<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?><oembed><version><![CDATA[1.0]]></version><provider_name><![CDATA[jcdurbant]]></provider_name><provider_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com]]></provider_url><author_name><![CDATA[jcdurbant]]></author_name><author_url><![CDATA[https://jcdurbant.wordpress.com/author/jcdurbant/]]></author_url><title><![CDATA[Edwy Plenel: C&rsquo;est la logique du bouc émissaire, imbécile ! (It&rsquo;s scapegoating, stupid&nbsp;!)]]></title><type><![CDATA[link]]></type><html><![CDATA[<h5 style="text-align:justify;"><em><i><img loading="lazy" data-attachment-id="42552" data-permalink="https://jcdurbant.wordpress.com/2018/04/16/edwy-plenel-cest-la-logique-du-bouc-emissaire-imbecile-its-scapegoating-stupid/chaillot/" data-orig-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg" data-orig-size="650,455" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Chaillot" data-image-description="" data-image-caption="" data-medium-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=300" data-large-file="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=650" class="wp-image-42552 alignleft" src="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=450&#038;h=315" alt="Chaillot" width="450" height="315" srcset="https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=450&amp;h=315 450w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=150&amp;h=105 150w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg?w=300&amp;h=210 300w, https://jcdurbant.files.wordpress.com/2018/04/chaillot.jpg 650w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></i></em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em> </em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em><i><a class="td-modal-image" href="https://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2018/04/macron-eveques-islam-laicite.jpg"><img class="entry-thumb alignleft" title="macron-eveques-islam-laicite" src="https://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2018/04/macron-eveques-islam-laicite-1200x726.jpg" alt="macron eveques islam laicite" width="450" height="272" /></a></i></em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em><i><img class="img-responsive alignleft" src="https://img.aws.la-croix.com/2018/03/23/1200925742/LC-20180319-jeunes-sondage-v4_0_729_654.jpg" alt="" width="450" height="404" /></i></em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em><i>N&rsquo;allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. Je suis venu opposer l&rsquo;homme à son père, la fille à sa mère et à la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemi les gens de sa famille.</i></em> Jésus (Matthieu 10, 34-36)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><strong><em>Alors le roi dira (&#8230;) j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli; j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. </em><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Matthew%2025&amp;version=LSG">Jésus</a> (Matthieu 25: 34-40)</strong></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié.</em> <a href="http://ermitage.ouvaton.org/spip.php?article89">Nietzsche</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>A cause de l&rsquo;influence judaïque et chrétienne, le phénomène ne se produit plus à notre époque que de façon honteuse, furtive, clandestine. (&#8230;) </em><em>Entre les phénomènes d&rsquo;expulsion atténuée que nous observons tous les jours dans notre monde et le rite antique du bouc émissaire aussi bien que mille autres rites du même genre, les analogies sont trop parfaites pour  ne pas être réelles. Lorsque nous soupçonnons nos voisins de céder à la tentation du bouc émissaire, nous les dénonçons avec indignation. Nous stigmatisons férocement les phénomènes de bouc émissaire dont nos voisins se rendent coupable, sans  parvenir à  nous passer nous-mêmes de victimes de rechange. Nous essayons tous de croire que nous n&rsquo;avons que des rancunes légitimes et des haines justifiées mais nos certitudes en ce domaine sont plus fragiles que celles de nos ancêtres. Nous pourrions utiliser avec délicatesse la perspicacité dont nous faisons preuve à l&rsquo;égard de nos voisins, sans trop humilier ceux que nous prenons en flagrant délit de chasse au bouc émissaire mais, le plus souvent, nous faisons de notre savoir une arme, un moyen non seulement de perpétuer les vieux conflits mais de les élever au niveau supérieur de subtilité exigé par l&rsquo;existence même de ce savoir, et par sa diffusion dans toute la société. Nous intégrons à nos système de défense, en somme, la problématique judéo-chrétienne. Au lieu de nous critiquer nous-mêmes, nous faisons un mauvais usage de notre savoir, nous le retournons contre autrui et nous pratiquons une chasse du bouc émissaire au second degré, une chasse aux chasseurs de bouc émissaire. La compassion obligatoire dans notre société autorise de nouvelles formes de cruauté. (&#8230;) La perspicacité au sujet des boucs émissaires est une vraie supériorité de notre société sur toutes les sociétés antérieures, mais, comme tous les progrès du savoir, c&rsquo;est aussi une occasion de mal aggravé. Moi qui dénonce les boucs émissaires de mes voisins avec une satisfaction mauvaise, je continue à tenir les miens pour objectivement coupables. Mes voisins, bien entendu, ne se font pas faute de dénoncer chez moi la perspicacité sélective que je dénonce chez eux. Les phénomènes de bouc émissaire ne peuvent survivre dans bien des cas qu&rsquo;en se faisant plus subtils, en égarant dans des méandres toujours plus complexes la réflexion morale qui les suit comme leur ombre. Nous ne pourrions plus recourir à un malheureux bouc pour nous débarrasser de nos ressentiments, nous avons besoin de procédures moins comiquement évidentes. C&rsquo;est la privation des mécanismes victimaires et à ses conséquences terribles que Jésus fait allusion, je pense, quand il présente l&rsquo;avenir du monde christianisé en termes de conflits entre les êtres les plus proches. Dans un univers privé de protections sacrificielles, les rivalités mimétiques se font souvent moins violentes mais s&rsquo;insinuent jusque dans les rapports les plus intimes. (&#8230;) Loin de diminuer à mesure que le christianisme s&rsquo;éloigne, son intensité augmente. (&#8230;) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d&rsquo;abord sur les victimes qu&rsquo;on s&rsquo;accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l&rsquo;hypocrisie  de toute lamentation; on se lamente enfin sur le christianisme, indispensable bouc émissaire car il n&rsquo;est pas de rit sans victime et, de nos jours, la victime, c&rsquo;est toujours lui: il est </em>the scapegoast of last resort<em> (&#8230;) Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont toujours celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (&#8230;) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête. (&#8230;) La surenchère permanente transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. (&#8230;)  </em><em>L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le triomphe du souci des victimes, ce n&rsquo;est pourtant pas le christianisme qui en profite dans notre monde, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il faut appeler l&rsquo;autre totalitarisme, le plus malin des deux, le plus riche d&rsquo;avenir, de toute évidence, ausi bien que de présent, celui qui, au lieu de s&rsquo;opposer ouvertement aux aspirations judéo-chrétiennes, les revendique, comme sa chose à lui, et conteste l&rsquo;authenticité du souci des victimes chez les chrétiens (non sans sans une certaine apparence de raison au niveau de l&rsquo;action concrète, de l&rsquo;incarnation historique du christianisme réel au cours de l&rsquo;histoire). Au lieu de s&rsquo;opposer franchement au christianisme, l&rsquo;autre christianisme le déborde sur sa gauche. (&#8230;) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Dans le langage symbolique du Nouveau Testament, on peut dire que que, pour essayer de se rétablir et de triompher à nouveau, Satan dans notre monde emprunte le langage des victimes. Satan  imite de mieux en mieux le Christ et prétend le dépasser. (&#8230;) C&rsquo;est le processus que le Nouveau Testament évoque dans le langage de </em>l&rsquo;Antéchrist<em>. (&#8230;) </em>L&rsquo;Antéchrist<em> se flatte d&rsquo;apporter  aux hommes la paix et la tolérance que le christianisme leur promet mais ne leur apporte pas. En réalité, ce que le radicalisation de la victimologie contemporaine apporte, c&rsquo;est un retour très effectif à toutes sortes d&rsquo;habitudes païennes, l&rsquo;avortement, l&rsquo;euthanasie, l&rsquo;indifférenciation sexuelle, les jeux de cirque à gogo, mais sans victimes réelles, grâce aux simulations electroniques, etc. Le néo-paganisme veut faire du Décalogue et de toute la morale judéo-chrétienne une violence intolérable  et leur abolition complète  est le premier de ses objectifs. L&rsquo;observance fidèle de la loi morale est perçue comme une complicité avec les forces de persécution qui seraient essentiellement religieuses.</em> <em>Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. Ce néo-paganisme situe le bonheur dans l&rsquo;assouvissement des désirs et, par conséquent, dans la suppression de tous les interdits. L&rsquo;idée acquiert un semblant de vraisemblance dans le domaine limité des biens de consommation dont la multiplication prodigieuse, grâce au progrès technique, atténue certaines rivalités mimétiques, conférant une apparence de plausibilité à la thèse qui fait de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution. </em><a href="https://www.amazon.fr/vois-Satan-tomber-comme-l%C3%A9clair/dp/2253942642">René Girard</a> (<em>Je vois Satan tomber comme l&rsquo;éclair</em>, pp. 241-279, 1999)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016). Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu. (&#8230;) Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant « sans religion » tiennent l’existence de Dieu pour « certaine ou probable ». (&#8230;) La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent « facile » d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela « très facile »). Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes. (&#8230;) Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes. Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ?</em> <a href="https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Dieu-existe-majorite-jeunes-Francais-2018-03-23-1200925742">La Croix</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes. Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. (&#8230;) Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme. (&#8230;) « Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur, confirme Mgr Bordeyne. Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. </em><a href="https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Dieu-existe-majorite-jeunes-Francais-2018-03-23-1200925742">Mgr Philippe Bordeyne</a> (Institut catholique de Paris)</h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres. (&#8230;) L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales. (&#8230;) le sentiment de discrimination (&#8230;) a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.(&#8230;) Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante». (&#8230;) en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.(&#8230;) je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui. </em><a href="http://www.liberation.fr/debats/2018/04/04/olivier-galland-l-effet-islam-explique-mieux-la-radicalite-que-des-facteurs-sociaux_1641050">Olivier Galland</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>The general feeling shared by Jews, as individuals and as a community, is that anti-Semitism has entered a new phase, and is widespread in most parts of the world. In many parts of Europe, Jewish communities and institutions can only operate under strict security measures. Fences, surveillance and police and military protection have become part of our daily lives. In parallel, as our institutions become bunkers, helpless individuals become more vulnerable to isolated attacks. What evil can compel someone to commit some gruesome, despicable crimes? The answer is very clear, anti-Semitism de-humanizes Jews. And when people, Jews, we are de-humanized, anything goes.</em> <a href="http://www.breitbart.com/jerusalem/2018/04/12/european-jews-facing-anti-semitism-levels-unseen-since-second-world-war/">Dr. Moshe Kantor</a> (European Jewish Congress)</h5>
