<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?><oembed><version><![CDATA[1.0]]></version><provider_name><![CDATA[Le monde de Valérie]]></provider_name><provider_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.wordpress.com]]></provider_url><author_name><![CDATA[Valérie]]></author_name><author_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.wordpress.com/author/vallam2/]]></author_url><title><![CDATA[ETRE ECRIVAIN, CA VEUT DIRE QUOI ? PARTIE 4 &#8211; Tenir la&nbsp;longueur]]></title><type><![CDATA[link]]></type><html><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Ecrire long</strong></p>
<p>C’est mon grand problème : j’écris des textes courts.<br />
Même mes romans ont tendance à être minces, à tenir dans l’espace minimum de ce qu’on étiquette «roman.»</p>
<p style="text-align:justify;">D’abord, je suis concise, j’exprime mes idées en quelques phrases et ne meuble pas vraiment mon espace de page. &#8211; A ce propos, je développerai prochainement le temps pour soi afin de booster ses idées.</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite, je m’ennuie vite. Je préfère boucler un textes en quelques mois plutôt qu’en plusieurs années afin de pouvoir passer à un autre projet (et puis, je suis impatiente, j’adorerais avoir le produit fini en main alors que je suis à la page 2&#8230;).</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, tout l’aspect «psychologique» de l’écriture me tombe dessus quand j’ouvre mon traitement de texte le deuxième jour d’écriture. Par là, j’entends la voix intérieure critique qui me dit que ce n’est pas bon (alors que je ne relis jamais, une de mes règles d’or en phase d’écriture), que je ferais mieux de d’abord ranger mon bureau avant d’écrire (maintenant, je fais l’inverse : je me dis «ha, j’ai une envie <strong>irrésistible</strong> de ranger mon bureau avant d’écrire ? Bien, je vais commencer par écrire comme ça j’aurai vite fini puisque mon envie de ranger est si pressante.» &#8211; ça marche à tous les coups&#8230;), que je pourrais plutôt commencer tel autre projet &#8211; A ce sujet, je reviendrai dans un autre billet sur la technique du journal.</p>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:justify;"><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg"><img data-attachment-id="187" data-permalink="https://lemondedevalerie.wordpress.com/2013/08/03/etre-ecrivain-ca-veut-dire-quoi-partie-4-tenir-la-longueur/sablier/" data-orig-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=450&#038;h=324" data-orig-size="450,324" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}" data-image-title="sablier" data-image-description="" data-medium-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=450&#038;h=324?w=300" data-large-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=450&#038;h=324?w=450" class="aligncenter size-full wp-image-187" alt="sablier" src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=450&#038;h=324" width="450" height="324" srcset="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg 450w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=150&amp;h=108 150w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?w=300&amp;h=216 300w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">
<p><strong>Tenir la longueur</strong></p>
<p>Comment faire ?</p>
<p>Pour <i>Quelque part dans l’inachevé</i>, j’avais une idée de la trame, des différents «Moments» du texte. Par exemple : la rencontre, le questionnement, l’Instant (très éphémère), l’après/la désillusion, l’après/l’incidence sur nos choix futurs, l’après/quand on n’arrive pas à lutter contre soi, les conséquences.</p>
<p>Bien. Je m’étais aussi fixé un autre objectif : comme je prenais une histoire simple, je voulais travailler le style, proposer un style impeccable, poétique, prenant. En gros, je ne racontais pas grand chose, mais je voulais le raconter bien.</p>
<p>Du coup, comment faire ? Mon projet pouvait tenir sur un paragraphe comme en cinq pages. Comment en faire un (petit) roman ?</p>
<p>J’avais lu de nombreuses théories sur l’écriture. D’Elizabeth Georges à Bob Mayer en passant par les livres à la noix et ceux à trois idées cinquante. Et à chaque fois, cela revenait : le plan, le séquencier, détailler les scènes&#8230; Imaginez le cauchemar : détailler des scènes ? Mais il n’y a pas de scènes dans mon texte, juste des mots, du flux de conscience ! &#8211; et puis, je n’ai pas un cerveau hyper analytique&#8230;</p>
