<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" standalone="yes"?><oembed><version><![CDATA[1.0]]></version><provider_name><![CDATA[Le monde de Valérie]]></provider_name><provider_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.wordpress.com]]></provider_url><author_name><![CDATA[Valérie]]></author_name><author_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.wordpress.com/author/vallam2/]]></author_url><title><![CDATA[Le publicitaire, l&rsquo;hypnotiseur, la manipulatrice et l&rsquo;écrivain&#8230;]]></title><type><![CDATA[link]]></type><html><![CDATA[<p><strong>OU la question de l&rsquo;art et de la publication.</strong></p>
<p>Avant de se mettre à écrire, il est important de déterminer ce qu&rsquo;on a envie d&rsquo;écrire. Par là, je ne parle pas du sujet, mais du type d&rsquo;écrit : pour quoi écrivez-vous ? Pour perfectionner votre style ? Inventer un genre nouveau ? Pour être publié ? Pour être lu ? Pour partager ? Pour vous faire plaisir ? Pour gagner un concours ? Gagner de l&rsquo;argent ? Pour pouvoir dire &laquo;&nbsp;Je suis écrivain&nbsp;&raquo; ? Pour la gloire ? Par défi ? Pour éduquer/informer ?</p>
<ol>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223648.jpg"><img src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223648.jpg" alt="20140212-223648.jpg" class="alignnone size-full" /></a></ol>
<p>Sans doute vos raisons sont-elles un mélange de tout cela. Cependant, il importe de déterminer votre moteur principal. Parmi toutes vos envies, quelle est la principale ? Quel est le moteur qui vous pousse, vous motive ? Car selon votre réponse, votre travail sera différent. Votre support aussi.</p>
<p>Par exemple :</p>
<p>A. Vous voulez écrire pour être lu. Dès lors, il n&rsquo;est pas nécessaire que votre support soit forcément un livre. Peut-être que créer un blog, participer à un forum sur l&rsquo;écriture ou publier un ebook gratuit vous comblera. Vos outils de travail seront principalement une bonne orthographe, une bonne grammaire, un sujet à partager et avoir suffisamment de temps et d&rsquo;envie pour faire des mises à jour (surtout dans le cas d&rsquo;un blog ou d&rsquo;un forum). Sur le plan papier, cela peut être une chronique dans un journal, dans une circulaire locale ou de club&#8230; Vos phrases devront être correctes, votre sujet intéressant.</p>
<p>B. Vous voulez écrire pour faire de l&rsquo;art, et si possible avec un grand A. Dans ce cas, votre démarche va être différente. Vous allez vous attacher aux questions de style, aux tournures de phrases. Vous allez expérimenter, prendre beaucoup de temps à créer, à trouver l&rsquo;alchimie adéquate. Vous savez aussi que vous ne plairez pas forcément à tout le monde et que votre public sera sans doute un public de spécialistes, un public souvent critique et difficile. Sans tomber dans le cliché de l&rsquo;artiste maudit, vous devez savoir que votre écriture/manuscrit court le risque de ne pas être publié et que s&rsquo;il l&rsquo;est, son succès risque de rester lié à certaines sphères intellectuelles ou sociales. Vos armes ici sont surtout techniques : le rythme, le sens de la phrase, la créativité, l&rsquo;envie, la vision&#8230; Votre support risque malheureusement d&rsquo;être bien souvent un carnet, un fichier de votre ordinateur, rarement plus &#8211; généralement parce que l&rsquo;écrivain voulant faire de l&rsquo;art est terriblement perfectionniste et craint d&rsquo;être jugé par ses pairs et par ceux qui font des choses très différentes de lui. Visez les petites et moyennes maisons d&rsquo;éditions, elles seront vos amies.</p>
<p>C. Si vous voulez écrire pour informer, vos armes seront liées à votre domaine. Ici vous pouvez mal écrire, généralement vos lecteurs vous le pardonneront (dans une certaine limite) pour peu que vous leur appreniez quelque chose. Vous êtes donc un spécialiste (ou du moins vous pensez avoir quelque chose à apporter au domaine sur lequel vous souhaitez écrire). Vos supports seront très divers (livres, blogs, forum, ebooks, articles, thèses&#8230;) et vos armes seront surtout un français passable et compréhensible et une solide connaissance de ce dont vous voulez parler.</p>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223911.jpg"><img src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223911.jpg" alt="20140212-223911.jpg" class="alignnone size-full" /></a></p>
