with mystery.</p>
<p id="story-continues-1" class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">Who exactly are these guys? They first met as boys in Sacramento, which is where we meet them, played by Cole Eichenberger (Spencer Stone), Paul-Mikel Williams (Anthony Sadler) and Bryce Gheisar (Alek Skarlatos). Alek and Spencer, whose mothers (Judy Greer and Jenna Fischer) are friends, pull their sons out of public school and enroll them in a Christian academy, where they meet Anthony, a regular visitor to the principal’s office.</p>
<p style="text-align:justify;">Frustrated by the educational demands of both church and state, the boys indulge in minor acts of rebellion: toilet-papering a neighbor’s house, swearing in gym class, playing war in the woods. They are separated when Alek moves to Oregon to live with his father and Anthony changes schools, but the three stay in touch as Anthony attends college and Alek and Spencer enlist in the military. Spencer, stationed in Portugal, meets up with Anthony in Rome, and Alek, who is serving in Afghanistan, visits a girlfriend in Germany before joining his pals in Berlin. They go clubbing in Amsterdam, wake up hung over and, after some debate, head for Paris.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">To call what happens before the confrontation with the gunman a plot, in the conventional sense, does not seem quite accurate. Nor do Spencer, Anthony and Alek seem quite like movie characters. But they aren’t documentary subjects, either. Mr. Eastwood, famous for avoiding extensive rehearsals and retakes, doesn’t demand too much acting. Throughout the film, the principal performers behave with the mix of affability and reserve they might display when meeting a group of people for the first time. They are polite, direct and unfailingly good-natured, even when a given scene might call for more emotional intensity. In a normal movie, they would be extras.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">And on a normal day, they would have been — part of the mass of tourists, commuters and other travelers taking a quick ride from one European capital to another. At times, Spencer, the most restless of the three and the one whose life choices receive the most attention, talks about the feeling of being “catapulted” toward some obscure destiny. But “The 15:17 to Paris” isn’t a meditation on fate any more than it is an exploration of the politics of global terrorism. Rather, it is concerned with locating the precise boundary between the banal and the extraordinary, between routine and violence, between complacency and courage.</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">The personalities of the main characters remain opaque, their inner lives the subject of speculation. You can wonder about the sorrow in Alek’s eyes, about the hint of a temper underneath Spencer’s jovial energy, about Anthony’s skeptical detachment. But at the end of the movie, you don’t really know them all that well. (You barely know Chris, a British passenger who helped subdue Mr. Khazzani, at all. He is seen but not named.)</p>
<p class="story-body-text story-content" style="text-align:justify;">Producing the illusion of intimacy is not among Mr. Eastwood’s priorities. He has always been a natural existentialist, devoted to the idea that meaning and character emerge through action. At the end of “The 15:17 to Paris,” a speech by <a href="https://www.nytimes.com/2015/08/25/world/europe/france-train-attack-legion-of-honor.html">former President François Hollande</a> of France provides a touch of eloquence and a welcome flood of feeling. But the mood of the film is better captured by Mr. Skarlatos’s account of it, published in <a href="https://www.theguardian.com/world/2015/aug/21/amsterdam-paris-train-gunman-france">news reports after the attack</a>: “We chose to fight and got lucky and didn’t die.”</p>
<aside class="review-details movie-details">
<header>
<div>
<p class="review-heading"><strong>The 15:17 to Paris</strong></p>
</div>
</header>
<ul class="details">
<li style="list-style-type:none;">
<ul class="details">
<li><span class="detail-key">Director</span> <span class="person">Clint Eastwood</span></li>
<li><span class="detail-key">Writer</span> <span class="person">Dorothy Blyskal</span></li>
<li><span class="detail-key">Stars</span> <span class="person">Jenna Fischer</span>, <span class="person">Judy Greer</span>, <span class="person">Thomas Lennon</span>, <span class="person">Lillian Solange Beaudoin</span>, <span class="person">Jaleel White</span></li>
<li><span class="detail-key">Rating</span> <span class="content-rating">PG-13</span></li>
<li><span class="detail-key">Running Time</span> <span class="duration">1h 34m</span></li>
<li><span class="detail-key">Genres</span> <span class="genre">Drama</span>, <span class="genre">History</span>, <span class="genre">Thriller</span></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">The 15:17 to Paris<br />
Rated PG-13. So much less bloody than it might have been. Running time: 1 hour 34 minutes.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir de même:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.showbiz411.com/2018/02/07/clint-eastwoods-1517-to-paris-is-an-eclectic-mix-of-patriotic-christian-and-cutting-edge"><strong>REVIEW Clint Eastwood’s “15:17 to Paris” Is An Eclectic Mix of Patriotic, Christian, and Cutting Edge — And Will Resonate in the Heartland</strong></a><br />
Roger Friedman<br />
February 7, 2018</p>
<p style="text-align:justify;">Don’t believe the mixed or bad reviews coming in early for Clint Eastwood’s “15:17 to Paris.” I saw it tonight, and like <a href="https://www.nytimes.com/2018/02/07/movies/the-1517-to-paris-review-clint-eastwood.html">A.O. Scott</a> in the New York Times, I found it fascinating and much more complicated than a snarky dismissal.</p>
<p style="text-align:justify;">You know, I’m Jewish and liberal, so “patriotic” and “Christian” aren’t two of the things I warm to in movies necessarily. But Eastwood’s take on these real life heroes is not simplistic. The real life people playing themselves as heroes on the train from Amsterdam to Paris– I was braced for a bad movie. And I will say, it starts slowly and it’s totally not what you expect. Nevertheless, if you’re patient with it, you quickly realize several things.</p>
<p style="text-align:justify;">First off, the real guys are not bad. I’ve seen worse. Compared to Louis CK’s unreleased “I Love You, Daddy,” the acting and writing here is Shakespearean.</p>
<p style="text-align:justify;">Second, Eastwood– as he did in “American Sniper” and “Sully”– lays out their stories and backgrounds objectively. I’m already seeing in some reviews some idea that Eastwood is pushing a religious agenda or whatever. Nonsense. He’s accurately depicting these people. The mothers of the guys are religious– this is what they believe, it’s their right. No one is mocking them or judging them. This is who they are. And kudos to Jenna Fischer and Judy Greer for finding the mothers’ dimensions.</p>
<p style="text-align:justify;">If there’s a problem with “15:17” it’s that it’s almost filmed like cinema verite, certainly as the story unfolds. There’s a lot of exposition and it seems slow. Again, a little patience wouldn’t hurt anyone. Because when the kids’ backstories switch to the main guys, Eastwood finds a groove. Forgive him if the entry seems clunky.</p>
<p style="text-align:justify;">A lot of the movie hands on Spencer Stone, the main hero of the three Sacramento friends. He pushed his real life buddies (<span class="caption-text">Alek Skarlatos and Anthony Sadler) to take this trip with him through Europe when he got time off from the Air Force. By coincidence, I met Stone briefly. After all this happened, and before he made this movie starring as himself, he came to the NY Opening of Steven Spielberg’s “Bridge of Spies.” He was very affable. I would never have guessed he could confidently carry himself through a narrative film, reciting dialogue and moving comfortably through scenes. This is quite an accomplishment.</span></p>
<p style="text-align:justify;">Ditto Skarlatos and Sadler– Sadler, especially, seems like a natural. Eastwood does not suffer fools easily and wouldn’t have proceeded if he weren’t certain they could pull this off. And they do. To help the guys, Clint surrounds them with solid actors– Fischer, Greer, Thomas Lennon. There’s even a little bit from Jaleel White, the once and former Urkel of 80s TV fame. He acquits himself nicely. Eastwood once told me he likes “get up and go” type actors, ones who can snap to and do what he needs. In “15:17” he has amateurs and pros all doing that. He really pulled it off.</p>
<p style="text-align:justify;">I don’t know if “15:17” will one day be considered great art– I consider “Unforgiven” and “Gran Torino” great art– or an interesting experiment. But it’s well worth paying attention to. Eastwood obviously saw a lot in these guys– two of them as children are thought to have ADD, they’re screw ups, etc. And in the end, maybe with prayer, with military training and maturity, they reacted in a moment and made America proud, and themselves proud.</p>
<p style="text-align:justify;">And as for Clint– <em>he’s eighty seven years old</em>. This list of films in his ninth decade is utterly remarkable. This is the sixth movie he’s directed in eight years. Hello? Not all perfect– “Invictus” didn’t thrill me. But overall, there’s an extreme brilliance to his lean, mean execution of stories he knows will resonate in the heartland. Very, very cool.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir de plus:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.nationalreview.com/2018/02/1517-paris-clint-eastwoods-everyday-heroes-other-america/"><strong>Clint Eastwood’s Other America</strong><br />
</a>Armond White<br />
The National Review<br />
February 9, 2018</p>
<p style="text-align:justify;">The 15:17 to Paris bravely mixes the reality and drama of heroism.<span class="drop">P</span>laying themselves as train passengers in <em>The 15:17 to Paris</em>, Spencer Stone, Alek Skarlatos, and Anthony Sadler — the three young Americans who on August 21, 2015, spontaneously subdued and walloped an Islamic terrorist, thus preventing mass murder on board the Thalys No. 9364 train — humbly reenact that legendary heroism.</p>
<p style="text-align:justify;">But in pre- bravery scenes of their adolescence, the trio (portrayed by three child performers) is surrounded by actors best known for TV comedy who are cast as supporting characters in the reality-based life chronicle. You should notice this subtle contrast between authenticity and professionalism; it distinguishes <em>The 15:17 to Paris</em> as more than the typical docu-drama and confirms director Clint Eastwood’s canny political instinct and his artistic daring.</p>
<p style="text-align:justify;">The crosscurrents between drama and comedy, real and fake, encapsulate our culture’s opposing perspectives on heroism — that’s the meta subject of Eastwood’s two previous films <em>American Sniper</em> and <em>Sully</em>. The <em>The 15:17 to Paris</em> never becomes poetry like <em>Billy Lynn’s Long Halftime Walk</em>, Ang Lee’s beautifully empathic modern war film that critics, bored with Iraq War narratives, castigated. But Eastwood’s use of the actual citizen-heroes highlights the complexities of our national distrust and self-doubt. This development is part of the story he wants to tell, and thoughtful viewers have to deal with it.</p>
<p style="text-align:justify;">Since WWII hero Audie Murphy’s Hollywood sojourn from decorated amateur to marquee professional, the film industry’s official presentation of citizen-heroes has only become more conflicted (it took nearly a decade before Murphy eventually acted his own story in 1955’s <em>To Hell and Back</em>). This ambivalence intensified during the Vietnam years, when Hollywood was reluctant to lionize military veterans; instead it constantly disparaged the idea of service. The abolition of the draft gave way to civilian snark and snideness, which is different from draft-resister “principle.” New generations of performers — particularly comic actors — created a vogue that corroded the idea of military heroism and instead celebrated sarcasm and rebellion.</p>
<p style="text-align:justify;">By using comic actors as background, Eastwood intentionally flips the snideness so that we’re forced to look at American characters differently. Flashbacks set in the three heroes’ Sacramento, Calif., hometown must take place on the other side of the tracks from the scenes in <em>Lady Bird</em>: Two of the boys have single mothers, and they all attend a Christian school. Cagey Eastwood and screenwriter Dorothy Blyskal present school authorities as self-centered egotists, which implicitly satirizes the liberal pop psychology commonly associated with big-city, union-activist teachers. It’s odd, yet the comic actors (Judy Greer, Jenna Fischer, Thomas Lennon, Tony Hale, and Jaleel White) are enough to establish the film’s cunning.</p>
<p style="text-align:justify;">Eastwood’s essential project takes up the other, forgotten America, not the diversity vagrants who are everywhere in the media. Those multitudinous stereotypes of proto-Communist proles, all desperately in need of government assistance, seem spawned by the sentiments in socialist Michael Harrington’s 1962 book <em>The Other America</em>, which eventuated in last year’s insolent, bleeding-heart movie <em>The Florida Project</em>. Eastwood explores the beefy boys and articulate, domestic moms that mainstream media usually avoids — except for rare TV shows such as <em>This Is Us</em> or <em>Roseanne</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">This means that<em> The 15:17 to Paris</em>’s essence is iconoclastic; it wins back the humanity of conservative Americans — people who are usually caricatured by our hippest comics and media-makers. When a teacher suggests medicating Spencer for his learning difficulties, his mom’s response — “My God is bigger than your statistics, so I don’t care about anything you have to say anymore!” — caused prominent liberals in the screening room to grumble their disagreement. (They were also unmoved during Spencer’s “Lord, make me an instrument of your peace” prayer.) Eastwood takes a tricky position — between acknowledgement of faith and a choice to not proselytize — but he needs a meticulous hybrid of documentary and drama, not the shameful mawkishness of <em>United 93</em>, to make this advance. It also needs to be a humanistic defense.</p>
<p style="text-align:justify;">Stone, Skarlatos, and Sadler are not movie-star types, yet they’re un-self-conscious before the camera. They smile winningly, and their untrained voices have a pleasingly familiar informal cadence and light sonority (not the Noo Yawkese most filmmakers associate with the working class). The film’s narrative structure (always shifting back to the train incident) avoids suspense and artfully draws us into the guys’ daily life and their fate.</p>
<p style="text-align:justify;">It’s a matter of normalizing the moral and social values that the liberal Hollywood filmmakers have rabidly abandoned. We see teenage Stone and Skarlatos wear camo T-shirts (which slim, stylish Sadler mocks), and they all like to play war. In a scene sure to unnerve Second Amendment haters, Stone brings out an arsenal of toy guns, casually adding a hunting rifle to the stash. It’s how the Other America gets acculturated — the opposite of radicalization — when pop trash is not dominant. The boys’ military fascination prepares them for their roles in the world.</p>