<p>A l’inverse, il y avait Stephen King qui s’écriait (dans le fabuleux <i>Ecrire, Mémoires d’un métier</i>) que l’intrigue, ça ne sert à rien, qu’il faut mettre les personnages en situation et voir ce qui se passe. Super, je ne maîtrise pas encore la technique du personnage, je n’ai qu’une idée floue d’eux et pourtant, j’ai envie d’écrire, là, maintenant.</p>
<p>Je me trouvais donc dans une impasse, murée entre deux solutions qui me coinçaient chacune à leur façon (et en plus, je n&rsquo;osais juste m&rsquo;en inspirer, c&rsquo;était comme sacrilège, comme si je devais ABSOLUMENT appliquer à la lettre les méthodes écrites dans ces livres sous peine de rater mon projet à coup sûr). Que faire?</p>
<p>J’ai alors fait la seule chose que je pouvais faire : écrire. J’avais trois choses sous la main : j’avais envie de voir exister l’histoire, j’avais une idée de la trame, des différentes parties, j’avais le ton (une idée du style, de l’ambiance). Il me restait à articuler tout cela. C&rsquo;était ça ou alors ne rien parvenir à écrire du tout.</p>
<p>J’ai ouvert mon traitement de texte et j’ai mis en mots la scène que j’avais en tête. A la fin du paragraphe, j’ai tracé une série de petites lignes et j’ai écris une autre scène et ainsi de suite, dans le désordre.</p>
<p>Les scènes faisaient parfois deux pages, parfois juste une ligne.</p>
<p>Au bout de trois mois, j’avais mon texte, écrit dans le désordre, mais je l’avais. Je ne savais plus quelle scène inventer ni que dire de plus. J’ai alors tout imprimé, j’ai numéroté chaque paragraphe et, armée de ciseaux, chaque paragraphe écrit est devenu une bandelette de papier que j’ai classé dans une partie. Il y en avait 5 : «Rencontre», «conférence à Paris», «Désillusion», «Paul et retour Adam K», «Epilogue.»</p>
<p>Le lendemain de ce classement, j’ai attaqué la partie 1. J’ai relu en vitesse mes paragraphes (pas encore le moment de corriger) afin de déterminer dans quel ordre les articuler, éliminer ceux qui étaient à côté de la plaque et choisir parmi les répétitions (vous seriez étonnés du nombre de fois qu’on peut écrire une même scène, juste parce qu’on oublie l’avoir fait). Ensuite, même traitement pour les autres parties. Parfois, il arrivait que je reclasse un paragraphe dans une autre partie parce que soit cela était plus adapté, soit cela apportait un plus à l’histoire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg"><img data-attachment-id="188" data-permalink="https://lemondedevalerie.wordpress.com/2013/08/03/etre-ecrivain-ca-veut-dire-quoi-partie-4-tenir-la-longueur/chaos/" data-orig-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=500&#038;h=374" data-orig-size="500,374" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;AP1940&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}" data-image-title="Chaos" data-image-description="" data-medium-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=500&#038;h=374?w=300" data-large-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=500&#038;h=374?w=500" class="aligncenter size-full wp-image-188" alt="Chaos" src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=500&#038;h=374" width="500" height="374" srcset="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg 500w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=150&amp;h=112 150w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/chaos.jpg?w=300&amp;h=224 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ensuite, ouverture d’un nouveau traitement de texte et copier-coller des paragraphes de la partie 1. En même temps, je faisais ce que j’appelle le «lissage» du texte ; c’est à dire que comme je n’avais que des extraits, je devais les articuler entre eux, pour qu’on ne sente pas la coupure, pour ne pas passer du coq-à-l’âne. Pour se faire, je modifiais la fin d’un paragraphe et le début du suivant, j’ajoutais parfois un simple mot lien (du genre «Le matin,») ou j’écrivais carrément une scène manquante qui permettait de faire le lien. Et toujours, je ne corrigeais pas mon texte. Là, j’étais encore dans un processus de création, d’écriture, pas de correction/regard critique.</p>