<p>D. Vous écrivez pour gagner un concours. Là, tout dépend du concours. Un magazine féminin lançant un concours de nouvelles aura d&rsquo;autres attentes que le jury du Goncourt. Si vous voulez participer à un concours de textes policiers, il n&rsquo;est pas assuré que le dit texte conviendra à un concours consacré à la science-fiction. De plus, si vous écrivez &laquo;&nbsp;pour&nbsp;&raquo; un concours (ce qui est différent de simplement participer à un concours en envoyant un texte déjà écrit, parfois depuis bien longtemps), vous devez vraiment cerner &#8211; ou deviner &#8211; les attentes du jury. Vos armes dépendront de vos conclusions et votre support sera dans un premier temps déterminé par le règlement du concours (et dans un second temps aussi&#8230;).</p>
<p>E. Vous écrivez pour toutes les raisons suivantes : être publié, pouvoir dire &laquo;&nbsp;Je suis écrivain&nbsp;&raquo; et jouir d&rsquo;une célébrité locale : la publication à compte d&rsquo;auteur peut être votre amie, qu&rsquo;elle soit papier ou numérique. Vos armes vont d&rsquo;un français moyen à une excellente maîtrise de votre écriture (les deux peuvent convenir), de l&rsquo;argent (parce que malheureusement ce n&rsquo;est pas gratuit), du discernement (pour éviter les arnaques qui sont légion) et des amis qui vous achèteront votre oeuvre. Parfois, la publication à compte d&rsquo;auteur peut être un compromis quand on en a assez d&rsquo;être refusé par une maison d&rsquo;édition. Faites malgré tout votre enquête avant de vous lancer dans l&rsquo;aventure : toutes les maisons ne sont pas forcément bon marché ou professionnelles et choisissez un nombre raisonnable de livres à imprimer (mieux vaut vendre/distribuer 50 exemplaires que d&rsquo;en avoir 3 000 dans votre cave, votre grenier, votre salle de bain, sous votre lit&#8230;).</p>
<p>F. Vous écrivez pour les raisons suivantes : être publié (auprès du grand public), être célèbre (auprès de ce même grand public) et gagner de l&rsquo;argent (parce que le grand public s&rsquo;arrache votre livre). Ici votre support sera déterminé par l&rsquo;éditeur (généralement livre papier, numérique et, pourquoi pas, audio), le nombre d&rsquo;exemplaires imprimés aussi. Vous signerez un contrat déterminant votre pourcentage (en moyenne 10% &#8211; 8% si vous êtes novice, 12 à (exceptionnellement) 15% si vous êtes très connu et que vous avez déjà eu du succès auparavant &#8211; c&rsquo;est peu, oui, mais c&rsquo;est comme ça). Vos armes ici sont d&rsquo;une part éloignées du monde littéraire : pour vendre, idéalement il faut avoir un programme de communication (affiches, annonces, publicités&#8230;), là parfois votre éditeur s&rsquo;en charge mais c&rsquo;est rare (le plus souvent, l&rsquo;écrivain n&rsquo;a que lui-même, Facebook, les salons et la chance (=le bouche-à-oreille) pour faire sa pub). Pour être publié et devenir connu/célèbre et, si possible vendre, il faut tout simplement une sacré bonne histoire et de bons personnages. Votre français doit au minimum être moyen. Vous n&rsquo;êtes pas obligé de maîtriser toutes les subtilités de la langue : des phrases courtes au présent peuvent suffire à créer la magie.<br />
LE truc, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut que votre histoire tienne et que vos personnages soient crédibles (surtout quand ils ne le sont pas, crédibles). Car, il ne faut pas se voiler la face : ce que veut le grand public, ce pour quoi il lit, c&rsquo;est pour se divertir. Il veut s&rsquo;évader et passer un sacré bon moment, point barre. Que le style ne puisse pas prétendre à un prix Nobel, il s&rsquo;en fiche pourvu que le &laquo;&nbsp;truc&nbsp;&raquo; opère.<br />
Evidemment, plus votre livre aura de style, plus votre public aura de chance d&rsquo;être vaste (jusqu&rsquo;à un certain point). Voici donc le point commun entre <em>Le nom de la rose</em>, <em>50 nuances de Grey</em> les <em>SAS</em> et <em>Harry Potter</em> : le lecteur s&rsquo;amuse.<br />
Donc votre mission numéro 1 c&rsquo;est de travailler à cela et uniquement à cela : le divertir, mais aussi le séduire. Parce que l&rsquo;amuser est une chose, le séduire, c&rsquo;est le Graal : là, votre lecteur ne veut plus lâcher son bouquin.<br />
Et côté séduction, tous les coups sont permis : suspense, humour, absence de suspense, sexe, cliffhanger, accroches, phrases-cultes, personnages touchants, larmoyants, énigmatiques, horribles. Et, pour être honnête c&rsquo;est de tout cela dont je vais parler dans mes prochains (et épisodiques) billets.</p>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223419.jpg"><img src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223419.jpg" alt="20140212-223419.jpg" class="alignnone size-full" /></a></p>