<p style="text-align:justify;">To match these uncomplicated characterizations, Eastwood profiles the train attacker Ayoub El Khazzani (Ray Corasani) without religious or ideological specifics but through synecdoche: black sneakers, white paratrooper-style running pants, curly dark hair, tan yet pale and hirsute arms. Big Spencer, quiet Alek, and wily Anthony are our guys, but the film is as simple as that. Eastwood treats their feats matter-of-factly and without rousing or piety. At the end, it all blends into seeing these men, ironically, with the depth perception that military medics tell Stone he lacks; it’s an almost native double vision: The characters they portrayed suddenly appear in documentary news footage, standing humbly, at the actual Légion d’Honneur ceremony with French president François Hollande.</p>
<p style="text-align:justify;">Most recent bio-pics switch to reality epigraphs as a cliché but while Eastwood’s climax gives the men their due, it also causes a profound reassessment of how we regard contemporary history and those who make it.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir encore:</strong></p>
<header class="article-header article-header--full">
<div class="article-header__inner" style="text-align:justify;">
<p class="article-header__title"><a href="https://www.nationalreview.com/2018/02/1517-paris-clint-eastwood-cast-heroes-not-actors/"><strong>Clint Eastwood’s Newest American Heroes</strong><br />
</a>Kyle Smith<br />
National Review<br />
February 7, 2018</p>
<p>At 87, Clint Eastwood is not only trying new things, he’s trying daring new things, and his new film <em>15:17 to Paris</em> represents one of the most audacious gambits of his career. To dramatize the tale of three Americans who tackled and subdued a heavily armed Islamist terrorist on a train out of Amsterdam in 2015, Eastwood cast the young men, none of whom had professional acting experience, as themselves. It’s a decision with little precedent in the entire history of motion pictures.</p>
<p>The reason why few directors have ever taken this tack is acutely evident, though: The three childhood friends, Spencer Stone, Alek Skarlatos, and Anthony Sadler, don’t have much to offer in the way of facial expressions or vocal intonations. In short, they’re not actors, and Eastwood should have hired professionals.</p>
<p>A worse failing of the movie, though, is a flat, dull script by Dorothy Blyskal that frames the story in terms of the young men’s backgrounds. <em>15:17 to Paris</em> is in essence a single gripping scene of about ten minutes puffed out to feature length. Though the movie is, at 94 minutes, the shortest of the 36 features Eastwood has directed, a large chunk of it is filler in which we watch the guys amble around tourist attractions in Rome, Venice, Berlin, and Amsterdam. Absolutely nothing of interest happens in any of these scenes — for instance, Stone and Skarlatos meet a girl in Venice, have pizza with her, and then she disappears and is forgotten — except Stone muses that he’s heading for something important in his life. That sense of purpose is tied in with his faith — all three of the principal characters are practicing Christians — and these days it is unusual for a mainstream Hollywood film to take an unabashed pro-Christian stance.</p>
<p>Some of the back story is relevant, especially the jiu-jitsu and first-aid-training courses Spencer takes in the Air Force, but much of it isn’t. As boys, Spencer and Alek are chided for their disciplinary problems and told they have attention-deficit disorder, which yields a scene in which their mothers (Judy Greer and Jenna Fischer) angrily yank them out of public school and place them in a Christian private school in Sacramento. But neither Skarlatos nor Sadler really emerges as a fleshed-out character, even though the former served in the Army in Afghanistan and was seemingly well-prepared for a moment such as the one on the train. Stone gets the most screen time and we do learn some critical things about him — during a false alarm about an active shooter supposedly roaming Fort Sam Houston, he alone waits by the door while everyone else is hiding under their desks because he hopes to confront the gunman with the only weapon he has on him, which is a ballpoint pen. Stone’s various difficulties in school and in the military (he had to lose some 30 pounds to get in shape when he enlisted) add some texture to his character, but not enough.</p>
<p>The film’s structural resemblance to <em>American Sniper</em> — starting out with a crucial action scene, then flashing back to the formation of character — creates an inevitable comparison that works very much to the disadvantage of <em>15:17 to Paris</em>. Whereas Bradley Cooper’s haunted eyes told the story of Chris Kyle’s resilience and his weariness in the earlier film, Stone, not being an actor, is a blank slate unable to register any depth. Whereas <em>American Sniper</em>’s script built a foundation for the character’s honor with the story of the sheep, wolves, and sheepdogs, the youthful Stone is just an ordinary kid who enjoys playing paintball like any other. Where <em>American Sniper</em> had an immense gravitas, Stone makes his life-changing decision to join the Air Force because of a 30-second conversation over a Jamba Juice he serves to a passing Marine.</p>
<p>Stone, Skarlatos, and Sadler, who received the Légion d’Honneur from then-French president François Hollande after foiling the attack, deserve to be household names, especially Stone, who did the most to subdue the terrorist and nearly lost a thumb when the man lashed out with a knife. This film serves as a fitting monument to their heroics. But Eastwood and his screenwriter failed to build much of a movie around a few minutes of immense courage.</p>
<p><strong>Voir par ailleurs::</strong></p>
<p><a href="https://www.la-croix.com/Debats/Chroniques/Le-15-17-Paris-A-jamais-enfants-2018-02-22-1200915786"><strong>Le 15 h 17 pour Paris : A jamais des enfants</strong><br />
</a>Geneviève Jurgensen<br />
La Croix<br />
le 22/02/2018</p>
<p>Il y avait quelque chose dans l’insistance de ces gosses qui m’a donné envie d’y aller. Leur visage était illuminé par un enthousiasme qu’ils voulaient partager, et même s’il n’allait sûrement pas durer – la qualité de la neige, pendant cette semaine de vacances, restait leur préoccupation principale –, leur empressement faisait plaisir à voir. Tous deux revenaient juste du cinéma, où avec leur mère ils avaient vu le dernier film de Clint Eastwood, Le 15 h 17 pour Paris. Et tous deux suppliaient, « il faut que tu y ailles ». Toutes les critiques que j’avais lues en disaient le plus grand mal ! « Un film impossible à sauver » (Télérama), qui « nous assomme » (Le Parisien). Et jusqu’à La Croix, qui par la voix de Jean-Claude Raspiengeas parlait d’un « voyage au bout de l’ennui »…</p>
<p>Évidemment, je voulais que les enfants aient raison contre les adultes. De toute façon, je ne risquais pas grand-chose. Au pire, ce serait un film plus convenu que les autres du même auteur. Mais une histoire vraie, récente, arrivée chez nous, un attentat dans le Thalys dont quelques passagers, parmi lesquels trois jeunes Américains, avaient réussi à limiter l’ampleur, m’intéresserait forcément un peu.</p>
<p>Pas étonnant qu’un tel récit captive quand on a 10 et 14 ans. C’est juste à ce moment de leur vie que le réalisateur prend ceux qui deviendront des héros. Ils sont alors de petits adolescents très quelconques, des camarades de classe dont les mères divorcées viennent régulièrement plaider la cause auprès du proviseur, pas des mauvais garçons, pas des génies, mais de vrais potes. Le film s’attache à montrer comment, de hasard en hasard, un examen raté, des hésitations entre Amsterdam et Paris et, hasard suprême, une kalachnikov qui s’enraye, tout se combine pour que l’aspiration profonde, clairement exprimée, d’un des trois puisse se réaliser : sauver des vies.</p>
<p>Deux tout jeunes adolescents ne voient pas le même film que l’adulte</p>
<p>À moins de n’avoir jamais eu 10 ou 14 ans, tout le monde s’est demandé si un jour il serait un héros, si un jour il ferait quelque chose de grand, si un jour il ferait la différence et serait fier de lui-même. Le 15 h 17 pour Paris leur répond : « Peut-être ». Et montre scrupuleusement à travers une histoire vraie, toute proche, interprétée par les protagonistes eux-mêmes – ce qui lui donne une authenticité incomparable –, comment le destin auquel on ne peut rien se conjugue avec ce que l’on porte en soi. Même le plus pur héros a besoin pour exister que le hasard y consente, presque jusqu’au miracle, comme celui d’un fusil automatique qui s’enraye. On est loin de l’univers Marvel.</p>
<p>Mais deux tout jeunes adolescents ne voient pas le même film que l’adulte dont ils attendent la réaction. Tandis que je le regardais avec leurs yeux, une autre spectatrice en moi se laissait surprendre par une sorte de tristesse, celle que l’on éprouve devant la photo d’un paysage avant que la tempête l’ait meurtri. Car c’est une France naïve qui est dépeinte dans ce film. Il y avait eu Toulouse, mais on avait voulu croire à un assassin isolé. Il y avait eu Charlie, mais on avait voulu croire à une vengeance ponctuelle.</p>
<p>En ce mois d’août 2015, seuls sans doute quelques enquêteurs opiniâtres pressentent-ils que dans le train pour Paris qu’a pris le terroriste à Bruxelles, ce dernier ne voyage pas vraiment en solitaire. Il est un élément d’une stratégie, d’un réseau, d’un complot, il a des complices, il connaît très bien certains des hommes qui frapperont la capitale dans moins de trois mois. Pourtant, à entendre le président de la République, plutôt badin, qui leur épingle la Légion d’honneur sur le tee-shirt, on considère ces jeunes Américains comme de braves touristes qui auraient visité Paris sous un jour pas banal (1). Comment aujourd’hui ne pas frissonner devant ce flegme ? Le malheur était sur les rails.</p>
<p>Le 15 h 17 pour Paris parle de toutes les enfances, les vraies, tendues vers l’avenir, et les autres, oublieuses de ce qui se trame sous la surface. Et il parle à tous les enfants, les nôtres, impatients de donner leur mesure, et ceux que nous demeurons tous, auxquels il en faudra toujours beaucoup pour admettre que l’insouciance est finie.</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/02/08/le-15-h-17-pour-paris-la-legende-nait-de-l-ennui_5253488_3476.html"><strong>« Le 15 h 17 pour Paris » : la légende naît de l’ennui</strong></a><br />
Clint Eastwood s’attache aux vies ordinaires des trois Américains qui ont empêché, en 2015, un carnage à bord du Thalys.<br />
Thomas Sotinel<br />
Le Monde<br />
08.02.2018</p>
<p>L’avis du « Monde » – pourquoi pas</p>
<p>D’ordinaire, les films sont « inspirés de faits réels ». Le 15 h 17 pour Paris, de Clint Eastwood, découvert en salle ce 7 février (le film a été gardé sous scellé jusqu’à sa sortie française, deux jours avant l’américaine), peut se targuer d’inspirer la réalité. Cette fiction, qui relate la tentative avortée d’attentat contre les passagers du Thalys, le 21 août 2015, est lourdement lestée de réel. Les trois soldats américains qui jouèrent un rôle essentiel dans la mise en échec d’Ayoub El-Khazzani, monté à bord du train avec un fusil d’assaut et des armes de poing, tiennent leurs propres rôles, comme d’autres acteurs du drame, passagers ou équipe médicale.</p>
<p>Au moment où débutaient les premières projections du 15 h 17 pour Paris, on apprenait, sur France Inter, que le magistrat qui instruit l’affaire venait de refuser à l’avocate d’El-Khazzani l’organisation d’une reconstitution au motif que « la réalisation d’un film retraçant les faits (…) est de nature à entraîner (…) une confusion des genres incompatible avec la recherche de la vérité ». Sans le vouloir, et probablement sans s’en soucier, Clint Eastwood a d’ores et déjà influé sur le cours de l’instruction.</p>
<p>Sans souci, parce que la préoccupation première du cinéaste, ces derniers temps, ne le porte pas vers la recherche de la vérité, mais du côté de l’alchimie par laquelle celle-ci se mue en légende. Après les GI devenus personnages d’une icône patriotique (Mémoires de nos pères), le bon à rien texan exalté en tant que tireur d’élite (American Sniper), le pilote quasi sexagénaire forcé de devenir l’ange gardien de ses passagers (Sully), Eastwood prend pour sujets d’étude Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, trois amis qui se sont connus au collège à Sacramento (Californie), deux soldats et un étudiant, des garçons ordinaires.</p>
<p>Soap opera traditionnel</p>
<p>Plutôt que de mettre en scène, comme il l’a fait dans les précédents films, des héros qui s’acquittent du prix de la gloire, l’auteur-interprète du Maître de guerre s’attache à ces vies ordinaires, avant qu’elles ne soient transfigurées par quelques minutes de violence. C’est prendre – cette fois en toute connaissance de cause – le risque de l’ennui. Il est assumé ici avec une ferveur ascétique, pour redire encore une fois que, sur l’enclume de la banalité (voire, ici, de la médiocrité), on peut forger la grandeur d’une nation. Pas plus que, dans American Sniper, il ne s’intéressait à ce qui pouvait pousser des Irakiens à prendre les armes contre l’armée américaine, Eastwood ne se préoccupera de ce qui peut bien pousser un jeune Marocain à monter dans un train armé jusqu’aux dents. El-Khazzani (Ray Corasani) restera une silhouette mortifère.</p>
<p>L’attaque du Thalys ne dure pas plus d’un dixième du film<br />
Découpée en quelques plans prémonitoires et une description minutieuse mais très brève (respect de la chronologie des faits oblige), l’attaque du Thalys ne dure pas plus d’un dixième du film. Le reste du 15 h 17 pour Paris est occupé par de longs retours en arrière, appesantis par la présence, dans les trois rôles principaux, d’acteurs non professionnels qui peinent à redonner vie à leur existence passée. Les séquences qui évoquent l’enfance du trio, à Sacramento, relèvent, elles, du soap opera traditionnel. Eastwood pénètre dans l’intimité familiale de Stone et Skarlatos, confiant les rôles de leurs mères aux actrices Jenna Fischer et Judy Greer, tout en se tenant à l’écart de celle de Sadler, le seul Afro-Américain du trio.</p>
<p>Une fois les trois garçons grandis, les enfants acteurs cèdent la place aux modèles originaux. Le scénario de la débutante Dorothy Blyskal suit pas à pas les efforts peu fructueux de Spencer Stone pour intégrer une unité d’élite de l’armée de l’air, et les échecs à répétition que subit le garçon. On entrevoit un moment une affiche du Full Metal Jacket, de Stanley Kubrick, et il y a quelque chose du sadisme du sergent instructeur dans l’acharnement avec lequel Clint Eastwood refait faire à Spencer Stone le chemin peu glorieux qui l’a mené jusqu’à la gare d’Amsterdam.</p>
<p>Un étonnant final</p>
<p>Dans les jours qui précèdent leur embarquement à bord du Thalys, les trois garçons sillonnent l’Europe avec pour tout arsenal une perche à selfie. Tom Stern, grand directeur de la photographie, filme Rome, Venise, Berlin et Amsterdam avec l’enthousiasme dérisoire d’un propriétaire de smartphone. De la somme de platitudes échangées au long de cette abrutissante odyssée émerge une tirade de Stone, qui se dit convaincu d’être poussé par une force mystérieuse vers « quelque chose de plus grand que lui ».</p>