<p>Une fois que ce fut fait pour l’entièreté des parties, j’ai imprimé l’ensemble du texte, en double interligne, avec 5 cm de marge à droite et j’ai tout relu en l’espace d’un jour. Mon but était de relire vite, bic en main (un gros feutre indélébile pour supprimer ce que Stephen King appelle les <em>chéries</em> et des bics de couleurs, un pour l’orthographe, un pour noter les correction de style, un pour noter les questions et les suggestions). Au cours de cette relecture, dès que je décrochais et/ou que je m’interrompais, je faisais un trait horizontal dans la marge. Non pas pour savoir où j’en étais (vu que je gribouillais des notes, c’était facile de voir où je me trouvais dans ma lecture), mais pour savoir OU on décrochait dans la lecture, OU on fatiguait et donc OU se trouvaient les moments faibles du texte qui feraient que mon lecteur poserait le livre. <strong>Tous</strong> ces endroits étaient faibles et devraient être retravaillés pour garder l’attention. Si j’avais interrompus ma lecture là, c’est qu’elle devenait ennuyeuse, même un peu et ça, c’était rater mon pari.</p>
<p>La correction a été très vite. En quelques jours j’avais mon premier jet et ce premier jet a été validé pour une publication (à l’origine, il n’était pas dédié à la publication, je voulais juste arriver à boucler un texte long, «au moins un», me prouver que j’en étais capable afin de pouvoir recommencer, mais avec une histoire cette fois ; il y a une petite histoire mêlée à un concours de circonstance et à de la frustration qui a conduit à ce que j’envoie ce texte à des éditeurs). Il faut savoir que le texte validé par mon éditeur était très différent de celui qui a été publié. Le stress de la publication m’a fait remanier énormément de passages, de formulations&#8230; il était hors de question que les gens lisent ce passage-ci dans cet état-là.</p>
<p>Tout ce long billet pour vous dire «essayez de faire avec VOS moyens, ne les travestissez pas, chacun son style. Ne culpabilisez pas de devoir vous y prendre autrement, parfois ça marche 😉 »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg"><img data-attachment-id="189" data-permalink="https://lemondedevalerie.wordpress.com/2013/08/03/etre-ecrivain-ca-veut-dire-quoi-partie-4-tenir-la-longueur/do/" data-orig-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=400&#038;h=577" data-orig-size="400,577" data-comments-opened="1" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;}" data-image-title="Do" data-image-description="" data-medium-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=400&#038;h=577?w=208" data-large-file="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=400&#038;h=577?w=400" class="aligncenter size-full wp-image-189" alt="Do" src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=400&#038;h=577" width="400" height="577" srcset="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg 400w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=104&amp;h=150 104w, https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/do.jpg?w=208&amp;h=300 208w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous lirez beaucoup de conseils, dans les livres, sur le net, même dans ce blog. On vous en donnera lors d&rsquo;ateliers d&rsquo;écriture, lors d&rsquo;échanges&#8230; Ecoutez et ensuite ayez la force de mettre de côté, voire de rayer et de prendre des chemins détournés. Suivez votre instinct. Votre plus grand ennemi, c&rsquo;est votre impossibilité à vous y mettre, s&rsquo;enterrer dans des théories est aussi un moyen de ne pas s&rsquo;y mettre. Faites-vous confiance, allez-y comme vous le sentez, inventez votre moyen à vous d&rsquo;écrire long.</p>
<p>Et si vous n&rsquo;y arrivez pas, pas de panique. Avec l&rsquo;ère du numérique, la mode en vient au textes courts. Dans tous les cas, déculpabilisez et présentez-vous devant votre page TOUS LES JOURS, même pour écrire rien qu&rsquo;une phrase&#8230; Restez dans votre projet, à n&rsquo;importe quel prix, votre succès (du jour et des mois suivants) tient dans le fait d&rsquo;écrire <strong>au moins </strong>une phrase chaque jour en ce qui concerne les mauvais jours.</p>
]]></html><thumbnail_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2013/08/sablier.jpg?fit=440%2C330]]></thumbnail_url><thumbnail_width><![CDATA[440]]></thumbnail_width><thumbnail_height><![CDATA[317]]></thumbnail_height></oembed>