<div class="" style="text-align:justify;">
<h5 class="_1mf _1mj"><em>Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions. Le problème &#8230; réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé. Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique.</em> Anne-Marie Chazaud</h5>
</div>
<h5 style="text-align:justify;"><em><span class="text_exposed_show">Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. </span></em><span class="text_exposed_show">Sartre (préface des « Damnés de la terre » de Franz Fanon, 1961)</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>L&rsquo;action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l&rsquo;amiable que les réactionnaires arabes s&rsquo;apprêtaient à conclure avec Israël [&#8230;] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation [&#8230;] A Munich, la fin si tragi<span class="text_exposed_show">que, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l&rsquo;assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d&rsquo;aller au carnage. </span></em><span class="text_exposed_show">Edwy Plenel (alias Joseph Krasny)</span></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël.</em> <a href="https://www.liberation.fr/checknews/2018/04/04/en-1972-dans-la-revue-rouge-edwy-plenel-a-t-il-vraiment-declare-etre-solidaire-des-terroristes-des-j_1653472"><span class="text_exposed_show">Edwy Plenel</span></a><em><span class="text_exposed_show"><br />
</span></em></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine. (&#8230;) Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire. Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stigmatiser l’islam, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, le voile, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement. Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.</em> <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1446183-20140919-edwy-plenel-chance-france-etre-aujourdhui-premier-pays-musulman-europe">Edwy Plenel</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l&rsquo;islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (&#8230;) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d&rsquo;une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (&#8230;) Aujourd&rsquo;hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction &#8211; il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France &#8211; . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu&rsquo;est notre peuple. (&#8230;) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n&rsquo;y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés</em>. <a href="http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/islam-edwy-plenel-publie-un-plaidoyer-pour-les-musulmans-7774324620">Edwy Plenel</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Sur ces questions Mandela a été très ferme (&#8230;) En 2001, aux Etats-Unis, lors d&rsquo;une conversation avec Thomas Friedman, un journaliste américain spécialisé dans le Proche-Orient, il lui dira: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus exactement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid&nbsp;&raquo; car, dit-il, &laquo;&nbsp;les Palestiniens ne luttent pas pour un &laquo;&nbsp;Etat&nbsp;&raquo; mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.&nbsp;&raquo; En revanche, il soulignait, sur les questions de la justice, de la terre, de l&rsquo;occupation: &laquo;&nbsp;Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, que Jérusalem est toujours sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’Etat indépendant mais sont sous domination économique israélienne, avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau, de la mer. (&#8230;) Israël, c&rsquo;était  la conclusion de Mandela, ne pense pas à un &laquo;&nbsp;Etat&nbsp;&raquo; mais à une &laquo;&nbsp;séparation&nbsp;&raquo; avec des guillemets qui renvoient à l&rsquo;apartheid. Je voudrais rappeler cela pour un peu déranger et montrer l&rsquo;actualité de ces combats. </em><a href="http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-edwy-plenel-podcast-2013-12-11#.UqgLcaFeUKk.twitter">Edwy Plenel</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>Il ne s’agit pas ici de transformer Mandela en héraut du combat pour les droits nationaux des Palestiniens, même s’il n’a jamais fait mystère de son soutien à la lutte contre l’occupation israélienne. Mandela a toujours été, sur ce terrain, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’est pas le cas de Mandela, contrairement à ce que croient ceux qui ont pris pour argent comptant un “Mémo de Nelson Mandela à Thomas Friedman” dénonçant “l’apartheid israélien”, qui est en réalité un exercice de style rédigé par Arjan el-Fassed. </em><a href="http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/p/comme-la-rappele-pierre-haski-de-rue89.html">Julien Salingue</a></h5>
<h5 style="text-align:justify;"><em>The main purpose of the Mandela-memo was to respond in a satirical way to Thomas Friedman using the exact same style and even phrases he uses in his columns. Obviously, the ‘mock memo’ had been forwarded to several e-mail lists containing the memo, which originally included the title “Mandela’s First Memo to Thomas Friedman” and a byline “by Arjan El Fassed”, but eventually was forwarded without my name and sometimes without title. I posted the ‘mock memo’ myself on 30 March on an mailinglist of Al-Awda. Despite this, I’ve seen it several times being posted on the same list, something that gives you an idea of the lack of attention many people give to material they forward. In various posts I read, the subject title was changed for example, “Mandela supports…”, “must read”, etc. Perhaps it was wishful thinking. If Nelson Mandela would seriously have written to the New York Times, wouldn’t the New York Times just publish it? Moreover, I believe Nelson Mandela has better things to do then responding to columns written by Thomas Friedman.</em> <a href="http://arjanelfassed.tumblr.com/post/431008597/mandela-memo">Arjan El Fassed</a></h5>
<div class="_17eQzhTE2JdGF_ofKYtBOj allowTextSelection v7MUvrKA15ArxAXlRHADG" style="text-align:justify;">
<div class="_2gwXsWwfiFI6q0mEYorlkb v7MUvrKA15ArxAXlRHADG">
<div class="_2M74LprxhoICcazYJxzXvP">
<h5><em>En adoubant Plenel, [Emmanuel Macron] intronise un homme qui, il y  quelques mois, quand les menaces de mort pleuvaient sur le journal de Charb pour cause de lèse-Ramadan (Tariq), a cru bon d’en rajouter en écrivant que Charlie menait « une guerre contre les musulmans ». Le patron de Mediapart ne voulait sans doute pas délivrer un blanc-seing aux assassins. Vexé comme un pou d’avoir été épinglé par Charlie avec l’ex-idole des jeunes musulmans, il avait réagi par un pétage de plomb ridicule et pathétique, invoquant, entre autres balivernes,  l’Affiche rouge des nazis sur le réseau Manouchian. Cet incident aurait dû, au minimum entamer son crédit. Mais, étrangement pour un homme qui a fait du « pas de pardon » le cœur de son éthique journalistique, Plenel survit à tous ses ratages – pour être polie. (&#8230;) Au moins sera-t-on d’accord avec lui sur un point, le patron de Mediapart n’est pas n’importe quel journaliste. Il est doublement idéologue, animé par une vision robespierriste du monde et de son métier. On suppose qu’il sera poli et se gardera de rappeler à son partenaire d’un soir, Jean-Jacques Bourdin, sa condition de salarié de Patrick Drahi. Convaincu d’incarner le seul et vrai journalisme, Plenel adore faire la leçon au reste de la profession et citer Mediapart comme l’étalon de la vertu. Mais on dirait que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est faire peur. C’est bien sûr un hasard si, sur certaines photos, il présente une ressemblance frappante avec Staline. Reste qu’au nom de l’intérêt supérieur de la démocratie dont il estime avoir la charge, il pratique un journalisme policier et redresseur de torts dont la réussite se mesure au nombre de têtes qu’il fait tomber. Il aimerait bien, en guise d’apothéose, faire rouler celle de Sarkozy, mais en dépit d’un acharnement qui a stimulé le zèle des juges, son affaire de financement libyen ne semble guère inquiéter l’entourage de l’ex-président. Plenel défend en outre une conception particulière de la France et du monde, qu’il a lui-même définie comme une forme de trotskisme culturel et qui est à la croisée du nuitdeboutisme et de l’indigénisme, le tout noyé dans un fond de sauce anticapitaliste et tiers-mondiste. Ainsi, depuis le 7 janvier 2015, s’évertue-t-il à nous expliquer que le principal danger qui menace la France, c’est l’islamophobie, tandis qu’une représentante de sa rédaction affirme candidement sur un plateau de télévision que « l’islam radical n’est pas un gros problème ». Toujours prompt à dénoncer le « racisme d’Etat » et la résurgence d’un pétainisme qu’il ne craint pas de déceler chez Alain Finkielkraut, Edwy Plenel prétend œuvrer « pour les musulmans », titre de l’un de ses ouvrages, mais il a choisi les fondamentalistes contre tous ceux et plus encore toutes celles qui, dans les quartiers islamisés, se battent contre la pesante domination des barbus. J’ignore quels sombres calculs de communicants ont présidé au choix de l’Elysée. On n’ose penser qu’il vise à neutraliser le pouvoir de nuisance plenélien. S’agit-il, pour Emmanuel Macron, d’apparaître comme le porte-parole de la gauche raisonnable ? De montrer qu’il ne craint pas d’affronter un adversaire dont les frisottis de moustache et les plissements d’yeux  en ont terrassé plus d’un ? Alors que la question de la laïcité et de la capacité de l’islam à s’y conformer organise un clivage bien plus existentiel que le clivage droite/gauche, alors que le séparatisme islamiste, et l’antisémitisme qui va avec, continuent à progresser, choisir comme interlocuteur un homme qui refuse de les nommer, c’est adresser un signal déplorable à l’ensemble du camp laïque. Et c’est une insulte à la mémoire de Charb, Cabu et de tous les morts de Charlie Hebdo.</em> <a href="https://www.causeur.fr/edwy-plenel-macron-islam-charlie-150448">Elisabeth Lévy</a></h5>
<h5><em>Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans. Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République. Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français ! Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.</em> <a href="https://www.causeur.fr/macron-bourdin-plenel-interview-bfm-150605">Roland Jaccard</a></h5>
<h5><em>Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême. Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la V<sup>e </sup>République, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne. Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice. Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société (&#8230;). Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille (voir notre article Le roi Soleil, la France sommeille). Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient. Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État. Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés (&#8230;). Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir. Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent. Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart.</em> <a href="https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/060418/entretien-avec-emmanuel-macron-dimanche-15-avril-rendez-vous-des-19h-sur-mediapart">Médiapart</a></h5>