<p>Cette destinée manifeste – pierre angulaire de l’identité des Etats-Unis d’Amérique – s’accomplira, arrachant les trois garçons à la réalité pour les placer dans un panthéon où se côtoient les saints (Lincoln) et les criminels (William Sherman). Le passage de l’un à l’autre prend la forme d’un étonnant final, montage des images tournées à l’Elysée lors de la remise de la Légion d’honneur aux trois Américains (ainsi qu’au Britannique qui leur prêta son concours) et de plans reconstitués. Dans le contrechamp de François Hollande célébrant les héros, on voit ainsi les actrices qui jouent les mères de ceux-ci.</p>
<p><strong>Voir également:</strong></p>
<p><a href="https://www.causeur.fr/15h17-pour-paris-eastwood-daech-149599"><strong>« Le 15h17 pour Paris »: Clint Eastwood, le terrorisme et nous</strong></a></p>
<p>L&rsquo;accueil reçu par le film montre le déni et l&rsquo;amnésie d&rsquo;une certaine presse française</p>
<p>Ana Pouvreau<br />
Causeur<br />
18 février 2018</p>
<p><strong><em>Le 15h17 pour Paris, </em>le nouveau film de Clint Eastwood sur l’attentat déjoué du Thalys interroge notre capacité à affronter la menace terroriste.</strong></p>
<p>Ovni cinématographique, <em>Le 15h17 pour Paris</em> est à la fois un biopic hors norme et la reconstitution fidèle de la scène d’<a href="https://www.causeur.fr/thalys-terrorisme-djihad-etats-unis-34250" target="_blank" rel="noopener">un meurtre de masse déjoué</a>. Que le film biographique à l’intérieur de l’œuvre, oscillant entre réalisme et pathos, soit jugé bon ou mauvais par les critiques de cinéma français, cela importe finalement très peu tant la démarche du réalisateur est extraordinaire. A 87 ans, Clint Eastwood, ce monument du cinéma américain, à la fois acteur, réalisateur et producteur, dont le parcours est jalonné de quatre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_du_cin%C3%A9ma">Oscars</a> (pour <em>Million Dollar Baby</em> et <em>Impi­toyable</em>), cinq <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Globes">Golden Globes</a>, trois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9sar_du_cin%C3%A9ma">Césars</a> et de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Palme_d%27honneur">Palme d’honneur</a> à Cannes en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/2009_au_cin%C3%A9ma">2009</a> récompensant sa carrière exceptionnelle, berce nos vies de cinéphiles depuis près de soixante ans avec ses quelque soixante-dix films, dont d’innombrables chefs-d’œuvre. En glorifiant le mythe de l’Ouest américain et en forgeant l’image de ses héros (et de ses anti-héros) sur le modèle des pionniers, il est parvenu à façonner à sa manière la matrice de l’homme occidental.</p>
<p>Il réussit là un énième tour de force – et peut-être son dernier film, son ultime legs – en parvenant à mettre en scène six des principaux protagonistes de l’attentat du 21 août 2015 perpétré par le terroriste marocain <a href="https://www.causeur.fr/thalys-attentat-ayoub-khazzani-34258" target="_blank" rel="noopener">Ayoub El-Khazzani </a>dans le Thalys Amsterdam-Paris Nord. Les deux militaires américains <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">Spencer Stone</a><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">(<em>US Air Force</em>)</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">Alek Skarlatos</a> (membre d’une unité de la Garde nationale américaine), et leur ami <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">Anthony Sadler</a>, qui ont tous trois neutralisé l’assaillant au péril de leurs vies sans toutefois le tuer; l’universitaire américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">Mark Moogalian</a>, qui, de sang-froid, s’est jeté sur El-Khazzani et lui <a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/08/29/01016-20150829ARTFIG00140-exclusif-le-temoignage-du-franco-americain-qui-s-est-jete-sur-le-terroriste-du-thalys.php" target="_blank" rel="noopener">a arraché sa kalachnikov avant d’être blessé par balles</a> et son épouse française Isabelle Risacher; et enfin le passager britannique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">Chris Norman</a>, qui aida à maîtriser le terroriste, jouent tous leur propre rôle et leur prestation est objectivement plus qu’honorable pour des néophytes. La reconstitution de la cérémonie de remise des Légions d’honneur par François Hollande à l’Elysée, sur laquelle viennent se juxtaposer les images d’origine prises le 24 août 2015, est plutôt audacieuse.</p>
<p>Un djihadiste fiché dans trois pays</p>
<p>Pour mémoire, El-Khazzani, piloté par <a href="http://www.france24.com/fr/20151120-abdelhamid-abaaoud-terroriste-medias-sociaux-attentats-paris-ei-belgique-syrie" target="_blank" rel="noopener">Abdelhamid Abaaoud</a>, terroriste belgo-marocain et « cerveau » présumé des attentats de Paris en 2015, était fiché dans trois pays – dont la France – comme islamiste radical et faisait l’objet d’une fiche S. Il était entré en Europe illégalement avec Abaaoud en se dissimulant dans un groupe de migrants. Equipé de près de 300 munitions, d’une kalachnikov, d’un pistolet automatique Luger (avec lequel il tira à bout portant sur Moogalian), d’un cutter (qui lui permit de taillader le cou de Stone) et d’un demi-litre d’essence, il aurait – comme le mentionna François Hollande dans son allocution – pu commettre un carnage dans le train qui transportait ce jour-là 544 passagers dont plusieurs enfants.</p>
<p>L’avocate voulait censurer le film</p>
<p>Incarcéré à la prison de Bois-d’Arcy, El-Khazzani, 28 ans, est toujours détenu en isolement dans le quartier réservé aux individus les plus dangereux. Lors des auditions, il a maintenu dans un premier temps la version selon laquelle il était un SDF ayant trouvé un sac contenant de l’armement dans un parc bruxellois, ce qui l’aurait incité à venir détrousser des passagers du Thalys ! Il passa ensuite aux aveux mais soutint cette fois-ci qu’il n’avait eu l’intention de prendre pour cibles qu’une poignée de militaires américains à bord du train. Son avocate Sarah Mauger Poliak  envisageait récemment de faire suspendre <em>Le 15h17 pour Paris </em>jusqu’à la fin du procès et d’attaquer en justice la Warner Bros, au motif que le film porterait atteinte à la présomption d’innocence de son client. A noter que maître Mauger Poliak s’est illustrée, dans l’affaire des policiers gravement brûlés lors de l’attaque de leurs véhicules aux cocktails Molotov à Viry-Châtillon dans l’Essonne, le 8 octobre 2016, en assurant la défense de deux mineurs de 15 et 17 ans, soupçonnés d’avoir confectionné les engins incendiaires.</p>
<p>Amnésie et déni de réalité</p>
<p>Dans ce contexte, par contraste avec l’affligeante comédie d’Olivier Baroux <em>Les Tuche 3</em> qui fait actuellement l’objet d’une promotion tous azimuts et devrait prochainement totaliser 5 ou même 6 millions d’entrées selon les experts (!), l’indifférence voire <a href="https://www.franceinter.fr/cinema/le-15h17-pour-paris-un-clint-eastwood-decevant" target="_blank" rel="noopener">le dédain</a> affiché pour le film de Clint Eastwood interroge sur la capacité de notre société à tirer les leçons des événements tragiques qu’elle traverse malgré elle. L’amnésie et le déni de réalité la guettent pour sûr, jusqu’à sa disparition certaine, si elle ne fait pas l’effort de revenir à la raison. <em>« Une nation ou une civilisation qui produit de jour en jour des hommes stupides achète à crédit sa propre mort spirituelle »</em> déclarait Martin Luther King. Il ne croyait pas si bien dire.</p>
<p><strong>Voir encore:</strong></p>
<p><a href="https://www.ojim.fr/monde-croix-rolling-stone-naiment-clint-eastwood/?utm_source=newsletter&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&amp;utm_term=2018-03-01"><strong>Le Monde, La Croix et Rolling Stone n’aiment pas Clint Eastwood</strong></a></p>
<p>OJIM</p>
<p>1 mars 2018</p>
<p>Un immense comédien et cinéaste américain, mondialement connu et reconnu, un film original, réaliste et talentueux, un sujet qui est tout à l’honneur de la France… et pourtant des médias hostiles voire haineux. Décryptage.<br />
Clint Eastwood, le 15h17 pour Paris. Le film est sorti en salles en France début février 2018. Il retrace l’attentat du mois d’août 2015 à bord du Thalys à destination de Paris. Ce 21 août, le terroriste islamiste Ayoub El Khazzani sort des toilettes de l’un des wagons, une kalachnikov à la main, un automatique dans la poche, et environ 300 munitions. Son objectif ? Faire le plus grand carnage possible, autrement dit massacrer les civils qui voyagent ce jour-là dans le train. Il est mis hors d’état de nuire par trois jeunes américains, amis d’enfance en villégiature en Europe, de Rome à Berlin en passant par Venise et Paris. Deux de ces trois jeunes américains originaires de Californie sont des Marines, l’un des deux revient juste d’Afghanistan. Ils s’appellent Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone. 500 voyageurs leur doivent la vie.</p>
<p>Une des originalités du film de Clint Eastwood réside dans le fait que le rôle des trois héros, car ce sont de toute évidence des héros, est joué par les trois jeunes hommes eux-mêmes. Stone, Skarlatos et Spencer incarnent leurs propres rôles, c’est aussi le cas d’autres personnes ayant vécu les événements (passagers, intervenants médicaux…). Le film dure une heure trente, est convaincant, réussi, avec des aspects originaux sur le plan technique et scénaristique tout en demeurant dans son cadre, c’est-à-dire celui d’un récit biographique. Outre le parcours de ces trois Américains ayant sauvé nombre de vies, dont une majorité de Français, le film retrace un fait dont la France entière et ses médias devraient se faire une fierté. Et pourtant ?</p>
<p>De l’art de parler d’un film sans en parler<br />
L’avocate du tueur s’inquiète de l’influence que ce film pourrait avoir sur l’instruction en cours et annonce envisager d’en demander l’interdiction. Le 8 février, pour saluer la sortie du film, Le Monde axe sa présentation sur la même idée et non sur le film en tant que tel. « Pourrait », un conditionnel dont ne s’embarrasse pas l’article du quotidien du soir : « Clint Eastwood a d’ores et déjà influé sur le cours de l’instruction ». Le film ne conterait pas le drame mais en fournirait une interprétation destinée à devenir la « réalité ». Autrement dit, ce film mettrait en danger les droits d’un accusé qui s’apprêtait à massacrer des centaines d’innocents au nom de valeurs qui semblent être l’exact opposé des valeurs de la démocratie.</p>
<p>Le quotidien reproche clairement au cinéaste de ne pas se soucier de la « vérité », étant comme fasciné par sa préoccupation première, celle de la « légende ». Extrait entier : « Sans souci, parce que la préoccupation première du cinéaste, ces derniers temps, ne le porte pas vers la recherche de la vérité, mais du côté de l’alchimie par laquelle celle-ci se mue en légende. Après les GI devenus personnages d’une icône patriotique (Mémoires de nos pères), le bon à rien texan exalté en tant que tireur d’élite (American Sniper), le pilote quasi sexagénaire forcé de devenir l’ange gardien de ses passagers (Sully), Eastwood prend pour sujets d’étude Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, trois amis qui se sont connus au collège à Sacramento (Californie), deux soldats et un étudiant, des garçons ordinaires ».</p>
<p>Plus loin : « Pas plus que, dans American Sniper, il ne s’intéressait à ce qui pouvait pousser des Irakiens à prendre les armes contre l’armée américaine, Eastwood ne se préoccupera de ce qui peut bien pousser un jeune Marocain à monter dans un train armé jusqu’aux dents. El-Khazzani (Ray Corasani) restera une silhouette mortifère ». Le Monde ne saisit pas pourquoi Clint Eastwood ne cherche pas à comprendre les motivations du tueur, ce qui fait qu’un musulman devient un terroriste islamiste, mais plutôt pourquoi de jeunes américains assez banals deviennent des héros, face justement à la violence du marocain en question. Cette incapacité à comprendre le fait que les héros soient ces héros-là, symbolise peut-être tout ce qui sépare la France de Paris et la France périphérique.</p>
<p>Les héros ne sont pas le bobo gendre idéal ?<br />
La particularité fort intéressante du film, que des personnages soient joués par les personnes elles-mêmes, est réduite à la maladresse d’acteurs « non professionnels » dans tous les journaux, à croire qu’une fiche a circulé. Un film « impossible à sauver », Télérama, qui « assomme », Le Parisien, « Voyage au bout de l’ennui », pour La Croix qui, ainsi, ne masque pas son interprétation politique du film…</p>
<p>Au fond, ce qui ne plaît pas dans les salles de rédaction parisiennes ? Les héros sont de jeunes américains, deux blancs et un métis, banals, croyants, évangélistes en appelant à Dieu, priant, venant de l’Amérique moyenne ou pauvre, militaires, patriotes… Tout ce que les médias libéraux libertaires français détestent. Des individus qui devraient plutôt être des suprématistes blancs adeptes du KKK, du moins pour deux d’entre eux, dans le logiciel de la presse dominante française.</p>
<p>Le magazine RollingStone va plus loin encore que Le Monde dans la caricature du média libéral libertaire en écrivant que le « plus frustrant » est la présentation du terroriste comme « l’étranger tellement plus facile à rejeter ». On suppose que l’auteur de l’article ne se trouvait pas dans ce train. Devant ce film, les réactions des médias, en ne disant rien du film en tant qu’œuvre cinématographique, disent de fait beaucoup de l’état de l’esprit des milieux auxquels ils appartiennent.</p>
<p><strong>Voir encore:</strong></p>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/cinema/20180207.OBS1875/le-15h17-pour-paris-l-heroisme-radical-selon-clint-eastwood.html"><strong>&laquo;&nbsp;Le 15h17 pour Paris&nbsp;&raquo; : l&rsquo;héroïsme radical selon Clint Eastwood</strong></a><br />
Le cinéaste signe un film plus fou qu&rsquo;il n&rsquo;en a l&rsquo;air, reconstitution patraque mais fascinante de l&rsquo;attentat avorté du Thalys  en 2015.<br />
Guillaume Loison<br />
Le Nouvel Obs<br />
07 février 2018</p>
<p>Depuis la moitié des années 2000 et le triomphe de &laquo;&nbsp;Million Dollar Baby&nbsp;&raquo;, la marge de manœuvre de Clint Eastwood est si vaste que ses choix de sujet, qu’ils soient <em>touchy</em> (&laquo;&nbsp;American Sniper&nbsp;&raquo;), archiconventionnels (&laquo;&nbsp;Sully&nbsp;&raquo;) ou a priori trop loin de lui (&laquo;&nbsp;Au-delà&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Invictus&nbsp;&raquo;), laissent craindre l’accident de parcours à chaque nouveau film.</p>
<p>A propos du &laquo;&nbsp;15h17 pour Paris&nbsp;&raquo;, ce n’est pas tant le fait-divers lui-même – l&rsquo;attentat déjoué par trois Américains dans le Thalys Amsterdam-Paris en 2015 –, que le personnage public Eastwood, <a href="https://www.nouvelobs.com/monde/elections-americaines/20160804.OBS5801/pour-eastwood-trump-met-au-defi-une-generation-de-leche-culs.html" target="_self">votant républicain au temps de la présidence Trump</a> (moins soutenue par adhésion totale que parce qu’il déteste Hillary Clinton, il l&rsquo;a clairement expliqué), qui engendre des nœuds au ventre.</p>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/cinema/20150217.OBS2698/faut-il-aller-voir-american-sniper.html" target="_self">&laquo;&nbsp;American Sniper&nbsp;&raquo;</a> ayant déjà pâti de procès en ultra-nationalisme dès sa première image de militaire en goguette, &laquo;&nbsp;Sully&nbsp;&raquo; étant qualifié de film trumpiste par une branche tourneboulée de la critique (<em>true story</em>), on s’énervait d’avance que le simple fait de reconstituer l’acte de bravoure de trois <em>boys</em> lui soit amèrement reproché.</p>