<p>J&rsquo;ai intitulé ce billet &laquo;&nbsp;Le publicitaire, l&rsquo;hypnotiseur, la manipulatrice (pour féminiser un peu) et l&rsquo;écrivain&nbsp;&raquo; car pour écrire ce genre de livre (celui qui est publiable et possède le potentiel d&rsquo;un succès), il faut devenir tout cela : user des accroches de la publicité pour appâter, tenir en haleine, donner envie au lecteur de continuer ; être un hypnotiseur redoutable afin que le lecteur ne soit absorbé que par vous (= votre histoire), pour le faire rêver, s&rsquo;évader ; manipulateur/trice parce que vous userez de toutes les ficelles pour le tenir en haleine, pour qu&rsquo;il ne puisse pas dormir la nuit (parce qu&rsquo;il vous lit), rate son arrêt de train (parce qu&rsquo;il vous lit), se planque dans les toilettes de son travail (pour pouvoir continuer à vous lire) ; enfin, il vous faut être écrivain car sans un minimum de style et un français correct, ce sera raté, royalement. Vous gagnerez toujours à savoir bien exprimer votre histoire et à savoir décrire vos personnages. Le tout, c&rsquo;est d&rsquo;éviter de tomber dans l&rsquo;excès et de devenir &laquo;&nbsp;trop&nbsp;&raquo; car si vous êtes trop littéraire (et utilisez des mots que seul le dictionnaire connait), vous courrez le risque de devenir ennuyeux ou incompréhensible au néophyte.</p>
<p><strong>Bon, et si on s&rsquo;y mettait ?</strong></p>
<p>Tout d&rsquo;abord, il faut revenir à <a href="https://lemondedevalerie.wordpress.com/2013/08/05/a-la-table-de-travail-2-le-fameux-show-dont-tell/">un de mes articles précédents</a>. La première chose qu&rsquo;un écrivain peut faire pour attirer et retenir son lecteur, c&rsquo;est utiliser le pouvoir évocateur des mots et des phrases. On en revient donc au fameux &laquo;&nbsp;montrez, ne dites pas&nbsp;&raquo; : ne dites pas &laquo;&nbsp;Il faisait beau ce jour-là&nbsp;&raquo; mais décrivez, montrez au lecteur qu&rsquo;il faisait beau : l&rsquo;éclat du soleil, la couleur du ciel, l&rsquo;humeur de votre personnage, la rumeur dans la rue&#8230; Créez une image. Le point de départ se trouve là. La séance d&rsquo;hypnose commence.</p>
<p><strong>Vous allez l&rsquo;aimer !</strong></p>
<p>Votre deuxième outil, ce sont vos personnages. Pas besoin d&rsquo;en faire des géants, il votre but est que le lecteur se prenne de passion pour eux. Si certains livres sont vendus par milliers d&rsquo;exemplaires, c&rsquo;est souvent parce que le personnage parle au lecteur, qu&rsquo;il fait résonance en lui et lui donne envie d&rsquo;aller plus loin, de le suivre.</p>
<p>Que faire pour y arriver ? Dépeindre une mannequin à laquelle tout réussi ? Présenter l&rsquo;enfance idyllique d&rsquo;un personnage ?<br />
Pas vraiment. Souvent, les personnages qui captivent les lecteurs sont loin d&rsquo;être des enfants de coeur. Ce sont des lâches, des criminels, des alcooliques, de mauvais maris, de mauvaises mères, des femmes ou des maris infidèles&#8230;<br />
<strong>Mais alors pourquoi le lecteur les aime ? </strong>Tout simplement parce que l&rsquo;écrivain a présenté son personnage de manière à montrer son côté humain. En d&rsquo;autres mots, l&rsquo;auteur a réussi à nous le rendre sympathique : Harry Potter est un garçon rejeté par sa famille adoptive ; Carrie est moquée dans les douches par ses camarades ; Anastasia veut rendre service à sa meilleure amie et se ridiculise complètement devant un milliardaire&#8230;<br />
Cherchez et à chaque fois, vous découvrirez que l&rsquo;auteur vous présente son personnage principal en situation de faiblesse, il vous le rend sympathique et, même si après celui-ci exécute des monstruosités (Carrie) ou vous donne envie de l&rsquo;étrangler à force d&rsquo;être niais (Anastasia), vous continuerez malgré tout à le suivre&#8230;</p>
<p><a href="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223822.jpg"><img src="https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223822.jpg" alt="20140212-223822.jpg" class="alignnone size-full" /></a></p>
<p>En faisant entrer votre personnage par cette porte, en créant une empathie pour lui auprès du lecteur, vous allez gagner votre lecteur sur le plan émotionnel, en créant entre lui et le personnage une sorte de connivence : ce personnage le touche (même s&rsquo;il le déteste) et il a envie de savoir ce qui va lui arriver (ou de le voir souffrir tellement il l&rsquo;agace, c&rsquo;est selon&#8230;).</p>
<p><strong>Donc deux outils : Montrez et touchez.</strong></p>
<p>A suivre&#8230;</p>
]]></html><thumbnail_url><![CDATA[https://lemondedevalerie.files.wordpress.com/2014/02/20140212-223648.jpg?fit=440%2C330]]></thumbnail_url><thumbnail_width><![CDATA[300]]></thumbnail_width><thumbnail_height><![CDATA[200]]></thumbnail_height></oembed>