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<div class="rps_27ae">
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<div><strong> Attention: un bouc émissaire peut en cacher un autre !</strong></div>
<div></div>
<div>En ces temps étranges où le religieux semble faire son retour &#8230;</div>
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<div></div>
<div>A <a href="https://www.youtube.com/watch?v=709aTNMdVaI" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Hollywood</a> et dans le cinéma <a href="https://www.youtube.com/watch?v=SQtjjhniivA" target="_blank" rel="noopener noreferrer">français</a> &#8230;</div>
<div></div>
<div>
<div>Comme, <a href="https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Dieu-existe-majorite-jeunes-Francais-2018-03-23-1200925742">sondages</a> à l&rsquo;appui mais avec une sur-radicalité du côté musulman, dans la jeunesse française &#8230;</div>
</div>
<div></div>
<div>
<div>Et où après une première allocution où il  avait appelé, ouvrant la voie à d&rsquo;autres communautés religieuses, à une plus grande mobilisation politique des catholiques &#8230;</div>
<div></div>
<div>Le président vient de nous  octroyer un entretien télévisé &#8230;</div>
<div></div>
<div>Présenté,  dans toute la simplicité art-déco du théâtre de Chaillot avec vue, s&rsquo;il vous plait, sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars &#8230;</div>
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<p>Comme en totale rupture avec <em>&laquo;&nbsp;</em>six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
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<div id="block-valeurs-actuelles-content" class="block block-system block-system-main-block">
<div class="content">
<article class="node main-node node--type-article node--promoted node--view-mode-full clearfix anonymous" role="article">
<div class="node__content clearfix">
<div>Sous le feu roulant notamment des questions d&rsquo;un journaliste qui il y a 40 ans appelait au <a href="http://www.valeursactuelles.com/societe/quand-plenel-etait-solidaire-de-laction-des-terroristes-des-jo-de-munich-94501#sthash.CizcqNW3.gbpl">soutien inconditionnel</a> des terroristes des Jeux de Münich &#8230;</div>
<div></div>
<div>Ou, plus récemment, <a href="http://www.valeursactuelles.com/societe/video-quand-edwy-plenel-encensait-tariq-ramadan-un-intellectuel-tres-respectable-90394">encensait un théologien islamiste</a> actuellement en prison pour violences sexuelles présumées &#8230;</div>
<div></div>
<div>Comment ne pas repenser &#8230;</div>
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<div>A la relecture de l&rsquo;interview que ce dernier avait accordé à 20 minutes il y a quatre ans à l&rsquo;occasion de son</div>
<div>J&rsquo;accuse pour les musulmans &#8230;</div>
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</article>
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<div>Dans laquelle il dénonçait la bouc-émissarisation de ceux-ci par la société française &#8230;</div>
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<div>A l&rsquo;avertissement du regretté René Girard &#8230;</div>
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<div>Sur la double face du savoir tout particulier que les textes judéo-chrétiens ont mis à la disposition de l&rsquo;Occident et de proche en proche à la planète entière &#8230;</div>
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<div>A savoir ce <a href="https://jcdurbant.wordpress.com/2006/07/24/afrique-au-dela-de-la-solidarite-africaine-ce-singulier-souci-des-autres-back-on-line/">souci</a> singulier et cette sensibilité proprement inouïe aux victimes &#8230;</div>
<div></div>
<div>Mais aussi la tentation d&rsquo;utiliser un tel savoir comme arme &#8230;</div>
<div></div>
<div>Pour une sorte de &laquo;&nbsp;chasse au bouc émissaire au second degré&nbsp;&raquo; ?</div>
</div>
</div>
<div style="text-align:justify;">
<header class="nodeheader">
<p class="nodeheader-title"><a href="https://www.20minutes.fr/societe/1446183-20140919-edwy-plenel-chance-france-etre-aujourdhui-premier-pays-musulman-europe"><strong>Edwy Plenel: «C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe»</strong></a></p>
<p class="hat"><strong class="hat-label color-default">INTERVIEW</strong> <span class="hat-summary">Le cofondateur de Mediapart signe un pamphlet contre le silence sur la stigmatisation des musulmans de France…</span></p>
<div class="nodeheader-infos">
<address class="authorsign">
<p class="authorsign-label ">Propos recueillis par Anissa Boumediene</p>
<p>20 minutes</p>
</address>
<p class="datetime"><time datetime="2014-09-19T11:55:00+02:00">19/09/14 </time></p>
</div>
</header>
<div class="lt-endor-body content">
<p>Il lance un cri d’alarme contre ceux qui voudraient importer en France un choc des civilisations. Dans <em>Pour les musulmans </em>(éd. La Découverte), <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwy_Plenel" target="_blank" rel="noopener">Edwy Plenel</a> dénonce une «guerre des mondes qui désigne nos compatriotes musulmans comme les responsables indistincts des crimes et violences indûment commis au nom de l’islam» par des fanatiques ultra-minoritaires. Le journaliste revient pour «20 Minutes» sur l’objet de son indignation.</p>
<p><strong>Pourquoi ce livre, et pourquoi maintenant ?</strong></p>
<p>Pour se poser contre la banalisation dans les médias et dans le monde intellectuel d’une forme d’islamophobie bienséante, qui n’hésite pas à stigmatiser nos compatriotes musulmans. Il y a mille façons  d’être musulman, comme il y a mille façons d’être juif, chrétien ou non croyant.</p>
<p>C’est un geste de solidarité. Face à tout ce que l’on connaît, la montée de ces opinions xénophobes, que montre la Commission consultative des droits de l’homme, <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1339957-pourquoi-les-actes-antimusulmans-progressent-ils">les agressions qui visent les musulmans de France</a>, j’ai été choqué par <a href="http://cms.20minutes.fr/economie/1443387-20140915-agression-maghrebins-juifs-observatoire-islamophobie-etonne-silence-politique">le très grand silence</a> et la trop grande indifférence qui fait qu’on les laisse seuls subir tout cela, sans se dresser pour dire que c’est inadmissible de construire &laquo;&nbsp;un problème musulman&nbsp;&raquo; aujourd’hui en France. C’est comme cela que commencent les pires perditions.</p>
<p><strong>Comment expliquez-vous ce silence autour de l’islamophobie en général et par exemple autour de <a href="http://cms.20minutes.fr/economie/1443387-20140915-agression-maghrebins-juifs-observatoire-islamophobie-etonne-silence-politique">l’agression cette semaine de Maghrébins</a>?</strong></p>
<p>Je ne l’explique pas, je le constate. Il y a derrière cela un verrou que l’on n’a pas encore fait sauter, cet inconscient colonial qui fait qu’il y a un regard de supériorité posé sur cette partie de notre peuple qui est issue de notre relation à l’Afrique, à la Méditerranée. Une communauté envers laquelle nos dirigeants n’ont pas cette sensibilité spontanée de solidarité et d’égalité. Ils devraient réclamer pour ces compatriotes le droit de pouvoir se dire musulman et Français, l’un en même temps que l’autre, se réclamer d’un imaginaire français qui nous permette de penser dans l’égalité de chacun la richesse de notre diversité. C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le premier pays musulman d’Europe, comme nous sommes la fille aînée de l’Eglise catholique, le pilier de l’édit de Nantes pour les protestants, comme nous avons la plus importante communauté juive d’Europe rescapée du génocide. La France est la terre de la laïcité républicaine.</p>
<p><strong>Pourquoi l’opinion dominante oppose-t-elle l’islam à la laïcité?</strong></p>
<p>C’est un moyen de <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1445931-20140918-islamophobie-musulmans-france-inquietent-stigmatisation">légitimer cette islamophobie</a>. Réduire plusieurs millions de personnes aux actes odieux d’une minorité est un mécanisme de temps de crise. C’est la ruse des pouvoirs économico-politiques pour échapper à la catastrophe et à l’échec des politiques qu’ils mènent. C’est la logique du bouc émissaire.</p>
<p>Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de <a href="https://www.20minutes.fr/societe/1445931-20140918-islamophobie-musulmans-france-inquietent-stigmatisation">stigmatiser l’islam</a>, de s’en prendre à ses symboles : le vêtement, <a href="https://www.20minutes.fr/france/378894-le-port-voile-integral-obligatoire-chez-salafistes-tres-rigoristes">le voile</a>, le halal, les mosquées, est contraire au véritable esprit de la loi sur la laïcité, qui reconnaît les cultures minoritaires. C’est une façon de dissoudre la question sociale, d’humilier les opprimés. D’obtenir une paix pour les dominants et de faire diversion par rapport aux enjeux essentiels que sont l’emploi et le logement.  Aucune famille politique n’est épargnée dans cet aveuglement, pas même la gauche. Ce «laïcisme» est le cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïcité ce que l’intégrisme est à la religion. Il  a une similitude avec l’antisémitisme : sous prétexte de ce sectarisme laïc, on installe l’habitude d’une discrimination et d’une stigmatisation. C’est le point de départ de mon livre dont le titre reprend en écho l’article d’Emile Zola «Pour les juifs», rédigé quelques mois avant son «J’accuse», de l’affaire Dreyfus.</p>
<p><strong>La communauté musulmane peut-elle se sortir de ce malaise malgré ce contexte?</strong></p>
<p>Je l’espère bien ! Elle compte parmi les forces vives de ce pays, crée des richesses et est <a href="http://cms.20minutes.fr/societe/1445659-20140918-lyon-communaute-musulmane-sent-parfaitement-integree">au cœur de la vitalité populaire de la France</a>. l faut cesser d’être indifférents à sa solitude, c’est un engrenage qui embarquera tout le monde : les Noirs, les juifs, les Roms et les musulmans. Et qui risque d’engendrer le repli. La stigmatisation crée en retour une quête de fierté, en réponse à l’humiliation, et engendre des radicalisations qui peuvent amener à des chemins de perdition. Il faut faire notre chemin ensemble, assumer la réalité de la France de la diversité et libérer la solidarité.</p>
</div>
<p class="col-sm-3 col-xs-2 col-lg-3 special-category-menu"><strong>Voir aussi:</strong></p>
<section class="row wrapper">
<article id="1200925742" class="col-sm-12 ng-scope">
<div class="article-header">
<section class="row content">
<div class="article-content col-xs-12 col-sm-7">
<div id="block-valeurs-actuelles-page-title" class="block block-core block-page-title-block">
<div class="content">
<p class="title page-title"><strong><a href="https://www.valeursactuelles.com/societe/quand-plenel-etait-solidaire-de-laction-des-terroristes-des-jo-de-munich-94501"><span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">Quand Plenel était solidaire de l’action des terroristes des JO de Munich</span></a></strong></p>
</div>
</div>
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<article class="profile"></article>
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<p><span class="created-at-by"> <span class="created-at"> 5 avril 2018 </span> </span></p>