<p><strong>Amérique zinzin</strong></p>
<p>Après la première demi-heure, long flash-back remontant à la pré-adolescence des trois héros, on constate pourtant qu’Eastwood, comme avec &laquo;&nbsp;American Sniper&nbsp;&raquo;, se fait le ménestrel sacrément perfide d’un patriotisme d’un genre si zinzin qu&rsquo;il apparaît compliqué d&rsquo;épingler le cinéaste pour complaisance gaga. Sa caméra dépeint littéralement un pays de dingues, où il suffit d’un échange surréaliste entre une professeure et deux mères d’élèves pour fendiller l’apparente normalité d’une démocratie apaisée et sans nuage.</p>
<p><q>La prof : &laquo;&nbsp;Vos fils peinent à se concentrer en classe. Ils sont malades, leur problème touche beaucoup d’enfants élevés par des mères célibataires comme vous. Je vous conseille un traitement médicamenteux.&nbsp;&raquo;</q></p>
<p>Les mères : &laquo;&nbsp;Notre Dieu est plus fort que vos pilules !&nbsp;&raquo;Et hop, direction l’école catholique, où Eastwood, là encore, se montre impitoyable à l’égard de ce nouvel îlot de fondamentalisme détraqué, fait de <em>goodies</em> chrétiens tapissant les murs et les bureaux, de règlements rigoristes, idiots et asphyxiants, où l’amitié entre mauvais garnements, l’obsession névrotique de la guerre et les prières récitées chaque nuit, agitent et structurent la pensée des futurs héros.</p>
<p>Lesdits héros, au passage, s’avèrent croqués comme d’irréductibles médiocres, le plus souvent englués dans une banalité aliénante. A ce titre, leur voyage en Europe, à base de dragouille en auberge de jeunesse ou de selfies sur la place Saint-Marc, a les airs d’un parcours fléché de petit routard dénué de la moindre imagination.</p>
<p>Cette vision d’un radicalisme bonhomme et feutré, qui se poursuit avec la formation militaire de deux personnages, trouve un écho troublant à la première séquence du film, repris par la suite au moment où commence l’attentat. On y voit en gros plan, les chaussures, le jean et le sac à dos proéminent d’un jeune homme marchant dans une gare, dont on devine l’identité terroriste sans voir le visage.</p>
<p><strong>Effet miroir</strong></p>
<p>Mais ces images en évoquent aussi d’autres : celles des soldats en civil, vêtus, préparés et conditionnés de la même façon que leur ennemi, infiltrés comme lui dans une Europe qu’ils sillonnent en touristes et dans laquelle ils s’affronteront en guerriers, point culminant, inattendu et presque rêvé de leur voyage – ils veulent en découdre depuis qu’ils ont 12 ans, ne cesse de nous répéter Eastwood.</p>
<p>Cet effet miroir, le cinéaste en a toujours été client. Se souvenir de l’alter ego syrien de Chris Kyle dans &laquo;&nbsp;American Sniper&nbsp;&raquo;, et surtout du diptyque sur la bataille d’Iwo Jima, où le vieux sachem consacrait un film à chaque camp. Ici, Eastwood l’initie dès le casting, invitant les véritables héros à rejouer leur propre rôle, idée qui frôle le documentaire historique, du &laquo;&nbsp;Shoah&nbsp;&raquo; de Lanzmann, à &laquo;&nbsp;S21&nbsp;&raquo; de Rithy Panh.</p>
<p><strong>François Hollande <em>directed by</em> Clint Eastwood</strong></p>
<p>La collusion entre réel et fiction atteint une acmé hallucinante lors de la remise de la Légion d’honneur des trois héros à l’Elysée. Le vrai François Hollande, sa doublure dos, les actrices jouant les mères des héros et les principaux intéressés s’y côtoient dans un espace-temps indéfini, patraque mais fascinant, à base d’images d&rsquo;archives et de recréations de cinéma. Et lorsque Eastwood intègre à son film le discours chaleureux du président, un autre classique reflue illico : le finale de &laquo;&nbsp;Taxi Driver&nbsp;&raquo;, dont Spencer Stone, Alek Skarlatos et Anthony Sadler semblent les petits neveux pas si éloignés.</p>
<p><strong>Voir de plus:</strong></p>
<p><a href="http://www.slate.fr/story/157402/cinema-15h17-pour-paris-eastwood-critique"><strong>Avec son «15h17 pour Paris», Clint Eastwood frôle le film de propagande</strong><br />
</a>Tourné à chaud après des événements qui ont fait la une, et interprété par les véritables protagonistes, le film de Clint Eastwood se révèle incroyablement factice.<br />
Jean-Michel Frodon<br />
Slate<br />
08.02.2018</p>
<p dir="ltr">D’une naïveté et d’une bonne conscience qu’on trouvera au choix admirables, ridicules ou abjectes, le film de Clint Eastwood recèle aussi d’étranges phénomènes.</p>
<p dir="ltr">Comme il est difficile de l’ignorer, le film évoque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_train_Thalys_le_21_ao%C3%BBt_2015">l’attaque terroriste contre le Thalys</a> qu’ont réussi à bloquer trois jeunes Américains qui voyageaient à bord (aidés par un Anglais mais c’est ici hors écran, et hors sujet).  Et ce sont les véritables protagonistes, <a href="http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/stone_skarlatos_sandler_et_norman_qui_sont_les_heros_du_thalys_348904" target="_blank" rel="noopener">Spencer Stone, Alek Scarlatos et Anthony Sadler</a> qui rejouent devant la caméra leurs actes du 21 août 2015.</p>
<p dir="ltr">Mais les scènes d’action dans le train n’occupent qu’une toute petite partie du trente-huitième long métrage de l’auteur d’<a href="http://www.imdb.com/title/tt0105695/" target="_blank" rel="noopener"><em>Impitoyable</em></a>.</p>
<p dir="ltr"><strong>Inintéressant et vite plié</strong></p>
<p dir="ltr">Une grande partie du film est dédiée à l’enfance des trois garçons, élèves indisciplinés d’un collège religieux de l’Amérique profonde.</p>
<p dir="ltr">On suit ensuite les tentatives finalement couronnées de succès du bouillant mais pieux Spencer pour intégrer l’armée de l’air. Promu personnage central, il sera le principal auteur de la mise hors de nuire du terroriste.</p>
<p dir="ltr">Alek aussi intègre l’armée et est envoyé en Afghanistan, tandis que le troisième, Anthony, reste au pays sans qu’on en sache plus.</p>
<p dir="ltr">Les trois se retrouvent en Europe, où ils font du tourisme et des selfies pour Instagram, draguent des filles, et fréquentent des boîtes de nuit survoltées, avant de monter dans le train Amsterdam-Paris. C’est d’un inintérêt qui frôle l’abstraction, ou le septième degré.</p>
<p dir="ltr">Après, à bord du Thalys, c’est plié en trois coups les gros bras. Et puis c’est déplié, starring François Hollande.</p>
<p dir="ltr"><strong>François Hollande, un assez mauvais acteur</strong></p>
<p dir="ltr">Le film se termine en effet <a href="http://www.lemonde.fr/police-justice/video/2015/08/24/la-legion-d-honneur-remise-aux-heros-du-thalys_4734913_1653578.html" target="_blank" rel="noopener">par les images authentiques</a> de la remise de la Légion d’honneur aux trois types, cérémonie qui eut effectivement lieu à l’Élysée le 24 août. C’est la meilleure scène du film.</p>
<p dir="ltr">Pas parce qu’elle authentifie rétrospectivement l’action (dont il faut se réjouir sans réserve qu’elle ait eu lieu, évidemment, là n’est pas la question, la question est celle du film), mais parce qu’elle révèle un étrange phénomène.</p>
<p dir="ltr">François Hollande a l’air si faux que c’en est effrayant. Il est un assez mauvais acteur (on le savait), mais il est surtout un acteur absolument décalé par rapport aux trois garçons –et au reste du film.</p>
<p>Pourquoi décalé? Parce que loin d’avoir gagné quelque «effet de réel» que ce soit avec son choix audacieux de casting, le film a utilisé les trois jeunes gens exactement comme des personnages de film d’action, il les a hollywoodisés jusqu’à la moelle.</p>
<p dir="ltr">Tout, absolument tout dans le film (la diction, la gestuelle, les éclairages, l’utilisation des décors, des personnages secondaires, des accessoires) est reformaté par ce qui caractérise l’esthétique hollywoodienne comme négation de la réalité.</p>
<p dir="ltr">Et la présence de François Hollande agit là comme un révélateur. L’ex-président français aurait été assez médiocre interprète de, disons, <em>Plus belle la vie</em> –cela a sans doute largement contribué à l’infinie désaffection que lui auront voué ses concitoyens. Mais dans un film d’action américain, il est carrément à des années-lumière, pas sur la même planète, même pas dans la même galaxie.</p>
<p dir="ltr"><strong>Un film de propagande?</strong></p>
<p dir="ltr">Rien n’oblige pour autant à accepter cette manière d’être du cinéma mainstream américain, puissante machine de domination des esprits et des corps, efficace dans le monde entier. À commencer par les USA. Et il y a toute raison de supposer que les trois interprètes ont, eux, adoré avoir à jouer comme s’ils étaient Matt Damon ou Will Smith.</p>
<p dir="ltr">C’est-à-dire endosser <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Persona_(psychologie_analytique)" target="_blank" rel="noopener">la persona</a> de ces clichés d’une Amérique fière d’elle-même, de ses valeurs, de sa certitude d’être du côté du Bien, y compris vautrés devant un match de baseball avec une Budweiser, ou en offrant aux enfants des armes à feu, fausses ou vraies.</p>
<p dir="ltr">C’est le véritable enjeu de ce qui apparaît comme un film de propagande où «l’événement Thalys» fait bizarrement figure d’incident presque surnuméraire, fortuit, mais venu rappeler à la planète esbaubie combien le mode de vie états-unien est admirable, puisque susceptible de fabriquer des héros au détour du couloir de n’importe quel transport en commun, même après une fiesta d’enfer dans un bar de pole dance.</p>
<p><strong>À LIRE AUSSI </strong><a href="http://www.slate.fr/story/105923/heros-thalys-amsterdam-paris-wifi">Trois des héros du Thalys Amsterdam-Paris avaient changé de wagon car le wifi était mauvais</a></p>
<p><strong>Marionnettes</strong></p>
<p dir="ltr">Et de manière vraiment bizarre, l’artifice nunuche du message est rendu plus criant encore par l’utilisation manipulatrice des «vrais» personnages, transformés en leur propre marionnette du showbiz.</p>
<p dir="ltr">Le –triste– sens qu’on trouve à tout cela, le seul, est que ces gens-là (Clint Eastwood, les acteurs, le public auquel ils s’adressent) croient vraiment que le monde ressemble à cela – des cartes postales, un moralisme misérable lesté d’idéologie de l’action, and «God on our Side», of course.</p>
<p dir="ltr">Face à la surenchère paradoxale de l’utilisation des faits réels et des vrais acteurs au service de ce tissu de simulacres stéréotypés, on s’abstiendra de ressasser que désormais le vrai est un moment du faux.</p>
<p dir="ltr">En mémoire des nombreux grands films réalisés par Eastwood, on se contentera d’un sourire navré.</p>
<p><a href="http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Interviews/Tous-des-heros-ordinaires"><strong>Tous des héros ordinaires ?</strong></a><br />
Réagir lorsqu’une personne est en danger, s’interposer entre un agresseur et sa victime… Adopter le bon comportement lors de situations exceptionnelles ou périlleuses n’est pas forcément aisé. Existe-t-il une personnalité type du « héros ordinaire » ou sommeille-t-il en chacun de nous ?<br />
Propos recueillis par Lucien Fauvernier<br />
Psychologies.com<br />
Août 2015</p>
<p>Vous sentez-vous naturellement concerné par la vie des autres ? Ou, au contraire, préférez-vous garder vos distances, ne pas trop vous impliquer ? Passez notre test Quel est votre rapport à l&rsquo;altruisme ?<br />
Qu’ils s’appellent Spencer Stone, Alek Skarlatos ou encore Lassana Bathily, ils ont tous en commun d’être devenus, suite à de tragiques évènements, des « héros ordinaires ». Les deux premiers, américains et militaires de formation, sont parvenus à éviter qu’une fusillade sanglante ne se produise, le 21 août 2015, dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris, en maîtrisant l’assaillant. Le troisième, simple employé de l’Hyper Cacher attaqué en janvier 2015 à Vincennes, a sauvé pas moins de 10 personnes en leur permettant de se réfugier dans la chambre froide du magasin. Mais il y a également tous ces anonymes qui, chaque jour, se mettent parfois en danger pour défendre autrui : en s’interposant lors d’une agression dans les transports en commun, en sauvant un enfant de la noyade… Qui sont ces personnes qui, dans des situations périlleuses, parviennent à réagir rapidement et efficacement afin de protéger ou sauver autrui? Pour certains, tout ne serait qu’une question de courage, teinté d’un léger soupçon d’inconscience. Pour d’autres, l’altruisme constituerait le moteur essentiel de ces actes héroïques où l’on oublie son intérêt personnel au profit d’un bien plus général, celui de l’humanité au sens large. Et si être un « héros ordinaire » demandait un peu de tout cela en même temps ? Sommes-nous tous capables de nous révéler héroïques ou n’est-ce le fait que de certaines personnalités bien particulières ?</p>
<p>Frédéric Vincent est psychanalyste et sociologue, auteur du livre Le réenchantement initiatique du monde – Des mythes et des hommes (ed. Detrad, 2014). Selon lui, le héros mythique ou fictionnel habite en chacun de nous et est indissociable du héros ordinaire, qui peut se révéler lors de situations extraordinaires.</p>
<p>Comment expliquer que, lors d’une agression par exemple, personne ne réagisse parfois ?<br />
Frédéric Vincent : Le trouble névrotique de chacun, la peur et l’angoisse, sont au centre de cette question. L’homme est incomplet. Il doit travailler sur lui et entreprendre un « processus d’individuation » afin de devenir un être « total », qui a réussi à harmoniser ses tensions intérieures. Or, notre pays, lui-même, est en proie à des névroses collectives, dont nous sommes le support. Il est difficile, dans ce contexte, de se réaliser au quotidien. Ces névroses collectives qui pèsent sur nous expliquent que nous n’agissons pas, parfois, lors d’une agression. C’est le poids de la peur collective qui va se cristalliser au sein d’une attitude d’évitement, de fermeture à l’autre, de refus de le considérer… Cette attitude antihéroïque résulte d&rsquo;un individualisme exacerbé par une angoisse collective très puissante.<br />
À l&rsquo;inverse, qu’est-ce qui pousse certaines personnes, parfois seules, à s’interposer lors d’une agression ?<br />
Frédéric Vincent : Chacun vit ce dilemme individuel et sociétal de façon différente. Néanmoins, un héros sommeille en chacun de nous et permet la résolution de ces conflits. C’est l’idéal du héros mythique ou imaginaire : Hercule, Achille ou plus récemment Batman, Harry Potter… La clinique jungienne, à l’opposé de la pensée cartésienne, estime que cet imaginaire a un impact très fort sur notre façon d’être, d’agir et de réagir. La question essentielle qui entoure les héros ordinaires est de savoir quelles ont été leurs influences imaginaires, leurs lectures de jeunesse par exemple. La pratique de certains sports, comme les arts martiaux, sont une voie d’individuation, qui permet de canaliser le stress et la peur. Faire de la boxe, ou du judo, facilite l’émergence du « héros ordinaire » car ces pratiques permettent un passage plus facile entre le quotidien &#8211; ce qui est connu &#8211; et l’exceptionnel &#8211; l’inconnu -. Si rien ne remplace cette expérience et cet entraînement, face aux situations périlleuses, notre imaginaire peut également nous aider à évaluer certaines ripostes. C’est ici que réside le héros en chacun de nous.</p>
</div>