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<p><strong>Histoire.</strong> CheckNews de <em>Libération</em> revient sur la chronique du co-fondateur de Mediapart publiée dans Rouge, l&rsquo;hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), en 1972. A l’époque, l&rsquo;organisation palestinienne, Septembre Noir, avait tué 11 athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.</p>
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<p>Cette révélation a été faite en 2008 dans l’ouvrage <em>Enquête sur Edwy Plenel</em>, du journaliste Laurent Huberson. Mais elle refait surface ces derniers jours sur les réseaux sociaux. En 1972, Edwy Plenel, le co-fondateur de <em>Mediapart</em>, était chroniqueur dans <em>Rouge</em>, l&rsquo;hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait alors appelé à <em>« défendre inconditionnellement » </em>les militants de l&rsquo;organisation palestinienne Septembre Noir, qui avait assassiné 11 membres de l&rsquo;équipe olympique israélienne lors d&rsquo;une prise d&rsquo;otage pendant les Jeux Olympiques de Munich, cette même année.</p>
<p><strong>« Nous devons défendre les militants de cette organisation »</strong></p>
<p><em>« L&rsquo;action de Septembre Noir a fait éclater la mascarade olympique, a bouleversé les arrangements à l&rsquo;amiable que les réactionnaires arabes s&rsquo;apprêtaient à conclure avec Israël [&#8230;] Aucun révolutionnaire ne peut se désolidariser de Septembre Noir. Nous devons défendre inconditionnellement face à la répression les militants de cette organisation [&#8230;] A Munich, la fin si tragique, selon les philistins de tous poils qui ne disent mot de l&rsquo;assassinat des militants palestiniens, a été voulue et provoquée par les puissances impérialistes et particulièrement Israël. Il fut froidement décidé d&rsquo;aller au carnage »</em>, avait écrit à l’époque Edwy Plenel, sous le pseudonyme de Joseph Krasny.</p>
<p>Contacté par <a href="https://liberation.checknews.fr/question/56161/en-1972-dans-la-revue-rouge-edwy-plenel-a-t-il-vraiment-declare-etre-solidaire-des-terroristes-des-jeux-olympiques-de-munich"><em>CheckNews de</em> <em>Libération</em></a>, Edwy Plenel est revenu sur cette chronique. <em>« Je n’ai jamais fait mystère de mes contributions à Rouge, de 1970 à 1978, sous le pseudonyme de Joseph Krasny. Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui »</em>, a-t-il indiqué dans un mail. <em>« Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972. Tout comme ce philosophe, j’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël »</em>, a-t-il conclu.</p>
<p><strong>Voir également:</strong></p>
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<div class="content">
<p class="title page-title"><a href="http://www.valeursactuelles.com/societe/video-quand-edwy-plenel-encensait-tariq-ramadan-un-intellectuel-tres-respectable-90394"><strong><span class="field field--name-title field--type-string field--label-hidden">VIDÉO &#8211; Quand Edwy Plenel encensait Tariq Ramadan, “un intellectuel très respectable”</span></strong></a></p>
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<article class="profile"></article>
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<div class="field__items">
<div class="field__item">Valeurs actuelles</div>
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<p><span class="created-at-by"> <span class="created-at"> 6 novembre 2017 </span></span></p>
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<div class="st-container"> <strong>Complicité. </strong>Le patron de Mediapart regrette “la diabolisation” du prédicateur islamiste, accusé de viol et de harcèlement sexuel.</div>
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<div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item">
<p><em>“Je dénonce depuis des années la duplicité de Tariq Ramadan. Il aura fallu du temps, finalement, la triste vérité, celle-là”</em>, a réagi Manuel Valls, invité ce dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1/Les Échos/CNews. <em>“À la justice, maintenant, de l&rsquo;établir mais enfin, les faits semblent très concordants”</em>, a ajouté l’ancien Premier ministre socialiste, en réaction aux accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre l’islamologue suisse controversé.</p>
<p><em>“Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit !”</em>, a encore martelé le député de l’Essonne, également interrogé sur <a href="https://www.valeursactuelles.com/societe/charlie-hebdo-pris-partie-apres-sa-une-choc-sur-tariq-ramadan-90365" target="_blank" rel="noopener">la une</a> de <em>Charlie Hebdo</em>, dont les journalistes sont menacés de mort.</p>
<p><em>“C&rsquo;est un intellectuel très respectable”</em>, déclarait ainsi le patron de Mediapart sur le plateau du Petit Journal de Canal Plus (vidéo ci-dessous, à partir de 3:30), en janvier 2015, rappelle <a href="http://lelab.europe1.fr/tariq-ramadan-manuel-valls-accuse-edwy-plenel-les-inrockuptibles-le-bondy-blog-et-frederic-taddei-de-complicite-3483806">Europe 1</a>. <em>“Il y a quelque chose de très détestable à l&rsquo;égard de Tariq Ramadan. Moi je lis, j&rsquo;écoute tout ce qu&rsquo;il a dit. On a parlé pendant trois heures et demi, nous n&rsquo;avions aucun désaccord sur le fond. Il a été très ferme dans la solidarité, sur la liberté d&rsquo;expression, dans la condamnation des attentats.”</em></p>
<p><span class="embed-youtube" style="text-align:center; display: block;"><iframe class="youtube-player" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/legCa6JXWzg?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation"></iframe></span><strong>“Je le lis et je l&rsquo;écoute et je ne vois pas d&rsquo;ambiguïté”</strong></p>
<p>Edwy Plenel accusait même les détracteurs du théologien suisse d’user d’islamophobie. <em>“Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on dit ? ‘Ah, il n&rsquo;est pas clair. Ah, il a un double langage’. Encore une fois, je le lis et je l&rsquo;écoute et je ne vois pas d&rsquo;ambiguïté. Et il a fait plein de livres. Qu&rsquo;est-ce que ça dit ce truc ‘il est ambigu ? Ah l&rsquo;arabe, il est un peu fourbe. Ah l&rsquo;arabe, il a double langage”</em>, poursuivait-il. <em>“Il ne faut pas diaboliser quelqu&rsquo;un parce que c&rsquo;est un intellectuel musulman.”</em></p>
<div class="linked-articles field--name-field-article-lie">
<div class="field__label">Sur le même sujet</div>
<div class="field__item"><a href="http://www.valeursactuelles.com/societe/video-henda-ayari-tariq-ramadan-sest-jete-sur-moi-comme-une-bete-sauvage-90211">VIDÉO &#8211; Henda Ayari : “Tariq Ramadan s&rsquo;est jeté sur moi comme une bête sauvage”</a></div>
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<p>Parmi les “complices” de Tariq Ramadan, Manuel Valls n’a pas oublié dimanche les médias de gauche qui ont promu ses idées radicales ces dernières années. <em>“On est complice quand il y a de la complaisance par rapport à des individus, à des organisations comme les Frères musulmans, comme les Indigènes de la République”,</em> a ajouté l&rsquo;ancien Premier ministre.</p>
<p><em>“Quand une partie de la presse progressiste, une presse de qualité, je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog, quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 et c&rsquo;est toujours le même journaliste Frédéric Taddeï qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou Soral, alors on abdique”</em>, a-t-il conclu.</p>
<p><strong>Mediapart et “l’épouvantail” Tariq Ramadan</strong></p>
<p>Sur BFM TV, Edwy Plenel a, de son côté, réagi à l’affaire judiciaire et à la polémique. <i>“Dans le cas de Tariq Ramadan, où il y a des témoignages consistants, où il y a des plaintes, où la justice va enquêter, si les faits sont totalement établis par la justice, (&#8230;) c’est très grave pour l’individu qui est Tariq Ramadan et qui devra en rendre compte”, </i>a-t-il déclaré. <i>“Il y a une gravité plus forte encore, et pour le dire tout net, qui ressemble au cas des prêtres pédophiles.”</i></p>
<p>Le patron de Mediapart s’est par ailleurs défendu d&rsquo;avoir été au courant de rumeurs sur des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement. <i>“Personne d&rsquo;entre nous à Mediapart ne savait quand nous avons fait cette enquête”, </i>a assuré le cofondateur du média, en référence à <a href="https://www.mediapart.fr/journal/dossier/international/enquete-sur-tariq-ramadan">une enquête</a> en cinq volets sur <i>“l’épouvantail”</i> Tariq Ramadan, publiée par le site en 2016 et qui revenait notamment sur <i>“les fantasmes qui entourent l&rsquo;islamologue” </i>(sic).</p>
<p><strong>Plenel regrette la “diabolisation” de Tariq Ramadan</strong></p>
<p><em>“Je n’ai croisé M. Ramadan dans ma vie que deux fois”</em>, a enfin rétorqué Edwy Plenel, en réaction aux propos de Manuel Valls. <em>“De cela est fait un amalgame qui relève pour moi d’une chasse aux sorcières, comme du temps du McCarthysme ou de l’inquisition”,</em> a-t-il critiqué, regrettant même sa “<em>diabolisation” </em>à la suite des propos de l’ex-Premier ministre. <em>“J&rsquo;ai toujours été contre sa diabolisation, comme je suis contre, au prétexte du terrorisme, de diaboliser nos compatriotes musulmans quels qu’ils soient”</em>, a-t-il déclaré.</p>
<p>Pour défendre le théologien islamiste, le journaliste militant et ancien trotskiste avait même souligné, en 2015, que le livre “Déviances et incohérences chez les penseurs de la décadence”, qui contredit les thèses de Ramadan, avait été retrouvé chez le terroriste Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats de janvier 2015. Aujourd’hui, l&rsquo;islamologue est visé par deux plaintes pour viol et accusé par quatre anciennes élèves d&rsquo;avoir eu des relations sexuelles avec elles alors qu&rsquo;elles étaient mineures.</p>
<p><strong>Voir de même:</strong></p>
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<header class="td-post-title">
<p class="entry-title"><a href="https://www.causeur.fr/macron-bourdin-plenel-interview-bfm-150605"><strong>Macron, Bourdin, Plenel: le petit théâtre de bavards</strong></a></p>
<p class="td-post-sub-title">L&rsquo;interview présidentielle a viré au ridicule</p>
<div class="td-module-meta-info">
<div class="td-post-author-name">
<p>Roland Jaccard</p>
<div class="td-author-line">Valeurs actuelles</div>
<div class="td-author-line"><span class="td-post-date"><time class="entry-date updated td-module-date" datetime="2018-04-16T16:15:13+00:00">16 avril 2018</time></span></div>
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<p>Hier soir, en direct, nous avons pu tout à loisir observer un trio infernal : le Président aux dents de lait, l’Ami des Frères musulmans et le Défenseur des petites gens. Spectacle hallucinant d’acteurs visiblement satisfaits d’avoir endossé un rôle qu’ils convoitaient depuis longtemps. Persuadés en outre de servir des justes causes, un peu comme chez Nagui le vendredi soir, les chansons en moins. Et sans le moindre humour. Le Défenseur des petites gens cita Ricœur, le Président aux petites dents fit la leçon à l’Ami des Frères Musulmans.</p>
<p>Tous donnaient l’impression d’être brouillés avec les chiffres, mais fidèles aux grands principes de la République.</p>
<p><strong>Tout le monde il est beau, tout le monde il est…</strong></p>
<p>Le Président aux dents de lait annonça qu’il se battrait pour une Europe souveraine qui serait à l’opposé de celle de cet abominable Viktor Orban. Le Défenseur des petites gens était obsédé par l’idée que les retraités perdraient de dix à trente euros par mois. Il en faisait une affaire personnelle. Quant à l’Ami des Frères musulmans et de tous les opprimés de la Terre, il fustigea des mesures permettant de renvoyer des enfants – pensez-donc : des enfants ! – dans leur pays d’origine. Un cœur gros comme ça, cet Ami des Frères Musulmans : un exemple pour tous les Français !</p>
<blockquote class="td_quote_box td_box_center"><p><strong>A lire aussi: <a href="https://www.causeur.fr/macron-bourdin-plenel-islam-150584" target="_blank" rel="noopener">Emmanuel Macron peut remercier Bourdin et Plenel</a></strong></p></blockquote>
<p>Le pompon fut atteint quand le Président aux dents de lait avec une fougue et une détermination sans faille déclara que la Cause des Femmes était pour lui la priorité des priorités : chacun fut soulagé que de si nobles intentions soient portées par un homme décidé à faire de la France un pays de rêve. Seul moment troublant : celui où le Défenseur des petites gens lut un passage du livre de François Hollande accusant le Président aux dents de lait de duplicité. Ce dernier, mal à l’aise, se défendit comme un beau diable. L’Ami des Frères musulmans, expert en la matière, savoura à juste titre ce moment inattendu. Quant au Défenseur des petites gens, il avait jeté un pavé dans la mare aux hypocrisies. Cela lui suffisait. À nous aussi.</p>
<p><strong>Voir de plus:</strong></p>
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<article class="article-full">
<p class="article-full__title"><a href="http://www.leparisien.fr/politique/macron-face-a-bourdin-et-plenel-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-15-04-2018-7665879.php"><strong>Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu’il faut retenir de l’interview</strong></a></p>
<div class="article-full__infos"><span class="article-full__infos-author"><span class="article-full__author-label">C.Si.</span></span></div>
<div class="article-full__infos"><span class="article-full__infos-date">Le Parisien</span></div>
<div class="article-full__infos"><span class="article-full__infos-date">15 avril 2018</span></div>
<div class="article-full__content">
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<div class="article-full__body p402_premium">
<p class="article-full__header">Près de trois heures d’entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l’entretien d’Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.</p>
<div class="article-full__body-content">
<p>De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans <a href="http://www.leparisien.fr/politique/macron-face-a-bourdin-et-plenel-personne-n-etait-a-sa-place-juge-louvrier-15-04-2018-7665840.php">une ambiance souvent électrique</a> aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).</p>
<p><strong> LIRE AUSSI &gt;</strong><a href="http://www.leparisien.fr/politique/en-direct-emmanuel-macron-face-a-bourdin-et-plenel-suivez-l-interview-15-04-2018-7665333.php">Le fil de l’entretien minute par minute</a></p>
<p>Voici ce qu’il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.</p>
<p><b>Les frappes sur la Syrie</b>. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de <a href="http://www.leparisien.fr/international/syrie-les-coulisses-de-l-operation-hamilton-15-04-2018-7664946.php">« l’action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques</a> dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d&rsquo;armement chimique syrien. Alors que certains lui reprochaient d’être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c&rsquo;est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.</p>
<div id="dfp_in-article" class="dfp_slot container-auto ads inread">S’il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d’être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s’est par ailleurs enorgueilli d’avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans <a href="http://www.leparisien.fr/international/syrie-les-grandes-dates-du-conflit-14-04-2018-7663623.php">ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts</a>.</div>
<p><b>Mécontentements sociaux</b>. C’est durant cette thématique que <a href="http://www.leparisien.fr/politique/en-force-plutot-qu-en-marche-la-passe-d-armes-entre-emmanuel-macron-et-edwy-plenel-15-04-2018-7665750.php">le ton s’est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d’Edwy Plenel</a>. « Je conteste l&rsquo;orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements », a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l&rsquo;hôpital qui dure depuis des années&#8230; ».</p>
<p>Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu’il comptait mener à son terme <b>la réforme abrasive de la SNCF, </b>excluant au passage toute <b></b>privatisation. « C&rsquo;est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j&rsquo;assume, une réforme que nous mènerons jusqu&rsquo;au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l&rsquo;Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d’Etat,<a href="http://www.leparisien.fr/economie/dette-de-la-sncf-macron-et-le-maire-precisent-les-intentions-de-l-etat-12-04-2018-7661073.php"> comme il l’avait laissé entendre sur TF1</a>.</p>
<p>Autre secteur en difficulté, <b>le monde hospitalier</b> ne fera pas l’objet d’économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.</p>
<p><b>Une deuxième journée de solidarité ?</b> « Je ne suis pas contre, <a href="http://www.leparisien.fr/societe/deuxieme-journee-de-solidarite-non-payee-une-piste-interessante-juge-macron-15-04-2018-7665792.php">je pense que c&rsquo;est une piste intéressante</a>, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L’idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, <a href="http://www.leparisien.fr/economie/buzyn-vers-une-nouvelle-journee-de-solidarite-pour-financer-la-dependance-13-04-2018-7662243.php">afin de financer l’accompagnement des personnes âgées et des handicapés</a>. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.</p>
<p><b>Le débat « président des riches »</b>. Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». <a href="http://www.leparisien.fr/economie/votre-argent/reforme-de-l-isf-je-prefere-payer-plus-d-impots-que-de-faire-des-placements-risques-10-10-2017-7320069.php"><b>Sur la réforme de l’ISF</b></a> : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l’économie. Je veux que les chefs d’entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». <a href="http://www.leparisien.fr/economie/retraite-le-peu-que-je-gagne-on-me-le-prend-05-03-2018-7590621.php"><b>Sur la CSG</b></a> : Macron « sait l&rsquo;effort » qu&rsquo;il a demandé aux retraités.</p>
<p>Il a également promis que la fiscalité n&rsquo;augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu’<b>aucun nouvel impôt</b>, ni local ni national, ne serait créé.</p>
<p><b>La colère des zadistes et des étudiants</b>. « L’ordre républicain » et rien d’autre. Il a répété l’expression à l’envi au moment d’évoquer<b> la contestation « illégitime » des zadistes</b> expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l’occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci seraient aux mains de <b>« professionnels du désordre »</b>, les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera »<a href="http://www.leparisien.fr/societe/notre-dame-des-landes-un-delai-supplementaire-donne-aux-zadistes-porteurs-de-projets-13-04-2018-7661949.php"> à l’issue du nouveau délai d’expulsion</a>.</p>
<p><b>Laïcité</b>. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l’islam. Macron déclarant que <b>le port du voile « n’était pas conforme à la civilité</b> qu&rsquo;il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l&rsquo;interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n&rsquo;est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c’est qu’aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».</p>
<p>Interrogé sur des propos du ministre de l&rsquo;Education, qui estime qu&rsquo;un parent accompagnant ne devrait « normalement » pas porter de signe religieux, par exemple le voile pour une mère, M. Macron a qualifié cette position de « conviction personnelle » de Jean-Michel Blanquer.</p>
<p><b><a href="http://www.leparisien.fr/politique/loi-asile-et-immigration-comment-les-deputes-lrem-humanisent-le-texte-de-collomb-04-04-2018-7646649.php">Loi Asile et immigration</a></b>. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s’est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l’asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » <b>le délit de solidarité</b>, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».</p>
<p>Alors que le projet de loi doit être examinée par les députés à partir de lundi, le chef de file des élus macronistes a eu le droit aux félicitations du président. « Richard Ferrand fait son rôle de chef de groupe et il le fait très bien », a-t-il déclaré. Il y a quelques jours, M. Ferrand a <a href="http://www.leparisien.fr/politique/loi-asile-et-immigration-bras-de-fer-entre-des-deputes-lrem-et-richard-ferrand-14-04-2018-7663605.php">menacé d’exclusion ceux qui voteraient contre ce texte</a>.</p>
<p><b>L’instant Hollande</b>. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu&rsquo;il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu&rsquo;être membre d&rsquo;un gouvernement, ce n&rsquo;est pas « être un obligé ». Il a précisé qu’il lirait « sans doute » <a href="http://www.leparisien.fr/politique/dans-son-livre-francois-hollande-fait-la-lecon-a-emmanuel-macron-10-04-2018-7656624.php">le livre polémique de François Hollande. </a>Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».</p>
<p><strong>Voir également:</strong></p>
<p class="full"><a href="https://www.nouvelobs.com/politique/20180415.OBS5182/macron-face-a-bourdin-et-plenel-un-drame-en-5-actes.html"><strong>Macron face à Bourdin et Plenel : un drame en cinq actes</strong></a></p>
<div class="ObsArticle-head grid-2-small-1">
<div class="ObsArticle-chapo full">
<p>Au Théâtre national de Chaillot ce soir, le président de la République affronte deux journalistes qui ont juré sa perte. Un grand spectacle ?</p>
</div>
<div class="ObsArticle-author full">
<p>Sylvain Courage</p>
<p><time class="date">L&rsquo;Obs</time></p>
</div>
<div class="ObsArticle-author full"><time class="date">15 avril 2018</time></div>
</div>
<div class="ObsShare sticky"></div>
<div id="ObsArticle-body" class="ObsArticle-body flex-item-fluid">
<p>Trois comédiens, une table et deux heures de spectacle. Ô magie des tréteaux ! Le public du théâtre subventionné, rompu aux mises en scène exigeantes, ne sera pas surpris par l’unique représentation de &laquo;&nbsp;l’Interview&nbsp;&raquo;, ce dimanche, à 20h35, au foyer du Théâtre national de Chaillot. Dans un décor art-déco grandiose avec vue sur la Tour Eiffel et le Champ de Mars, Emmanuel Macron, l&rsquo;étoile de l&rsquo;Elysée, tiendra le rôle du jeune prince. Jean-Jacques Bourdin, héraut des matinées de BFMTV, incarnera le  tribun du peuple. Et Edwy Plenel, le tragédien de Mediapart, jouera le grand prêtre moustachu.</p>
<p>Une distribution exceptionnelle ! &laquo;&nbsp;On avait fait des propositions à l’Elysée depuis plusieurs mois, à l’occasion du premier anniversaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. Et, il y a environ un mois maintenant, l’Elysée est revenu vers nous en nous faisant une proposition d’une émission avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel&nbsp;&raquo;, a expliqué Hervé Béroud, directeur général de BFMTV et metteur en scène de la soirée événement.</p>
<p>Huit caméras à l’intérieur, deux à l’extérieur permettront de cerner le jeu des acteurs. &laquo;&nbsp;Le décor est fort mais l&rsquo;interview très simple : un homme face à deux intervieweurs pendant deux heures. Il n’y aura ni sujets vidéos, ni interpellation des Français&nbsp;&raquo;, a précisé Céline Pigalle, directrice de l’information de BFMTV. Des mots, rien que des mots !</p>
<h4>Drame hyper-contemporain</h4>