<p style="text-align:justify;">Agir en héros, est-ce véritablement une question d’altruisme ? Ou n’est-ce pas une quête narcissique ?<br />
Frédéric Vincent : Pour Jung, la coïncidence des opposés est essentielle. Pourquoi choisir alors que l’on peut avoir les deux ? La voie héroïque permet de s’accomplir soi-même, mais aussi d’appartenir à une tribu, d&rsquo;intégrer un groupe. Quelque chose qui va au-delà du moi individuel. En France, et dans de nombreux pays occidentaux, l’isolement et la solitude sont souvent le prix à payer de l’individualisme. Mais si l’on regarde les modèles qui nous sont présentés dans la culture, les films ou séries par exemple, l’individualisme est assez peu valorisé. L’idéal, c’est un retour vers la communauté, au tribal. On ne peut être un héros qu’au sein d’un groupe, d’une communauté, d’un ensemble. La récompense narcissique ne peut s’effectuer que si l’autre me voit agir de façon héroïque et altruiste.<br />
Comment expliquer l’engouement populaire, quasi intemporel, pour « les héros du quotidien » ?<br />
Frédéric Vincent : Depuis que l’homme est, l’archétype du héros a toujours existé. Ce modèle mental permet de faire face aux situations extrêmes. Ce qui plait dans la figure du « héros du quotidien », c’est la projection de l’individu complet et réalisé, qui pourrait, tout compte fait, être moi. Aujourd’hui, cet engouement pour le héros est certainement exacerbé par les nouvelles technologies, car elles permettent de se connecter à tous les mythes culturels du monde. Les figures du héros ordinaire se multiplient : ici les deux militaires du Thalys ou l&#8217;employé de l&rsquo;Hyper Cacher, là-bas, l’homme ou la femme qui sauve un enfant en Inde, celui ou celle qui se sacrifie pour protéger des personnes en danger en Afrique… L’image du héros est finalement beaucoup plus accessible qu’avant. C’est un signe positif, surtout si cela permet, dans une certaine mesure, de guérir les troubles névrotiques de plus en plus présents au sein de nos sociétés.</p>
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<div class="td-post-content">
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir par ailleurs:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.telerama.fr/cinema/il-ny-a-rien-a-sauver-dans-le-15h17-pour-paris-de-clint-eastwood,n5471243.php"><strong>Il n’y a rien à sauver dans “Le 15h17 pour Paris” de Clint Eastwood</strong></a></p>
<p style="text-align:justify;">Jacques Morice<br />
Télérama<br />
08/02/2018</p>
<p style="text-align:justify;">Sans matière véritable – l’attentat du Thalys d’août 2015 – le film de Clint Eastwood accumule les flash-back et anecdotes sans jamais parvenir à répondre aux questions essentielles qui traversent son cinéma depuis toujours : qu’est-ce qui distingue le héros ? D’où vient le courage ?</p>
<p style="text-align:justify;">Sauf erreur, c’est bien la première fois qu’un film d’<a href="http://www.telerama.fr/personnalite/clint-eastwood%2C6622.php" target="_blank" rel="noopener">Eastwood</a> n’était pas montré à la presse. Mauvais signe, se disait-on. La suite nous a donné raison : <em>Le </em><em>15h17 pour Paris</em> est sans doute l’un des rares films impossible à sauver de ce cher Clint.</p>
<p style="text-align:justify;">Le « sauvetage » est pourtant son sujet, énoncé très vite par le soldat Spencer Stone, dans un raccourci assez discutable : « <em>Faire la guerre et sauver des vies. </em>» L’histoire, tout le monde la connaît : c’est celle de la tragédie évitée dans le Thalys parti d’Amsterdam pour Paris, le 21 août 2015. Un terroriste belgo-marocain, muni de plusieurs armes dont une kalachnikov, était prêt à faire un carnage dans le train. C’est grâce à l’intervention héroïque de plusieurs hommes, d’abord d’un professeur franco-américain (Mark Moogalian) et d’un employé de banque (ayant voulu garder l’anonymat), puis de trois jeunes Américains, que l’attentat a pu être déjoué.</p>
<p class="h4" style="text-align:justify;"><strong>Le courage. Est-il donné à tout le monde ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">On comprend bien pourquoi Eastwood s’est intéressé à cette histoire. Qu’est-ce qui distingue le héros ? Voilà une question qu’il ne cesse de se poser depuis fort longtemps. Question en soi passionnante, presque indissociable du cinéma. A travers l’héroïsme, il interroge le patriotisme bien sûr, mais aussi le surpassement de soi et une vertu loin d’être anodine, le courage. Est-il donné à tout le monde ? Le slogan sur l’affiche porte à le croire : « <em>Face à la peur, des gens ordinaires peuvent faire des choses extraordinaires.</em>» Sauf que filmer cet attentat manqué s’avère une fausse bonne idée.</p>
<p style="text-align:justify;">L’action stricto sensu du drame, dans le train, tient en à peine un quart d’heure. Logique : tout s’est passé trop vite pour en faire un thriller palpitant et effrayant, comme pouvait l’être par exemple <em><a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/vol-93%2C267637.php" target="_blank" rel="noopener">Vol 93</a>, </em>de Paul Greengrass. Du coup, <em>Le </em><em>15h17 </em><em>pour Paris </em>est aux trois quarts constitué de flash-back sur la longue amitié, remontant à l’enfance, des trois héros américains, interprétés par les vrais protagonistes. On apprend qu’ils étaient de bons garçons mais turbulents, aimant jouer à la guerre, mauvais élèves – Anthony Sadler est le seul à avoir suivi des études. Que Spencer Stone et Alek Skarlatos ont été élevés par des mères célibataires et ont choisi une carrière dans l’armée.</p>
<p class="h4" style="text-align:justify;"><strong>Trois gars en goguette</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Tout cela est raconté comme s’il s’agissait de faits décisifs ! Autant dire que ce 36e film d’Eastwood est incroyablement anecdotique, lisse, assez vide sur les personnages, pas vraiment bien interprétés (Alek Skarlatos est peut-être le seul à cacher un mystère). Le pire étant les séquences du voyage touristique à Berlin et en Italie, où les trois gars en goguette visitent les monuments, s’éclatent en boîte et se demandent s’ils vont aller jusqu’à Paris, à la réputation surfaite, où les gens, leur dit-on, sont « <em>malpolis</em> » (sic).</p>
<p style="text-align:justify;">Le seul intérêt minime tient à la part d’inconscience derrière l’héroïsme. Le personnage central, c’est Spencer Stone, qui a un côté tête brûlée. Lorsqu’il fonce droit vers le terroriste, il n’a pas d’arme. L’ennemi a le temps de viser, tire, mais son fusil mitrailleur s’enraye. Le héros serait-il attiré par la mort ? Le film, hélas, ne fait qu’effleurer ce point.</p>
<p style="text-align:justify;"><img title="smiley" src="https://i0.wp.com/www.telerama.fr/sites/tr_master/libraries/ckeditor/plugins/smiley/images/1.png" alt="smiley" width="40" height="40" /><em>Le 15h17 pour Paris</em>, de Clint Eastwood (<em>The 15:17 to Paris</em>, Etats-Unis, 1h34). En salles.</p>
</div>
</div>
</header>
</aside>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir aussi:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/the-15-17-to-paris,n5172015,critique.php">Le 15h17 pour Paris</a></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Critique du 20/02/2018</strong> <i class="tra-1"></i></p>
<p class="fiche--critiques_subtitle" style="text-align:justify;">Jacques Morice</p>
<p style="text-align:justify;">Le sujet est énoncé par le soldat Spencer Stone dans un raccourci assez discutable : <em>« Faire la guerre et sauver des vies. »</em> L’histoire, on la connaît : c’est celle du Thalys parti d’Amsterdam pour Paris le 21 août 2015. Un terroriste belgo-marocain était prêt à y faire un carnage. Grâce à l’intervention héroïque d’un professeur franco-américain (Mark Moogalian), d’un employé de banque (resté anonyme), puis de trois jeunes Américains, l’attentat a été déjoué.</p>
<p style="text-align:justify;">On comprend pourquoi Clint East­wood s’est intéressé à ce drame évité, lui qui explore depuis longtemps le statut du héros, sa part de courage mais aussi de mystère. L’action stricto sensu, dans le train, tient en à peine dix minutes. C’est plus que dans <em>Sully,</em> autre histoire de sauvetage, dont Eastwood parvenait malgré tout à tirer un film captivant sur l’après et sur l’étrange prix à payer par le sauveur. Ici, il filme surtout l’avant : des flash-back sur la longue amitié, remontant à l’enfance, des trois héros, interprétés à l’âge adulte par les vrais protagonistes. On apprend qu’ils étaient de bons gar­çons mais turbulents, aimant jouer à la guerre, mauvais élèves dans des éco­les religieuses (Anthony Sadler est le seul à avoir suivi des études). Que Spencer Stone et Alek Skarlatos ont été élevés par des mères célibataires et ont choisi une carrière dans l’armée, non sans frustration pour le premier.</p>
<p style="text-align:justify;">Bref, des choses ordinaires, anecdotiques, rendues encore plus lisses par l’interprétation de ces acteurs d’un jour. Le pire étant les séquences du voyage touristique à Berlin et Venise, où les gars en goguette visitent les ­monuments, font des selfies à la chaîne, s’amusent en boîte et se demandent s’ils vont aller jusqu’à Paris, où les gens, leur dit-on, sont <em>« malpolis ».</em> Le seul inté­rêt tient à la part d’inconscience derrière l’héroïsme. Le personnage central, Spencer Stone, est une tête brûlée. Lorsqu’il fonce sur le terroriste, il n’a pas d’arme. L’ennemi a le temps de viser, tire, mais son fusil mitrailleur s’enraye. Le héros serait-il attiré par la mort ? Serait-il lui-même un fantôme ? Le film, hélas, ne fait qu’effleurer cette question.</p>
<article class="paywall_article">
<div style="text-align:justify;">
<div>Avec «Le 15h17 pour Paris», Eastwood semble conclure une trilogie du héros américain amorcée avec «American Sniper» (2014) puis poursuivie avec «Sully» (2016).</div>
<p><strong>Voir également:</strong></p>
</div>
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<div class="header-light-wrapper">
<div class="header-light-main-content">
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.franceinter.fr/cinema/le-15h17-pour-paris-un-clint-eastwood-decevant"><strong>&laquo;&nbsp;Le 15h17 pour Paris&nbsp;&raquo; de Clint Eastwood : tellement mauvais que le meilleur passage, ce sont les images d&rsquo;archive !</strong></a></p>
<p class="header-light-main-content-article-author" style="text-align:justify;">France Inter</p>
<p style="text-align:justify;">13 février 2018</p>
<p class="chapo" style="text-align:justify;">Clairement, les critiques du &laquo;&nbsp;Masque et la Plume&nbsp;&raquo; ont jugé le dernier film de Clint Eastwood décevant, pour le moins. Extraits des critiques&#8230; ou comment torpiller un film, en quatre essais.</p>
<p style="text-align:justify;">Le 21 août 2015, à bord du Thalys à destination de Paris, un terroriste djihadiste, armé d&rsquo;une kalachnikov, est neutralisé par trois amis d&rsquo;enfance américains : l&rsquo;étudiant Anthony Sadler, les militaires Alek Skarlatos et Spencer Stone. En sauvant la vie de 500 passagers, ils deviennent des héros.</p>
<p style="text-align:justify;">Clint Eastwood en a tiré un film, où il a demandé aux trois vrais héros de jouer leurs propres rôles&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Xavier Leherpeur : &laquo;&nbsp;Les Chtis à Marseille à côté, c&rsquo;est un bonheur !&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Ce n&rsquo;est pas un film, ce n&rsquo;est rien. Ça n&rsquo;a aucun intérêt.</p>
<p style="text-align:justify;">Donc il va raconter l&rsquo;histoire de ces gamins (enfin surtout des deux militaires, l&rsquo;étudiant noir, Clint Eastwood n&rsquo;en a rien à faire), surtout le petit rondouillard qui a tout donné à l&rsquo;armée, l&rsquo;armée lui a si peu rendu en l&#8217;empêchant de devenir ce qu&rsquo;il voulait être, mais il s&rsquo;est musclé, il s&rsquo;est endurci, il s&rsquo;est valorisé, il aime Dieu. Donc : <strong>Dieu / l&rsquo;armée / les armes</strong> : le gamin est un pur Ricain élevé au <em>Kellogg&rsquo;s</em>, il est inattaquable.</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Ciment : &laquo;&nbsp;Les visites de la Place St-Marc, de St Pierre de Rome, etc : c&rsquo;est du travelog sans aucun intérêt&nbsp;&raquo;. / 2016 Warner Bros.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Michel Ciment : &laquo;&nbsp;c&rsquo;est un film raté&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est un faux pas d&rsquo;Eastwood, c&rsquo;est arrivé à de grands réalisateurs (Bergmann, Buñuel&#8230;) C&rsquo;est un film raté, à mon avis essentiellement sur <strong>un scénario qui est d&rsquo;une faiblesse invraisemblable</strong>. w</p>
<p style="text-align:justify;">Je trouve que l&rsquo;idée était intéressante : prendre des personnages et raconter leurs vies qui les amènent à cet acte. On peut se moquer des Américains héroïques mais ce sont des Américains héroïques. Ce sont des gens qui ont risqué leur vie pour empêcher une massacre de 500 personnes dans le Thalys. Il faut le reconnaître ; <strong>il n&rsquo;y a pas besoin de faire de l&rsquo;anti-américanisme à tout bout de champ</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">Simplement, l&rsquo;erreur du film, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut remplir cette 1h30.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Eric Neuhoff : &laquo;&nbsp;on se pince en regardant ça !&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est tellement mauvais que le meilleur passage ce sont les images d&rsquo;archive avec François Hollande qui fait un discours à l&rsquo;Élysée. Mais sinon c&rsquo;est un film complètement nul, on se pince en regardant ça !</p>
<figure class="rich-visual" style="text-align:justify;"><figcaption>Eric Neuhoff : &laquo;&nbsp;Les héros sont des gars assommants. Ils boivent de la bière, ils font des selfies&#8230;&nbsp;&raquo; / 2016 Warner Bros</figcaption></figure>
<p style="text-align:justify;"><strong>Pierre Murat : &laquo;&nbsp;désuet, plat et nul&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les acteurs sont très mauvais, c&rsquo;est quand même un problème, et la mise en scène&#8230; les derniers films de Clint Eastwood sont beaucoup moins biens.</p>
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<div class="next" style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir de plus:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="https://www.nationalreview.com/2018/01/walter-scott-answers-peggy-noonan-historical-fictions-inspire-real-study/"><strong>Must Dramatic Art Be Historically Accurate?</strong><br />
</a>Christopher J. Scalia<br />
National Review<br />
January 10, 2018</p>
<p style="text-align:justify;"><span class="article-header__subtitle">A column by Peggy Noonan is answered by a Romantic novelist.</span><span class="drop">P</span>eggy Noonan, departing from her regular political beat, recently ventured into the world of pop culture to call for “more truth in art and entertainment.” The occasion for her unusual column was the liberties taken by the Netflix series <em>The Crown</em> and the new Steven Spielberg film <em>Democracy Dies in Darkness</em> — sorry, <em>The Post</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">According to Noonan, <em>The Crown</em> commits “cheap historical mindlessness” and “clueless carelessness” in its depictions of Prime Minister Harold MacMillan and President Kennedy. The show presents the former as both a pimp and a cuckold, the latter as an abusive husband and — egads! — a cigarette smoker. <em>The Post</em>, meanwhile, misrepresents President Nixon’s reasons for fighting to withhold publication of the Pentagon Papers, all in the cause of making Nixon the villain he’s contractually required to be in any film. Noonan argues that the people behind <em>The Post</em> knew better and “perpetuated injustice” for the sake of entertainment. (She could also have mentioned the new movie <em>Darkest Hour</em>, which attributes one of Winston Churchill’s most famous speeches to a ride on the Tube.)</p>