<p>Création originale et éphémère, &laquo;&nbsp;l’Interview&nbsp;&raquo; repose entièrement sur les capacités d’improvisation des acteurs. Pas de texte établi, pas de répétitions mais une série de problématiques dont s&#8217;empareront les acteurs et qui formeront la trame d’un drame hyper-contemporain. Mécontentement social, politique économique, laïcité, sécurité, terrorisme, questions migratoires, frappes en Syrie… La scénographie se veut en totale rupture avec <em>&laquo;&nbsp;</em>six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Chacun doit être soi-même&nbsp;&raquo;, insiste Hervé Béroud :</p>
<p><q>&laquo;&nbsp;On connaît Jean-Jacques Bourdin accrocheur et Edwy Plenel est quelqu&rsquo;un de très engagé, qui aura envie de demander des comptes au président de la République.&nbsp;&raquo;</q>Tandis que Bourdin et Plenel ont travaillé leur questionnement et leur placement en effectuant des exercices de respiration ventrale, Emmanuel Macron a opté pour la &laquo;&nbsp;construction du personnage&nbsp;&raquo; développée par Constantin Stanislavski. &laquo;&nbsp;Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, l’important c’est qu’il soit vrai&nbsp;&raquo;, disait l’immense dramaturge russe.</p>
<p>Quelle est la routine du président pour puiser dans son subconscient ? &laquo;&nbsp;Il s&rsquo;enferme dans son bureau avec ses fiches et il bachote comme un étudiant&nbsp;&raquo;, explique son entourage. Le chef de l&rsquo;Etat a aussi &laquo;&nbsp;beaucoup consulté&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;déjeuné avec François Bayrou et Marielle de Sarnez mercredi à l&rsquo;Elysée pour avoir leurs remontées de terrain&nbsp;&raquo;. Ne laissant rien au hasard, l’artiste du Palais s’est aussi &laquo;&nbsp;renseigné sur les sujets phares des deux présentateurs, leurs marottes, histoire d&rsquo;avoir quelques repères d&rsquo;ici dimanche soir&nbsp;&raquo;.</p>
<div class="readMore"><a class="lire" href="https://www.nouvelobs.com/politique/20180412.OBS5076/macron-sur-tf1-ces-questions-que-pernaut-a-laissees-a-bourdin-et-plenel.html">Macron sur TF1 : ces questions que Pernaut a laissées à Bourdin et Plenel</a></div>
<h4>Attelage fragile</h4>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/societe/20180124.OBS1128/journaliste-militant-intellectuel-mediatique-qui-est-vraiment-edwy-plenel.html">Artiste militant, Edwy Plenel</a> a dénoncé, par le passé, cet &laquo;&nbsp;exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir&nbsp;&raquo;. Mais il dit avoir accepté le défi pour ne pas se &laquo;&nbsp;dérober&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;relayer le questionnement sans concession de la société&nbsp;&raquo; dans la grande tradition du Théâtre national populaire. Pas question d&rsquo;oublier le peuple ! Dès 19 heures, la rédaction de Mediapart dressera le bilan de cette présidence &laquo;&nbsp;et de droite et de droite&nbsp;&raquo; en donnant la parole aux mouvements sociaux. Et l’entretien présidentiel sera suivi d’un plateau de commentatrices réservé aux femmes pour compenser le choix de deux intervieweurs &laquo;&nbsp;mâles de plus de 60 ans&nbsp;&raquo;. Qui dit mieux ?</p>
<div class="readMore"><a class="lire" href="https://www.nouvelobs.com/societe/20180124.OBS1128/journaliste-militant-intellectuel-mediatique-qui-est-vraiment-edwy-plenel.html">Journaliste militant, intellectuel médiatique : qui est vraiment Edwy Plenel ?</a></div>
<p>Jean-Jacques Bourdin, lui, n’a pas ce genre de préventions. Viril et dominant, il a simplement promis de &laquo;&nbsp;cogner&nbsp;&raquo; le président et croit tenir enfin l’occasion de laver l’affront fait à sa profession par Laurent Delahousse, auteur en décembre dernier d’une interview de Macron qu’il a publiquement critiquée pour sa complaisance… &laquo;&nbsp;Michel Drucker l’aurait mieux fait !&nbsp;&raquo;, avait alors grincé Bourdin.</p>
<p><q>&laquo;&nbsp;Quand on fait du journalisme, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait ? On pose des questions précises. Et celui qui est en face, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il doit faire ? Il doit répondre à des questions précises. C&rsquo;est comme ça que cela se passe. Sinon c&rsquo;est pas la peine.&nbsp;&raquo; </q>Ce Figaro parle comme la plèbe. Mais il se fait autant la voix des usagers de la SNCF pris en otage que des cheminots en lutte. Son théâtre populaire s’accordera-t-il avec celui de Plenel ? L’alliance des deux bêtes de scène est improbable. S&rsquo;ils font cause commune, ils surjoueront. S&rsquo;ils s&rsquo;écharpent, ils passeront pour des cabots. C’est le dilemme dont Emmanuel Macron compte bien profiter. Les spadassins lancés à sa poursuite pourraient s’entretuer. Au cinquième acte, le jeune prince, qui les a manipulés, espère bien être couronné. Shakespearien !</p>
<p><strong>Voir de même:</strong></p>
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<p class="title"><a href="https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/060418/entretien-avec-emmanuel-macron-dimanche-15-avril-rendez-vous-des-19h-sur-mediapart"><strong>Entretien avec Emmanuel Macron, dimanche 15 avril: rendez-vous dès 19h sur Mediapart</strong></a></p>
<p class="title">Mediapart</p>
<p class="title">6 avr. 2018</p>
<div class="introduction">Emmanuel Macron répondra aux questions d’Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bourdin dimanche soir 15 avril. Un rendez-vous exceptionnel à suivre dès 19h en direct sur Mediapart. Et qui sera précédé, le mercredi 11 avril, d’un MediapartLive entièrement consacré aux mouvements sociaux qui s’opposent à sa politique.</div>
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<p>L’heure du premier bilan a sonné. Voilà presque un an qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. À l’avant-veille de sa victoire, celui qui n’était encore que candidat était venu à Mediapart répondre aux questions de la rédaction. Dimanche 15 avril, à 20 h 35, il sera interrogé à Paris pendant deux heures par Edwy Plenel, aux côtés de Jean-Jacques Bourdin. Cet événement sera retransmis en direct sur notre site, BFM-TV et RMC. En amont, mercredi 11 avril, nous recevrons le mouvement social dans sa diversité. Explications à nos lecteurs.</p>
<p>Tout a commencé le 5 mai 2017, à deux jours du second tour de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen. Emmanuel Macron répond longuement aux journalistes de Mediapart <i>(à lire <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/080517/emmanuel-macron-ma-presidence-mes-premieres-mesures">ici</a> et à voir <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/050517/emmanuel-macron-battre-le-pen-et-ensuite-0">là</a>)</i> : il déploie son argumentaire électoral tout en donnant des indications détaillées sur le type de chef de l’État qu’il entend être. Les jalons qu’il pose alors de sa « start-up nation » permettent aujourd’hui à chacun d’évaluer l’écart entre les promesses et les actes. À l’issue de l’entretien, notre hôte s’engage à revenir à Mediapart s’il est élu.</p>
<p>Un an plus tard, nous lui avons rappelé son <i>« chiche ! »</i>. Il ne nous a pas répondu « non », ce « non » qui nous est opposé par la plupart des ministres (à l’exception du premier d’entre eux, c’est à revoir <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/221117/le-premier-ministre-edouard-philippe-face-la-redaction">ici</a>), peu soucieux des règles d’une démocratie équilibrée supposant que les interrogations des citoyens, relayées par les journalistes, soient entendues. L’Élysée recourt à son traditionnel « en même temps », se disant prêt à l’exercice, mais dans un tout autre cadre.</p>
<p>Oui à un entretien avec Mediapart mais dans une formule différente, et en association avec un autre média, BFM-TV/RMC. Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel. Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême.</p>
<p>Alors que faire ? Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la V<sup>e </sup>République, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? En toute transparence, nous partageons avec vous le cheminement qui a conduit l’équipe de Mediapart à accepter la proposition élyséenne.</p>
<p>Nous en avons longuement discuté collectivement. Après avoir pesé le pour et le contre, nous avons décidé de faire confiance à notre savoir-faire collectif pour faire surgir du sens par-delà ce cadre. Notre métier est de poser des questions, et si possible de bonnes questions, a fortiori au président de la République en exercice.</p>
<p>Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle.</p>
<p>Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société <i>(revoir <a class="external" href="https://blogs.mediapart.fr/edition/mediapart-dix-ans-deja" target="_blank" rel="noopener">ici</a> les rencontres de cet anniversaire et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/160318/la-verite-l-ere-numerique-revoir-notre-colloque">là</a> notre colloque sur le droit de savoir)</i>.</p>
<p>Et puis, comment rester en retrait, alors qu’Emmanuel Macron a des comptes à rendre aux citoyens ? Nous avons mille et une questions à lui poser sur la politique qu’il mène, ses déclarations, ses non-dits. Nous sommes à un moment crucial de ce quinquennat. Après de longs mois sous hypnose, notre société se réveille <i>(voir notre article <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/270118/le-roi-soleil-la-france-sommeille">Le roi Soleil, la France sommeille</a>)</i>. Des cheminots aux étudiants en passant par les salariés de Carrefour, le mouvement social prend de l’ampleur. Le projet de loi sur l’asile et l’immigration provoque la colère du monde associatif et de collectifs de citoyens. Les initiatives locales pour éviter la catastrophe environnementale se multiplient.</p>
<p>Bref, nous ne pouvons pas laisser passer une occasion de faire tout simplement notre métier. Poser des questions, chercher des réponses, placer l’exécutif face à ses contradictions, le faire réagir aux indignations que suscite sa politique. On ne peut pas se plaindre de se heurter à des silences quand on interroge les cabinets ministériels, et laisser la chaise vide face au chef de l’État.</p>
<p>Nous avons posé, en accord avec Jean-Jacques Bourdin, une ligne rouge, et celle-ci sera respectée : refuser que l’entretien se déroule à l’Élysée. On ne se rend pas au palais présidentiel à un moment où les journalistes en sont écartés <i>(lire <a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/140218/lelysee-va-sortir-la-salle-de-presse-du-palais">ici</a>)</i>. Le choix définitif du lieu sera connu dans les jours à venir.</p>
<p>Nous comptons en premier lieu sur nos questions, qui auront été préparées en amont par la rédaction. Au fil de la semaine précédente, et au cours de celle qui suivra, nous publierons une série d’articles, de reportages et d’analyses dressant un premier bilan de la présidence Macron. Lors de notre émission MediapartLive du mercredi 11 avril, nous reviendrons sur les raisons qui nous ont incités à accepter cet entretien. Puis nous consacrerons notre soirée à la diversité du mouvement social en cours en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent.</p>
<p>Rendez-vous donc dimanche 15 avril dès 19 heures pour notre émission en direct et en accès libre sur Mediapart. Une heure et demie avant la diffusion de l’entretien, l’équipe de Mediapart sera en direct depuis la rédaction pour présenter l’inventaire de la présidence Macron. À l’issue de l’interview du chef de l’État, qui commencera peu après 20 h 30, nous donnerons la parole à des acteurs engagés de la société civile et intellectuelle, qui nous aideront à décrypter ses réponses.</p>
<p>Pendant toute cette période, nous comptons sur nos abonnés : le Club de Mediapart est plus que jamais ouvert à toutes vos idées, remarques et suggestions.</p>
<p><strong>Voir de plus:</strong></p>