<p style="text-align:justify;">To readers tempted to say, “Relax, Peggy — they’re not hurting anyone,” Noonan warns:</p>
<blockquote><p>We are losing history. . . . When people care enough about history to study and read it, it’s a small sin to lie and mislead in dramas. But when people get their history through entertainment, when they absorb the story of their times only through screens, then the tendency to fabricate is more damaging.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">She implies that this is particularly dangerous in the time of #FakeNews and “alternative facts”: “It is wrong in an age of lies to add to their sum total. It’s not right. It will do harm.”</p>
<p style="text-align:justify;">Noonan’s argument captured my attention because it explores problems familiar to one of my favorite writers, Sir Walter Scott. Though rarely read today, Scott was the most significant and popular novelist of the British Romantic period. (Sorry, Austen lovers.) James Chandler of the University of Chicago calls Scott’s “oeuvre . . . arguably the most influential single body of literary work in English by any writer since Shakespeare.” His works returned the novel to critical respectability and helped shape British national identity; they inspired paintings, operas, and even (if you believe Mark Twain) the Civil War.</p>
<p style="text-align:justify;">Scott’s novels depict ordinary men and women thrown into major political events and interacting with familiar historical figures. In so doing, the works blur the borders between history and romance. His novel <em>Old Mortality</em>, for example, upset some contemporary readers for what they considered its inaccurate depiction of the 17th-century Scottish Presbyterians known as Covenanters. And his best-known work, <em>Ivanhoe</em>, is full of what the scholar <a href="https://blog.oup.com/2013/08/walter-scott-anachronisms/">Ian Duncan</a> calls “errors and anachronisms [that] are knowing rather than symptomatic.” Duncan identifies the particularly brazen example of two characters who flee England for the court of Muhammad XII of Granada — which wouldn’t exist for another 300 years after the novel is set.</p>
<p style="text-align:justify;">Scott addressed concerns about his historical inaccuracy in the preface to his 1822 novel <a href="https://books.google.com/books?id=D_QNAAAAQAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=peveril+peak&amp;hl=en&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjU3MKz2q_YAhUC7iYKHcH6DF8Q6AEILzAB#v=onepage&amp;q=peveril peak&amp;f=false"><em>Peveril of the Peak</em></a>, and his arguments are relevant to Noonan’s column. This preface consists of a letter written by a recurring character named Jonas Dryasdust, who recounts a conversation with the character known as the Author of Waverley, Scott’s curmudgeonly alter-ego.</p>
<p style="text-align:justify;">Dryasdust warns the Author that “those aberrations, which it is so often your pleasure to make from the path of true history,” have exposed him to censure “for adulterating the pure sources of historical knowledge.” But, the Author gruffly replies, his works are clearly presented as “romance[s] . . . founded upon history,” so readers know what they’re getting into. It’s impossible to take seriously “the sober charge of falsehood, against a narrative announced positively to be fictitious.”</p>
<p style="text-align:justify;">But, like Noonan, Dryasdust doesn’t think this insistence on generic difference will suffice, because many readers will get their history only from this form of entertainment. The Author is “in danger of causing history to be neglected — readers being contented with such frothy and superficial knowledge, as they acquire from your works, to the effect of inducing them to neglect the severer and more accurate sources of information.” That is, people will “absorb the story of their times” (to use Noonan’s language) only through novels, because those are so much more entertaining than histories.</p>
<p style="text-align:justify;">The Author disagrees, arguing that his fiction inspires smart readers to pursue the historical subject matter in more detail:</p>
<blockquote><p>I have turned the attention of the public on various points, which have received elucidation from writers of more learning and research, in consequence of my novels having attached some interest to them.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">Historical fiction actually promotes interest in purer history.</p>
<p style="text-align:justify;">That may be true of reasonable adult readers — but as <a href="https://www.youtube.com/watch?v=RybNI0KB1bg">Helen Lovejoy</a> would ask, <em>Won’t somebody please think of the children?</em> Dryasdust (whose last name hints at the dullness of certain types of historical writing) explains that younger readers will read only the novels without pursuing the straight history, so the Author is guilty of “misleading the young, the indolent, and the giddy.”</p>
<blockquote class="pullquote"><p>Scott’s novels are like gateway drugs: Kids start with soft romances such as <em>Waverley</em>, but before you know it, they’re hooked on Hume’s <em>History of Great Britain</em>.</p></blockquote>
<p style="text-align:justify;">The Author again insists that his works perform a “real service” to bright young readers, “for the love of knowledge wants but a beginning — the least spark will give fire when the train is properly prepared; and having been interested in fictitious adventures, ascribed to a historical period and characters, the reader begins next to be anxious to learn what the facts really were.” His novels are like gateway drugs: Kids start with soft romances such as <em>Waverley</em>, but before you know it, they’re hooked on Robertson’s <em>History of Scotland</em>, Hume’s <em>History of Great Britain</em>, and maybe even some of that hard antiquarian stuff on weekends.</p>
<p style="text-align:justify;">What about less intelligent young readers, the ones who won’t go on to read history? Even they benefit from the Author’s novels because they “will still lay down the book with a degree of knowledge, not perhaps of the most accurate kind, but such as he might not otherwise have acquired.” A little learning is not a dangerous thing when the alternative is no learning at all.</p>
<p style="text-align:justify;">Applying Scott’s defenses of his novels to Noonan’s column, it’s possible to recognize that <em>The Crown</em> and <em>The Post </em>do something more valuable than simply “lie and mislead.” It seems reasonable to conclude that viewers, aware that they’re watching drama, will not assume the events are historically accurate; that the dramas may even make them curious enough about their subject matter to read histories of post-war Britain or the Nixon administration; and that even those who watch the dramas uncritically learn more truth than fiction.</p>
<p style="text-align:justify;">Noonan raises important points that merit consideration, and I have <a href="http://www.weeklystandard.com/antonin-scalia-bogeyman-of-the-liberal-imagination/article/1070182" target="_blank" rel="noopener">my own serious reservations</a> about entertainment that willfully misrepresents public figures and their ideas. But Scott would suggest that rather than signifying that “we are losing history,” historical dramas are an important way to preserve it.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir enfin:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>The Crown isn&rsquo;t “lying”. It’s time we accepted that historical drama is fiction</strong></p>
<p style="text-align:justify;">This is not about fake history and truth, this is about good fiction and bad fiction.<br />
Rebecca Ridea<br />
New Statesman</p>
<p style="text-align:justify;">Over the past few days, two think-pieces have urged filmmakers to recognise the responsibility they have to the truth when creating historical drama. The first, written by <a href="https://www.wsj.com/articles/the-lies-of-the-crown-and-the-post-1514505833" target="_blank" rel="noopener">Peggy Noonan for the Wall Street Journal</a>, warned producers that it “is wrong in an age of lies to add to their sum total”. She argued that <em>The Crown</em>’s “cheap historical mindlessness” had led to a number of characters being misrepresented.</p>
<p style="text-align:justify;">The second piece, written by <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/dec/31/it-may-be-good-fun-but-its-not-always-good-history-the-crown?CMP=share_btn_tw" target="_blank" rel="noopener">Sonia Sodha for The Guardian</a>, also focused on <em>The Crown</em> and argued much the same. Of particular concern to Sodha was the fact that the interaction between the Queen and Jackie Kennedy had been overplayed. Both writers asked that film producers take more care because, as Sodha put it, “…in this era of fake news, creators of dramas such as <em>The Crown</em> have more of a responsibility to the truth than they seem to realise.”</p>
<p style="text-align:justify;">These are noble thoughts, but they overlook something crucial. What the seemingly endless debate about historical drama repeatedly misses is that, for all their authenticity, historical dramas will always be fiction. It feels like stating the obvious, but it is as true of Shakespeare’s <em>Richard III</em> as it is of Tom Hardy’s <em>Taboo</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Of course, there should always be room to discuss the real history behind the drama and counteract any (usually many) historical inaccuracies – <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/oct/23/gunpowder-brutal-sickening-17th-century-britain-our-history" target="_blank" rel="noopener">I do this frequently</a> and it is an important opportunity for historians to get their work “out there” and engage the public in the past. This critiquing can often be gloriously fierce, such as the assertion that <em>Downton Abbey</em> was <a href="http://www.bbc.co.uk/news/entertainment-arts-16609589">“cultural necrophilia”</a> or the argument that <em>Dunkirk</em> was <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/jan/04/free-speech-toby-young-office-for-students">“a Brexiteer costume fantasy”</a>. It can also serve to question why some dramas get commissioned and others don’t; why some topics are covered, but others aren’t; and why creative licence is used in some instances, but not others. It is also particularly important when popular culture is hijacked for political ends.</p>
<p style="text-align:justify;">But there is a line between discussing and highlighting the real history and dictating how creatives should do historical drama. It is a line that, unless part of the production or brought on as a consultant, I do not think we should cross. However real they might seem, to hold fictional stories to ransom by expecting unattainable and often subjective historical standards is a disservice to everyone.</p>
<p style="text-align:justify;">For a start, how do we differentiate between the various forms of historical drama? There are literary adaptions such as <em>War and Peace</em> and <em>The Miniaturist</em> that follow fictional families caught up in the events of a real places and times. There are depictions of real people such as those in <em>The Crown</em> and <em>Victoria. </em>There are dramas that play with time such as <em>Doctor Who</em> and <em>Timeless.</em> And there are dramas loosely based on real historical characters and/or original research such as <em>Jamestown, Harlots</em> and <em>Alias Grace</em>. Then there’s the question of emphasis: what is important when it comes to authenticity? If historians and critics were to dictate the terms, how far would we allow filmmakers to stretch historical truth?</p>
<p style="text-align:justify;">Go back further than 400 years, for example, and most of us would likely need subtitles to understand spoken English – do we want this? Complaints were made about the candlelit <em>Wolf Hall</em> being too dark, but would we want our films even darker? Perhaps we should insist on casting entirely new actors for every role so as not to confuse viewers? There is authentic and then there is nonsense – but the problem is, one person’s authentic is another person’s nonsense. The way I feel about a zip being on show during <em>The White Queen</em> will be wholly different to the way a costume historian might feel. Similarly, few will share my mild frustration at Charles II being portrayed as a despot in <em>New Worlds</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Noonan and Sodha might feel particularly irked at the misrepresentation of big historical characters in <em>The Crown</em>, but what about the lesser known people and lesser known features of historical drama – the décor, the costumes, the sounds, the dialogue?</p>
<p style="text-align:justify;">This is why we must allow filmmakers the freedom to create fiction as they see fit. Many do it exceedingly well. <em>Jamestown</em>, <em>Gunpowder</em>, <em>Harlots</em> and <em>Taboo</em> have all done something new with the drama and moved the historical conversation on in some way or another and <em>Timeless</em> reminds us that history is merely the sum total of a collection of decisions.</p>
<p style="text-align:justify;">This is not about fake history and truth, this is about good fiction and bad fiction and about historians having space to counter inaccuracies and offer the “real” history. It is also about filmmakers not being offended or surprised when this happens. As L P Hartley wrote, “the past is a foreign country; they do things differently there”. (Un)fortunately for us, it is a country we can never visit so let’s stop pretending our flat screen TVs can take us there. Until time machines exist, absolute truth in historical drama is not just an oxymoron, it is an impossibility.</p>
<p><strong>Voir par ailleurs:</strong></p>
<p><a href="http://www.nytimes.com/2007/08/19/movies/19lim.html"><strong>A Generation Finds Its Mumble</strong></a><br />
Dennis Lim<br />
NYT<br />
Aug. 19, 2007</p>
<p>RECENT rumblings — perhaps one should say mumblings — indicate an emerging movement in American independent film. Specimens of the genre share a low-key naturalism, low-fi production values and a stream of low-volume chatter often perceived as ineloquence. Hence the name: mumblecore.</p>
<p>More a loose collective or even a state of mind than an actual aesthetic movement, mumblecore concerns itself with the mundane vacillations of postcollegiate existence. It can seem like these movies, which star nonprofessional actors and feature quasi-improvised dialogue, seldom deal with matters more pressing than whether to return a phone call. When the heroine of “Funny Ha Ha” (2002), the film that kicked off the mumblecore wave, writes out a to-do list, the items include “Learn to play chess?” and “Fitness initiative!!”</p>