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<p class="entry-title"><a href="https://www.causeur.fr/macron-christianisme-laicite-islam-eveques-150458"><strong>Discours de Macron aux Évêques de France: la courte échelle aux islamistes</strong></a></p>
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<div class="td-post-author-name">
<div class="td-author-line">En faisant l’éloge de la spiritualité et en encourageant les chrétiens à s’investir en politique, le président fait un cadeau à l’islamisme.</div>
<p>Anne-Sophie Chazaud</p>
<div class="td-author-line"><span class="td-post-date"><time class="entry-date updated td-module-date" datetime="2018-04-10T16:19:08+00:00">Causeur</time></span></div>
<div class="td-author-line"><span class="td-post-date"><time class="entry-date updated td-module-date" datetime="2018-04-10T16:19:08+00:00">10 avril 2018</time></span></div>
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<p>Le moins qu’on puisse dire est que ceux qui attendaient depuis des mois le fameux « grand discours sur la laïcité » tant promis par le chef de l’Etat ont dû en être pour leurs frais hier soir. Celui-ci, invité par la Conférence des Évêques de France au collège des Bernardins, a livré un discours particulièrement désarçonnant, mais aussi de haute tenue et dont les polémiques engendrées par quelques phrases-clés ne rendent qu’imparfaitement compte.</p>
<p><strong>Un libéral chrétien</strong></p>
<p>Dans un verbe à la fois fort et subtil – auprès duquel le discours de Sarkozy à Latran fait figure de manifeste laïque-, fortement empreint des grandes figures du personnalisme et de l’humanisme modernes, convoquant Emmanuel Mounier, Simone Weil, Paul Ricoeur et quantité d’écrivains chrétiens, le président a dressé une sorte d’état des rapports actuels et à venir entre l’Eglise catholique et le pays. Le chef de l’Etat est revenu, avec justesse, sur l’engagement concret de nombreux catholiques dans la vie de la cité, à travers de nombreuses actions caritatives, humanitaires, sociales, spirituelles, dans les secteurs hospitaliers, carcéraux, mais aussi, d’une façon plus générale, sur la très grande adaptabilité réelle du monde catholique aux situations concrètes auxquelles il est confronté, indépendamment de l’intolérance de certains dogmes : ainsi Emmanuel Macron a-t-il tout à fait à juste titre évoqué le soutien concret apporté par de très nombreux catholiques à des personnes dont la situation familiale ou sociale ne correspond pourtant a priori pas à l’idéologie de l’Eglise (homosexualité, homoparentalité, familles recomposées, etc).</p>
<p>Sur le plan politique, la ligne présidentielle tracée dans ce discours est plus astucieuse qu’elle n’en a l’air, cherchant à dessiner une voie pragmatique entre la liberté et le respect de la dignité : en plein contexte de contestation sociale, il faut comprendre qu’on chercherait là un chemin entre le libéralisme qui préside idéologiquement aux dogmes bruxellois et le respect (et donc la protection) des individus en tant que personnes (le même discours prononcé au Crif aurait tout aussi bien convoqué Lévinas au lieu de Mounier, il se serait toujours agi d’un Emmanuel…), même si l’on peut se demander ce que penserait la grande Simone Weil de la mise en concurrence des services publics, elle qui adhéra à l’anarcho-syndicalisme et s’établit à l’usine… Enfin, la plupart des hommes politiques chrétiens qui sont invoqués (Delors, Schuman,…) sont naturellement de bons apôtres de cette Union européenne qui constitue le credo principal d’Emmanuel Macron et dont découle la totalité de son action politique.</p>
<p><strong>Un cadeau aux barbus?</strong></p>
<p>Là où les choses se compliquent, c’est lorsque le chef de l’Etat prononce deux phrases qui, dans un contexte de très grande menace sur la laïcité, font figure de bombes : les rapports entre l’Eglise et l’Etat auraient été « abîmés » (sic) et il conviendrait de les « réparer », et, par ailleurs, les catholiques sont invités à s’engager davantage « politiquement », en tant que catholiques.</p>
<p>Dans un contexte paisible, où le pays ne subirait pas les assauts répétés et meurtriers de l’islam radical à visée précisément politique, ces phrases de réconciliation, n’en déplaise aux bouffe-curés old school, seraient plutôt de bon sens. Le président revient d’ailleurs à juste titre sur les racines chrétiennes de la France, ce qui relève de l’évidence historique. Le problème ne vient pas de là.</p>
<p>Inciter les membres d’une religion à s’engager politiquement, dans un contexte d’entrisme politique de l’islam radical, est à la fois irresponsable et dangereux : le Président ne pouvait ignorer la résonance particulière de ces mots dans un contexte où l’église catholique est en plein recul sur fond de crise des vocations, quand le prosélytisme islamique, lui, ne cesse de s’étendre. Ce ne sont pas les luthériens ni les bouddhistes qui vont soudain vouloir s’emparer de cet appel à l’engagement politique des religieux, et l’équité entre les cultes que commande justement le principe de laïcité obligera le Président à prononcer les mêmes paroles et accorder les mêmes objectifs aux membres de toutes les religions.</p>
<p><strong> La spiritualité dans l’engagement</strong></p>
<p>Pareillement, Emmanuel Macron évoque l’importance de la spiritualité dans l’engagement concret de chacun, à travers la notion intéressante d’ « effectivité ». Là encore, on ne peut que lui donner raison sur le fond, et on a bien vu à travers la figure du <a href="https://www.causeur.fr/arnaud-beltrame-trebes-gendarmerie-terrorisme-150158" target="_blank" rel="noopener">colonel Beltrame </a>combien l’engagement républicain et une foi profonde pouvaient être indéfectiblement liés et précisément effectifs. Mais les défenseurs de la laïcité, hormis quelques pachydermes réincarnés des radicaux-socialistes d’autrefois, ne contestent pas l’importance de la vie spirituelle pour chacun dans le cadre de ses pratiques privées, ni la manière intime dont chacun peut déployer sa foi dans son action publique. Les agnostiques, voire les athées ont une vie spirituelle et réfléchissent à la transcendance ou au sens de la vie, à leur manière, et, même dans l’hypothèse d’une vie totalement privée de transcendance, un solide sens de l’humanité et du respect d’autrui pourra servir de guide spirituel pour mener une vie d’honnête homme. Le problème n’est donc pas là mais réside dans la volonté de certains d’imposer leur vision de la spiritualité dans l’espace public : vêtements, comportements, intolérances, interdictions, évictions des femmes de certains espaces, violences contre les membres d’autres religions, mais aussi interventions dans le champ bio-éthique etc. La spiritualité ne dispense jamais mieux ses effets positifs sur la société que lorsqu’elle s’exerce dans le cadre privé.</p>
<p><strong>La laïcité, rempart des chrétiens</strong></p>
<p>Paradoxalement, après un siècle de relations en effet très douloureuses entre les Eglises et l’Etat, c’est désormais la laïcité qui est le meilleur rempart protecteur pour les chrétiens, tout comme elle l’est également pour les juifs de France mais aussi pour les musulmans modérés : ne pas comprendre cette inversion historique du paradigme laïque engendré par l’entrisme islamiste c’est au mieux faire un contresens majeur sur la situation actuelle, et au pire donner les clés de la maison à la religion qui sera la plus véhémente dans son action politique.</p>
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<div><strong>Voir encore:</strong></div>
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<div class="row title">
<div class="col-sm-12">
<p><a href="https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Dieu-existe-majorite-jeunes-Francais-2018-03-23-1200925742"><strong>Dieu existe, pour la majorité des jeunes Français</strong></a></p>
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<header class="">
<div class="row meta-data">
<div class="col-xs-5 col-sm-3 col-md-3 col-lg-5 meta-author">Gauthier Vaillant<br />
La Croix</div>
<div class="col-xs-5 col-sm-3 col-md-3 col-lg-5 meta-author">23/03/2018</div>
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<div class="lc-alert">
<p>La deuxième vague du baromètre OpinionWay sur les croyances et pratiques religieuses des jeunes Français – pour « La Croix », la Fondation Jean-Rodhain et la Conférence des évêques de France – montre une progression de la croyance en Dieu.</p>
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<p>En quoi croient les jeunes Français ? Après avoir posé la question pour la première fois en <a href="https://www.la-croix.com/Religion/France/Des-jeunes-plus-croyants-leurs-aines-2016-07-24-1200777920" target="_self">juillet 2016 à la veille des JMJ de Cracovie,</a> <em>La Croix</em> et OpinionWay réitèrent l’expérience à l’occasion de la « rencontre pré-synodale » qui réunit près de 300 jeunes du monde entier à Rome.</p>
<p>Depuis lundi 19 mars et jusqu’à samedi, ces jeunes de moins de 30 ans, venus de plus de 130 pays, sont rassemblés à l’invitation du pape François, pour aider l’Église à préparer le Synode – assemblée internationale d’évêques – qui se réunira au mois d’octobre sur le thème « les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».</p>
<p class="LIEN_LIRE_AUSSI"><a href="https://www.la-croix.com/Religion/France/Des-jeunes-plus-croyants-leurs-aines-2016-07-24-1200777920" target="_self">Les jeunes Français croient toujours</a></p>
<p>Avec ce « pré-synode », événement inédit, le pape a voulu que les jeunes de tous horizons puissent exprimer leurs attentes envers l’Église. Celles-ci seront d’ailleurs formulées et résumées dans un texte qui sera remis au pape à la fin de cette semaine.</p>
<p><strong>Les croyants légèrement majoritaires</strong></p>
<p>Depuis deux ans, selon notre sondage, la croyance en Dieu a progressé chez les jeunes Français âgés de 18 à 30 ans. Les croyants sont même devenus légèrement majoritaires, à 52 %, alors qu’ils n’étaient que 46 % en 2016. Et moins d’un jeune sur cinq (19 %) considère l’existence de Dieu comme totalement exclue (contre 23 % en 2016).</p>
<p>Cette évolution s’accompagne d’une hausse importante du nombre de jeunes qui jugent importante la dimension spirituelle dans leur vie personnelle (39 %, + 9 % depuis juillet 2016). L’intérêt pour la foi de cette génération contraste aussi avec <a href="https://www.la-croix.com/Religion/jeunes-Europeens-loin-religions-2018-03-21-1200923400" target="_self">l’étude européenne réalisée par l’Institut catholique de Paris et l’université londonienne St Mary’s</a> qui faisait apparaître une jeunesse éloignée des appartenances religieuses mais ne posait pas la question du rapport à Dieu.</p>
<p><em>« Ces chiffres confirment ce que nous entendons et observons sur le terrain »</em>, commente sœur Nathalie Becquart, religieuse xavière et directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations (SNEJV) de la Conférence des évêques de France. <em>« Il y a un regain spirituel et religieux, une quête de sens qui s’exprime chez les jeunes. Quelque chose est en train de se passer. » </em>De fait, d’autres études parues ces dernières années confirment cette tendance.</p>
<p><strong>Appartenance à une une religion</strong></p>
<p>Le sentiment d’appartenance à une religion est lui aussi en hausse : 57 % des Français de 18 à 30 ans déclarent avoir une religion. Ils étaient 53 % en 2016, et seulement 34 % il y a dix ans. Mais, en ce début de XXI<sup>e</sup> siècle, croire en Dieu ne signifie pas forcément se reconnaître dans une religion… Ainsi, près du quart des sondés se déclarant <em>« sans religion »</em> tiennent l’existence de Dieu pour <em>« certaine ou probable »</em>.</p>
<p><em>« L’existence de Dieu est en fait l’objet de questionnements permanents chez beaucoup de jeunes</em>, constate sœur Nathalie Becquart. <em>C’est typiquement la phrase qu’on entend souvent chez eux : “Un jour je crois, un autre pas.” »</em></p>
<p>La religion demeure concrètement présente dans la vie d’une grande partie des jeunes : 39 % des sondés ont déjà prié au cours de leur vie, un sur cinq a déjà participé à des rassemblements religieux ou des pèlerinages, et un sur dix a déjà fait partie d’un mouvement confessionnel de jeunesse.</p>
<p><em>« Cette génération est plus pragmatique et moins idéologue que les précédentes</em>, analyse Mgr Philippe Bordeyne, théologien et recteur de l’Institut catholique de Paris (ICP). <em>Pour eux, la prière et les rassemblements ont aussi une dimension esthétique. Des non-croyants vont aimer aller à la messe pour vivre une expérience culturelle un peu étrange, le silence par exemple. »</em></p>
<p>Le recteur souligne également que certaines grandes préoccupations actuelles des religions, comme la protection de l’environnement ou la promotion des liens fraternels, correspondent aux aspirations de cette génération.</p>
<p><strong>Pluralisme religieux</strong></p>
<p>La deuxième vague de ce sondage montre également des jeunes très à l’aise avec le pluralisme religieux. En effet 63 % des personnes interrogées jugent <em>« facile » </em>d’échanger avec des personnes d’autres religions, et 56 % d’assumer son statut de croyant dans la société française (ils ne sont toutefois que 9 % à trouver cela <em>« très facile »</em>).</p>
<p>Ces résultats en hausse par rapport au sondage de juillet 2016 montrent que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les diverses controverses sur la laïcité qui ont émaillé l’actualité – crèches de Noël dans les mairies, menus sans porc dans les cantines, débat sur le « burkini » ou sur la statue de Jean-Paul II à Ploërmel – n’atteignent pas du tout les jeunes.<em> « Ils ne comprennent pas comment on peut avoir ce genre de débats aujourd’hui. Pour eux, ces polémiques sur la laïcité sont d’un autre âge. Ils n’associent pas l’Église au prosélytisme »</em>, affirme Mgr Bordeyne.</p>
<p><strong>Assumer sa croyance</strong></p>
<p>Le ressenti des jeunes concernant la facilité d’assumer sa croyance en France est toutefois à nuancer selon les religions. En effet, la majorité (57 %) des croyants non chrétiens – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des musulmans – trouve difficile d’être croyant en France. Une différence significative apparaît aussi entre hommes et femmes, ces dernières n’étant que 48 % à assumer facilement leur croyance, contre 63 % des hommes.</p>
<p>Quant au dialogue avec des personnes d’autres convictions religieuses que les siennes, il faut également noter qu’il apparaît plus difficile aux non-croyants (43 %) qu’aux croyants (29 %). <em>« Même s’il y a moins de préjugés qu’avant, le fait de n’avoir aucun contact avec les religions peut entretenir une peur</em>, confirme Mgr Bordeyne. <em>Ma génération a grandi avec des professeurs très laïques pour lesquels les religions étaient clivantes. Cette enquête, au contraire, montre que la religion ouvre davantage aux autres que l’absence de foi. C’est cela aussi qui fait que les jeunes s’y intéressent : ils voient bien que l’absence de religion ne favorise pas spécialement le dialogue. </em><em>»</em></p>
<p>La France, qui fut parmi les premiers pays en matière de sécularisation, connaît-elle désormais avant les autres un retour du religieux ? Pour Nathalie Becquart, les chiffres de ce sondage invitent en tout cas<em> « à ne pas se lamenter, mais à regarder plutôt ce qui émerge, en prenant acte des évolutions spirituelles des jeunes »</em>. Adapter le discours de l’Église aux nouvelles attentes de la jeunesse, c’est l’objectif affiché du synode d’octobre prochain.</p>
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<p><strong>Voir enfin:</strong></p>
<p>Interview<br />
<a href="http://www.liberation.fr/debats/2018/04/04/olivier-galland-l-effet-islam-explique-mieux-la-radicalite-que-des-facteurs-sociaux_1641050"><strong>Olivier Galland : «L’&nbsp;&raquo;effet islam&nbsp;&raquo; explique mieux la radicalité que des facteurs sociaux»</strong></a><br />
La perméabilité des jeunes musulmans aux idées radicales se constate scientifiquement, estime le sociologue Olivier Galland, coauteur de «la Tentation radicale». Il dénonce l’aveuglement de certains de ses collègues.<br />
Sonya Faure et Thibaut Sardier<br />
Libération<br />
4 avril 2018</p>
<p>Olivier Galland est sociologue, spécialiste de la jeunesse. Il a codirigé une grande enquête sur la radicalité des lycéens, lancée à la suite des attentats de 2015. Au sein de celle-ci, il a mené le volet consacré à la radicalité religieuse, sans aucun doute le plus polémique. Au terme de cette étude, publiée ce mercredi aux PUF, sous le titre de la Tentation radicale, le chercheur dresse un sombre tableau de la jeunesse musulmane. Il pointe le traditionalisme des convictions religieuses de ces lycéens, ainsi que leur antilibéralisme. Selon les résultats du sociologue, les musulmans sont les jeunes les plus tolérants face à la violence religieuse. Pour lui, la radicalité religieuse s’explique moins par des facteurs économiques et sociaux que par un «effet islam».</p>
<p>D’après votre enquête, les lycéens musulmans formeraient une jeunesse «à part»…</p>
<p>C’est en effet l’une de nos conclusions majeures, qui montre une forte évolution par rapport à des travaux antérieurs qui jusqu’à présent faisaient autorité. Je pense par exemple à une enquête de Michèle Tribalat, menée dans les années 90. Elle était optimiste sur ce qu’on appelait à l’époque «l’assimilation culturelle». Elle observait une tendance au rapprochement entre les normes, les valeurs et les pratiques des jeunes d’origine étrangère et celles des jeunes de la population majoritaire. Nous constatons au contraire une divergence, et l’existence d’un clivage culturel entre les jeunes musulmans et leurs camarades. Pour eux, la religion domine le monde séculier : c’est ce que nous avons appelé «l’absolutisme religieux» (1). Cette conception de la religion est liée à un antilibéralisme culturel, que nous avons mesuré avec plusieurs questions, dont une porte sur l’homosexualité : les jeunes musulmans sont plus nombreux que les autres à ne pas y voir une façon normale de vivre sa sexualité. Cela ne veut pas dire, évidemment, que tous sont ultraradicaux ni que ce sont des terroristes en puissance. Notre enquête ne traite absolument pas du passage à l’acte. Nous cherchons, en revanche, à comprendre le degré de pénétration d’idées plus ou moins radicales chez les lycéens et à l’expliquer.<br />
Vous avez enquêté auprès de 7 000 jeunes, dans quatre régions françaises et une vingtaine de lycées. Les résultats divergent-ils d’un établissement à l’autre ?</p>
<p>Le Nord-Pas-de-Calais, certaines banlieues parisiennes, et les quartiers Nord de Marseille sont les lieux où nous avons mesuré la plus grande radicalité. Dans certains établissements, la proportion «d’absolutistes» monte à plus de 40 %. On note aussi un effet «ségrégation» : quand le taux d’élèves musulmans est très important dans un lycée, ceux-ci sont plus radicaux qu’ailleurs. Mais partout, les élèves musulmans sont plus radicaux religieusement que les autres.<br />
Cette radicalité a-t-elle des causes sociales et économiques ?</p>
<p>L’«effet islam» explique bien mieux la radicalité que des facteurs socio-économiques. C’est un résultat important. Le niveau social de la famille, l’optimisme ou le pessimisme du lycéen face à l’emploi ou à ses résultats scolaires n’ont aucun effet sur le degré d’adhésion à des idées religieuses radicales.<br />
La discrimination vécue par les jeunes musulmans explique-t-elle leur repli dans une lecture intransigeante de la religion ?</p>
<p>Nous ne mesurons pas dans notre enquête la discrimination, mais le sentiment de discrimination. Celui-ci a tendance à augmenter, chez les jeunes musulmans, le niveau de radicalité religieuse et la tolérance à la violence religieuse. Nous avons aussi tenté d’explorer la piste de ce que certains chercheurs nomment «le malaise identitaire» : un groupe minoritaire peut se sentir l’objet de l’hostilité du groupe majoritaire, sans pour autant subir de discrimination. Nous avons ainsi demandé aux jeunes s’ils se sentaient français, s’ils étaient solidaires avec le peuple palestinien, quel était leur regard sur les tensions interreligieuses… Ces variables jouent, preuve qu’il y a donc bien un effet identitaire. Mais celui-ci n’efface pas la question religieuse. In fine, l’effet islam reste très marqué. Il faudrait maintenant mener des recherches complémentaires auprès des jeunes musulmans pour explorer de manière plus approfondie la façon dont ils investissent la religion.<br />
En revanche, la tolérance à l’égard de la violence religieuse ne s’explique pas simplement par la religion.</p>
<p>Un effet religion existe bien puisque 8 % des chrétiens répondent qu’il est acceptable de combattre les armes à la main pour sa religion, ce n’est pas négligeable. On monte à 20 % des musulmans. Mais le facteur qui détermine le plus fortement le soutien à la violence religieuse est la tolérance à la violence et aux déviances en général : voler un scooter, tricher lors d’un examen, participer à une action violente pour défendre ses idées, affronter la police… C’est un résultat important, qui conduit à constater un indéniable «effet ZUS» [zone urbaine sensible, ndlr]. Dans certaines zones du territoire, on devine qu’une socialisation à la déviance et à la violence explique sans doute la perméabilité à la violence religieuse. On y observe une «culture déviante».<br />
En surreprésentant volontairement (2) le nombre de musulmans dans votre panel, ainsi que les lycées des quartiers populaires, ne faites-vous pas ressortir une radicalité qui leur serait propre, en négligeant d’autres formes ?</p>
<p>Nous avons surreprésenté les musulmans pour pouvoir les comparer avec d’autres, comme les chrétiens ou les athées (3). Bien sûr, il y a d’autres formes de radicalité religieuse ! Aux Etats-Unis, on aurait pu étudier l’absolutisme chrétien très présent avec des mouvements, comme le créationnisme. Mais en France, les manifestations de radicalité religieuse concernent essentiellement le monde musulman, les autres sont très circonscrites.<br />
En novembre, vous avez écrit un texte virulent dans la revue le Débat (Gallimard) où vous reprochez à nombre de vos collègues sociologues d’occulter la dimension culturelle et religieuse de certains problèmes de société. Pourquoi ?</p>
<p>Je ne veux pas polémiquer à nouveau : ce livre est, au contraire, fait pour apporter des éléments sérieux et dépassionnés au débat public. Mais je pense qu’une partie de la sociologie est aveugle, sous prétexte de ne pas stigmatiser. La discrimination existe, c’est prouvé scientifiquement. Mais il ne faut pas non plus envisager ces jeunes-là uniquement d’un point de vue victimaire. Sinon, on ne peut pas les considérer comme les acteurs sociaux qu’ils sont. Cette sociologie-là est trop idéologique, elle s’est appuyée trop exclusivement sur l’analyse des discriminations. La neutralité axiologique est importante, elle est trop souvent oubliée aujourd’hui.</p>
<p>(1) Dans l’enquête, les «absolutistes» considèrent que leur religion est la seule à détenir la vérité et pensent que la religion explique mieux la création du monde que la science.<br />
(2) Les musulmans étant minoritaires dans la population française, les chercheurs ont choisi de travailler sur un terrain où ils sont surréprésentés pour obtenir des statistiques significatives.<br />
(3) L’échantillon de l’enquête compte 23 % de chrétiens, 26 % de musulmans et 41 % d’athées.<br />
Sonya Faure , Thibaut Sardier</p>
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