<p>But what these films understand all too well is that the tentative drift of the in-between years masks quietly seismic shifts that are apparent only in hindsight. Mumblecore narratives hinge less on plot points than on the tipping points in interpersonal relationships. A favorite setting is the party that goes subtly but disastrously astray. Events are often set in motion by an impulsive, ill-judged act of intimacy.</p>
<p>Artists who mine life’s minutiae are by no means new, but mumblecore bespeaks a true 21st-century sensibility, reflective of MySpace-like social networks and the voyeurism and intimacy of YouTube. It also signals a paradigm shift in how movies are made and how they find an audience. “This is the first time, mostly because of technology, that someone like me can go out and make a film with no money and no connections,” said Aaron Katz, whose movies “Dance Party USA” and “Quiet City” will be shown as part of a 10-film mumblecore series at the IFC Center that begins Wednesday and continues through Sept. 4.</p>
<p>Boosted in the last two years by enthusiastic word of mouth at film festivals and on blogs, movies like Mr. Katz’s have gained a following in the hipster enclaves where they are often set. Depending on how you define mumblecore, the category now includes 10 to 20 films. There have been a few commercial success stories and even the odd Hollywood flirtation. Jay and Mark Duplass’s “Puffy Chair” was released jointly by Netflix and the distributor Roadside Attractions and, thanks to aggressive promotion to Netflix subscribers, did well in theaters and even better on DVD. Andrew Bujalski, whose “Funny Ha Ha” and “Mutual Appreciation” are the best reviewed of the crop, is to write and direct an adaptation of “Indecision,” a novel by Benjamin Kunkel, for the producer Scott Rudin.</p>
<p>But for the most part mumblecore has stayed small precisely because it can. The need for traditional distribution deals is diminished when production costs are often as low as a few thousand dollars. “These filmmakers seem remarkably free of the anxiety you see in indie film directors who have brought their higher-budgeted films to festivals and are praying for them to sell,” said Scott Macaulay, a veteran indie producer and the editor of Filmmaker magazine, which recently ran a cover story on mumblecore. “The films feel more like dialogues between filmmakers and their audiences and less like calling cards to the studios.”</p>
<p>Alert to the business implications of the “long tail” theory about niche markets, the mumblecore crew has approached not just production but also distribution with a D.I.Y. mind-set. Mr. Bujalski’s first two films were self-distributed. Many of the directors have sold home-burned DVDs online.</p>
<p>Mumblecore’s origin myth locates the watershed at the 2005 South by Southwest Film Festival in Austin, Tex., which screened a cluster of small, superficially similar films (including “The Puffy Chair” and “Mutual Appreciation”). The filmmakers hit it off. At a bar one night Mr. Bujalski’s sound mixer, Eric Masunaga, coined the word “mumblecore.”</p>
<p>“It was an obnoxious name nobody liked and it was meant to be a joke,” said the director Joe Swanberg, who was at the festival that year with his first feature, “Kissing on the Mouth.” “But we haven’t been able to get rid of it.”</p>
<p>It was Mr. Bujalski who first publicly uttered the term in an interview with Indiewire.com. “I should apologize for that,” he said recently.</p>
<p>It’s only fitting that the etymology should be a point of contention, since the films in question often deal with the fraught process of identity formation. Journalists and bloggers have floated other tags, including the self-explanatory “bedhead cinema” and “Slackavettes,” in homage to the patron saint of American indie auteurs, John Cassavetes. The IFC Center series, despite using “mumblecore” in its publicity materials, is officially called “The New Talkies: Generation D.I.Y.”</p>
<p>Mr. Bujalski, speaking by phone from Austin, where he had just finished shooting his third feature, objected to the very idea of a movement. “It makes perfect sense for bloggers to sift through the films and pluck out commonalities,” he said. “But the reductive concept that we’re somehow the same — that bugs me.”</p>
<p>There are indeed striking differences among the so-called mumblecorps. Mr. Bujalski, 30, is the elder statesman, and his movies are the most artful and sophisticated of the bunch, not least for being shot on film instead of handheld video.</p>
<p>Mr. Swanberg, 25, is the most prolific and the most committed to improvisation. His new film, “Hannah Takes the Stairs,” which will have a weeklong run during the series, was shot without a script; he shares writing credit with the actors. The creator of “Young American Bodies,” a Web series on Nerve.com, he is much more sexually candid than his colleagues. In a notorious scene in “Kissing on the Mouth,” he actually masturbates on camera.</p>
<p>Mr. Katz, 25, is more sensitive than his peers to the aesthetic limits and possibilities of digital video and has a more poetic sense of place. Frank V. Ross, 26, has received less exposure than the others, perhaps because his films are rougher-hewn and emotionally harsher. His latest, “Hohokam,” features slightly older, sadder characters and plays like a sober sequel to the first-generation mumblecore films.</p>
<p>As in most artistic movements, there is cross-pollination and tacit one-upmanship. Mr. Swanberg said he made “Kissing on the Mouth” partly in response to Mr. Bujalski’s “Funny Ha Ha,” whose characters he found passive-aggressive.</p>
<p>But the prevailing spirit is of friendly collaboration. Two of the three male leads in Mr. Swanberg’s “Hannah” are played by Mr. Bujalski and Mark Duplass. Mr. Katz edited the film’s trailer. Mr. Swanberg appears in Mr. Katz’s “Quiet City” and Mr. Ross’s “Hohokam.” Since most of them live in different cities — Mr. Bujalski in Boston, Mr. Swanberg and Mr. Ross in Chicago, Mr. Katz in New York — film festivals function as social hubs, networking events and de facto casting sessions.</p>
<p>While many of these movies have screened at festivals, mumblecore is the sole significant American indie film wave of the last 20 years to have emerged outside the ecosystem of the Sundance Film Festival. (“The Puffy Chair” is the only one to have screened at Sundance; Mr. Bujalski and Mr. Swanberg have had films rejected by the festival.)</p>
<p>For credibility purposes the perception of the mumblecorps as underdog outsiders, too indie for Sundance, is hardly a bad thing. Especially not since South by Southwest, which takes place in March, two months after Sundance, has stepped up to serve as the movement’s unofficial headquarters. Matt Dentler, the producer of South by Southwest, said that a few years ago he resolved to “find films that bigger festivals wouldn’t be able to take a chance on.”</p>
<p>Despite the anti-Sundance image, mumblecore has ancestors in American indie cinema. Given that the films are often anthropological studies of 20-something mating rituals, attuned to the halting rhythms and circular digressions of actual speech, Richard Linklater is perhaps the most obvious forefather. (“Quiet City” is a scruffy cover version of Mr. Linklater’s meet-cute romance “Before Sunrise,” substituting the F train for the Eurostar.) Some critics have suggested loftier reference points like the French masters of talk Eric Rohmer and Jean Eustache.</p>
<p>For potential haters, mumblecore offers plenty of ammunition. The films are modest in scope, but their concentration on daily banalities can register as narcissism. Despite the movement’s communitarian ethos, from the outside it can seem incestuous and insular. Hardly models of diversity, the films are set in mostly white, straight, middle-class worlds, and while female characters are often well drawn, the directors are overwhelmingly male.</p>
<p>To their credit, most of these films offset their navel-gazing tendencies with a dose of skepticism. The filmmakers view their characters with empathy but don’t let them off the hook; Mr. Swanberg and Mr. Bujalski often assign themselves the least flattering roles available. “A lot of that is actual self-critique,” said Mr. Swanberg, whose “LOL” is a withering portrayal of masculine self-absorption in an age of high-tech addictions.</p>
<p>Mumblecore’s inherent emphasis on the transitional periods of life should in theory save it from an ignominious middle age. Even as this generational sensibility expands its reach — Mr. Swanberg spent part of the summer in London acting in a British mumblecore indie — its pioneers have already begun to outgrow it.</p>
<p>Mr. Katz is working on a ’70s-set screenplay that he said would be ill-suited to micro-budget methods. Mr. Swanberg got married this year and wants to explore new issues, “more societal and less personal,” he said. “If I have to watch another conversation on a couch, I’m going to kill myself.”</p>
<p>His fatigue also has to do with having made four films in three years. At the heart of the mumblecore movement is a utopian impulse: the merging of art and life. The danger, as Mr. Swanberg has found, is that the art can get in the way of the life. When he wrapped his fourth film, “Nights and Weekends,” he said, “I realized that because I’d been producing so much work, I hadn’t changed enough as a person between projects. At that point I couldn’t make another movie even if I’d wanted to, because I hadn’t had a life for so long.”</p>
<p><strong>Voir aussi:</strong></p>
</div>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.indiewire.com/2015/05/the-word-mumblecore-turns-10-years-old-this-year-can-we-stop-using-it-now-61414/">The Word &lsquo;Mumblecore&rsquo; Turns 10 Years Old This Year. Can We Stop Using It Now?</a><br />
Eric Kohn<br />
Indiewire<br />
May 29, 2015</p>
<p style="text-align:justify;">Almost exactly 10 years ago, Andrew Bujalski was being interviewed by Indiewire contributor Michael Koresky when the filmmaker made an off-the-cuff remark that would haunt him. Shortly after the premiere of Bujalski’s sophomore feature “Mutual Appreciation” at the South by Southwest Film Festival, the same week that his debut “Funny Ha Ha” landed on DVD, Bujalski was asked about other contemporary filmmakers whose work — as Koresky put it — “harmonized” with his own. Bujalski recalled rumblings of a “movement” at SXSW, the same year that Joe Swanberg’s debut “Kissing on the Mouth” premiered and the Duplass brothers’ “The Puffy Chair” won an audience prize.</p>
<p style="text-align:justify;">“My sound mixer named the movement ‘mumblecore,&rsquo;” Bujalski said, “which is pretty catchy.”<br />
In short order, Bujalski wouldn’t think so. Two years later, Joe Swanberg’s giddy comedy “Hannah Takes the Stairs” showed up at SXSW. The movie co-starred Bujalski and Mark Duplass opposite Greta Gerwig. The interweaving of filmmakers committed to ambling narratives about young Americans who babble about their interpersonal problems more than they do anything constructive with their lives stood out more than ever.<br />
That summer, roughly two years after Bujalski first casually dropped the term, mumblecore was everywhere. New York’s IFC Center showcased films by Bujalski, Swanberg and fellow chronicler of young adult anxieties Aaron Katz with a series entitled “The New Talkies,” which prompted The New York Times to run a feature headlined, “A Generation Finds Its Mumble.” But did it?<br />
[The Puffy Chair] While far from a premeditated movement, the perceptions associated with mumblecore stemmed from a real place: Several filmmakers less intrigued by the prospects of big budget studio filmmaking than naturalistic portraits of worlds they knew far better focused on similar topics; many of them worked within the confines of a tight-knit community, sharing resources and inspiration.<br />
The chatty, neurotic loners found in Bujalski’s first two movies wouldn’t seem out of place in Swanberg’s emerging universe of romantically confused twentysomethings, which could easily encompass the stars of the Duplass brothers’ “The Puffy Chair” or Katz’s “Quiet City.” Intentionally or not, mumblecore was an apt umbrella term that nailed these filmmakers’ predilection for lo-fi portraits of perpetual mumblers; the mumbling didn’t just take the place of the plot — it was the plot.<br />
Yet the organic roots of this tendency, aided by the advance of loose production methods associated with cheaper, digitally-enhanced filmmaking methods, meant that it resisted storytelling conventions in favor of unvarnished realism. The very possibility that any of these movies reflected a generic formula was paradoxical. How could anyone turn ordinary people living ordinary lives into cookie-cutter fodder for a newfangled genre?</p>
<p style="text-align:justify;">Fortunately, pushback to the notion of mumblecore held back its potential to overwhelm any of its filmmakers’ careers, and they’ve continued to diversify. Case in point: Bujalski’s charming “Results,” opening this week, shows the director’s penchant for capturing the hilarious nuances of awkward human relations on a much more complex scale than his previous efforts. With the slick, polished look of a studio production, the movie features Guy Pearce and Kevin Corrigan as the hilarious rivals for the affections of workout instructor Cobie Smulders. Corrigan, as Danny — the pudgy, jaded heir to a fortune he has no clue how to use — provides the perfect foil for the straightfaced, chiseled Pearce as Trevor, the manager of the gym where Smulders’ character Kat works.<br />
[Results] Bujalski’s plot veers in a number of different directions as it explores each of these figures’ uneasy mindsets while they attempt to find some modicum of satisfaction in their lives. At the same time, however, Bujalski maintains a clearly defined arc from start to finish: the longing that each character feels and their ongoing incapacity to express as much.<br />
While Pearce’s character prides himself on his gym’s capacity to improve one’s self-worth, he battles his own issues with self-esteem while keeping his insecurities private; Corrigan’s affluent loner pays the gym to send Smulders’ character over just so he can have some company, not realizing that on some level he’s not the bitter, selfish figure he attempts to play. Kat just wants some semblance of balance in her life. These interlocking priorities shift around with a series of comedically inspired showdowns that don’t exactly go anywhere big, but that’s part of the point. The big takeaway of “Results” is that the whole idea of expecting clear-cut results from anything in life is a misnomer.</p>
<p style="text-align:justify;">That cogent theme, realized with such delicately entertaining tropes, shows Bujalski’s growth as a filmmaker. Though not as bizarrely compelling as his wacky period comedy “Computer Chess,” a black-and-white chronicle of an 80’s-era computer conference, nor as enjoyably anarchic as “Funny Ha Ha,” on some level “Results” consolidates Bujalski’s appeal while amplifying its potential to speak to broader sensibilities. This isn’t mumblecore; it’s an Andrew Bujalski movie.</p>
<p style="text-align:justify;">So it goes for the other directors once lumped into this non-movement. Swanberg has signed on to write a studio project, and continues to churn out mostly lightweight comedies with greater clarity and refined performances. The Duplass brothers have diversified by translating their interest in goofy anti-heroes to the television arena with “Togetherness.” Katz’s most recent movie, the endearing Icelandic road comedy “Land Ho!,” focused on a pair of would-be retirees at least three times as old as the average “mumblecore” hero. Can we stop using that term now?<br />
While it might strike some as counterintuitive to call for a moratorium on “mumblecore” even as such a decree brings further attention to the term, it should be noted that the concept of mumblecore persists in the ongoing perception of American independent film to the detriment of its continuing diversification. Younger filmmakers as far-reaching as Nathan Silver, Josephine Decker and Matias Piñero have been described in terms of their mumblecore sensibilities, though each of them have displayed wildly different cinematic tendencies in their fast-growing bodies of work. The shadow of mumblecore already weighs down heavily enough on Bujalski and his peers; what’s worse is the possibility that its reductive powers could swell to newcomers as well.<br />
If audiences are indeed going to see the movie, not the movement, “Results” is a pretty good place to start. Then work backwards. The playful ensemble scopes of “Computer Chess” and “Mutual Appreciation” demonstrate the sheer scope of Bujalski’s ability to toy with miscommunication. “Beeswax,” on the other hand, shows his tender side.<br />
In short, Bujalski’s filmography deserves a second look devoid of any exterior noise from the conditions surrounding its creation. Whether or not there was ever some kind of movement, there were certainly plenty of great movies associated with it.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Voir également:</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="http://www.indiewire.com/2015/05/results-director-andrew-bujalski-doesnt-want-you-to-call-his-movies-mumblecore-61432/"><strong>&lsquo;Results&rsquo; Director Andrew Bujalski Doesn&rsquo;t Want You to Call His Movies ‘Mumblecore’</strong></a><br />
Anya Jaremko-Greenwold<br />
Indiewire<br />
May 29, 2015</p>
<p style="text-align:justify;">Back in 2002, Andrew Bujalski became known for pioneering the “mumblecore” movement with his debut film “Funny Ha Ha.” The term usually refers to indie films made on small budgets, featuring natural dialogue and starring amateur actors. But with his new movie “Results,” Bujalski breaks away from the shackles of his old signifier. Starring big names like Cobie Smulders, Guy Pearce, and Kevin Corrigan, “Results” is more structured and accessible than the director’s past efforts.</p>
<p style="text-align:justify;">Set in Austin, “Results” splits equal time between three strange and lonely characters. Danny (Corrigan) has recently inherited a large sum of money, but has no one to share it with. Depressed and a little flabby, he tries to get in shape by hitting the local gym. He meets perfectionist and health guru Trevor (Pearce), and begins working with a prickly, slightly nutty personal trainer named Kat (Smulders). A love triangle emerges between the three; the story could technically be classified a rom-com, but the relationships don’t progress as you might expect. The film is more loose and unconventional. “Results” seems to vaguely continue the narratives of those listless 20-somethings who appeared in Bujalski’s early work; they’re adults now, but as confused as ever.</p>
<p style="text-align:justify;">The film open in select theaters on May 29 and is available to watch On Demand through Time Warner Cable.</p>
<p style="text-align:justify;">This is a more commercial movie than has been typical for you.</p>
<p style="text-align:justify;">I hope so!</p>
<p style="text-align:justify;">It has bigger names and more of a rom-com formula. Your previous films were sort of meandering, and had mostly non-professional actors. Did you want “Results” to have mass appeal?</p>
<p style="text-align:justify;">Oh, for sure. It’s a different kind of moviemaking from the ground up. The genesis of this was trying to build something different than I was accustomed to.</p>
<p style="text-align:justify;">How does the process of working with a bigger budget differ most from the process of making a small indie?</p>
<p style="text-align:justify;">Filmmaking is filmmaking, so a lot of the process is the same, and a lot of the same instincts certainly serve you in both worlds. I should note too, certainly by professional moviemaking standards, that this would still be considered a pretty cheap, scrappy little indie. But of course it was more money than I was used to having around. Not that all of that money was being spent on luxuries! It felt, in some ways, even more tightly scheduled, and almost like we had fewer luxuries than before.</p>
<p style="text-align:justify;">I feel like the military metaphor is always apt for filmmaking: what I’m used to, in a sense, is this guerrilla style, where it’s all hands on deck. Everybody is running and contributing and putting their hands on everything, and doing whatever it takes to survive in the jungle. Whereas, once you do have dozens of people on set, the structure becomes more hierarchical, and more about chain of command. It took some adjusting to; my job becomes like a general sitting behind a desk somewhere, while everyone else does all the work. The professional actors are very used to that; they live and breath in that zone.</p>
<p style="text-align:justify;">I’d say the biggest difference working with pros v. non-pros is all of their training, like they’re so used to getting dropped into unusual situations and adverse conditions and having to deliver something really strong without getting to take a breath. What’s nice about that is, they show up super-prepared and basically bulletproof. The drawback, of course, is that I was often looking to breath some vulnerability back in. With non-professionals, you’ve got plenty of vulnerability, and it’s all about working with them to get to a certain confidence and structure. And with professionals, that structure is all there, and if anything, we’re chipping away at that.</p>
<p style="text-align:justify;">Even though the film had a bigger budget, it still feels intimate. Your projects tend to feature a lot of natural-sounding dialogue, which seems improvised—but it’s usually scripted. Did your actors improvise at all here?</p>
<p style="text-align:justify;">They brought little things here and there. These guys, this is their job. They’re so used to taking what’s on the page, and mastering it, and finding a way to make it their own and make it natural. But by and large, I’m working with people who are very accustomed to respecting the page. And again, if anything, it’s my job to try and chip away at that respect.</p>
<p style="text-align:justify;">It’s hard to write natural dialogue. Another Austin guy who does it well is Richard Linklater. Cobie Smulders hasn’t had too many leading roles in features. Here, we get to see her be funny, sexy and so different from how she is on “How I Met Your Mother.” I know you wrote the film with specific actors in mind. Why did you want Cobie for the part?</p>
<p style="text-align:justify;">I did have Guy Pearce and Kevin Corrigan in mind and was extraordinary lucky to be able to pull both of them into it. Starting with those two guys in mind, part of what made me laugh, was to think about those two. For all the surface dissimilarities between Guy and Kevin, there is some oddball kind of overlap between them. Part of it is a certain kind of inscrutability—part of what makes them both interesting as actors is that you never know what either of those guys is thinking. I knew if I was gonna write for two inscrutable guys, I needed something else. I needed an explosive and very warm woman between them, and I didn’t know who was going to play that. I never had quite so clear an image of who that actor would be. So I feel incredibly lucky and blessed to have found Cobie. I didn’t know her work; she’s only made things that are really successful, like “HIMYM” or “The Avengers,” and I haven’t seen those things. But when you’re making a movie in that world, the agents throw names at you, and I did my little YouTube research, and then got on a Skype call with her, and really liked her. The vibe felt good immediately. Went out to LA, and we ran a screen test. I knew from that first take, I could see the movie starting to work.</p>
<p style="text-align:justify;">Was Cobie already in incredible shape when she got to set, or did she train for the role?</p>
<p style="text-align:justify;">I think she was coming off “Avengers,” so… she’s also kind of a freak of nature. I don’t really understand. She was pregnant when we shot! Ordinarily, I wouldn’t advise a pregnant woman to go do a movie like this [laughs]. We talked about it a lot. It was certainly a concern, going in. But in terms of her psychological toughness… I saw her at Sundance in January, I think the baby was three weeks old or something, and Cobie, of course, looked amazing. She has a freakish body and a freakish mind. So we took advantage of it!</p>
<p style="text-align:justify;">The chemistry between the three characters is offbeat and great. Guy Pearce made a lot of sense for the story, because he was a former bodybuilder in Australia, and he’s still in impressive shape. But both he and Kevin are unlikely candidates for a rom-com. What was it like working with the two of them together?</p>
<p style="text-align:justify;">I had no idea what was going to happen when I put the two of them in a room together. They do have a lot in common; they’re both these journeyman actors. They’re both eccentrics. Kevin wears his eccentricity very plainly and that’s what he’s built his career on; but if you spend a minute getting to know them, Guy is every bit as weird as Kevin—if not weirder. It was fun to watch them play off each other. It was a sort of fascinating mélange between Guy, Kevin and Cobie. All three were super seasoned, dyed-in-the-wool actors, with such different backgrounds and approaches. A lot of the fun was in trying to make these pieces fit together and watching them bounce off of each other.</p>
<p style="text-align:justify;">[Results] The film’s narrative deals with the health craze that’s gripping our nation, an obsession with personal training and eating right. You’ve spoken about the idea of “self-improvement culture,” or making a better version of yourself. Are you mocking this notion, or promoting its possibilities, or both?</p>
<p style="text-align:justify;">Myself, and a lot of people I know, have these conflicted relationships with it. It’s certainly easy to laugh at a lot of that world, but obviously there’s something to it. What interested me is this idea of self-improvement, that whether it’s through work or buying products, you can make yourself better. There’s some sort of obvious truth to much of it, on the one hand. It is a fact that if you go to the gym everyday, or even a few times a week, your body will change, and will probably change in ways that you like. So they are selling something valuable. On the other hand, there’s always a human tendency to think that by fixing or improving one thing, you’re going to improve everything. That you’re gonna be a better person. That’s clearly not true. No matter how much you go to the gym or what amazing organic food you buy, you’re still you. Whatever was haunting you in the first place is probably still there. I felt within that, there was a lot of room for humor and to explore. A lot of our culture is caught between these two facts: that it is possible to make things better, but we always trick ourselves into thinking we’re going to make everything better. And we never do. But it’s hard; it’s against our human nature to just accept reality when it comes to these things.</p>
<p style="text-align:justify;">Your films have coined the term “mumblecore.” How do you feel about it? Is it a good descriptor for your work?</p>
<p style="text-align:justify;">I never thought it was a good descriptor. The word is 10 years-old now, I guess. So it’s been around long enough that it’s taken on its own life, and I don’t bristle so much at it as I used to. It felt so specifically affixed… it was just this thing I couldn’t get off of me, that was going to be on my gravestone. You spend years and years on something, you put your life into a movie, your blood, sweat, and tears, and then people say, “Hey, there’s this new mumblecore trend.” And that’s what people want to talk about. There’s a frustration there, mostly that springs from a fear that people are not going to see the movie. The word has enough cache now… and I don’t know that people care so much as they used to. I think the faddishness has come and gone, which is great.</p>
<p style="text-align:justify;">People aren’t using it to describe this new movie, so much.</p>
<p style="text-align:justify;">Well, it will still be in most things that are written about it! It will be on my tombstone. But that’s fine. I’ll be dead.</p>
<p style="text-align:justify;">People love to categorize things. It’s an easy way of identifying what you do.</p>
<p style="text-align:justify;">Yeah, I get that. I was in high school when Nirvana and Pearl Jam were tearing up the charts. You’d hear and read about this thing called “grunge.” And I kind of got it, as a fashion thing. They both wore flannel shirts. But then I would listen to their songs, and I would be like, This doesn’t sound anything like each other… why are we calling this a musical movement? For whatever they had in common, the music was so different. That’s what bugged me. But ultimately, I’ve come to terms with it; it’s not about the music or the movies, when you talk about these categories. It has nothing to do with the aesthetics, per se. It has more to do with pop cultural history, and shared influences, and a moment in time. I get now that nobody was talking about the content or the feelings of my movies or how they worked.</p>
<p style="text-align:justify;">[Results] You acted in your first few films (“Funny Ha Ha” and “Mutual Appreciation”). How is it different directing without also being in front of the camera? It is easier?</p>
<p style="text-align:justify;">I think so. It’s been a while since I directed myself. I occasionally fantasize about doing it again. I’m not sure what would be the right project for it. I’d love to, if there were the right moment. But I did feel like I pretty well explored my range. When I did the first movie, I thought it went well, and then when I did the second movie, I thought, Let me see what else I’ve got. And then at the end of that, I thought, I kind of went A to B there, and that’s the range I have.</p>
<p style="text-align:justify;">Do you think you’ll continue to work with professional actors?</p>
<p style="text-align:justify;">That’s the short-term intention. I got a mortgage and I got two kids, so it would be cool if I could make movies and get paid for it. That seems to involve professional actors these days. My dreams and enthusiasm are kind of all over the place. I have dreams for things that might make sense as great big expensive movies, and I still have plenty of dreams for things that I should be doing in my backyard. It’s always a matter of what you think you can get away with at any moment. I think filmmakers, by their nature, are always sort of scam artists, looking for the angle, looking for where you can sneak in. Very rarely in the 21st century, almost never, is the path clear and easy. It’s always some trick you have to pull off.</p>
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